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Monday, April 05, 2010

Algérie: Ghazi Hidouci

Algérie :


Une interview exclusive de Ghazi Hidouci à LQA:

Nous assistons plutôt à des règlements de compte de très mauvaise qualité

Algérie :

Une interview exclusive de Ghazi Hidouci à LQA:

Nous assistons plutôt à des règlements de compte de très mauvaise qualité…

Vendredi, 02 Avril 2010

1/ Quelle est votre lecture des scandales qui éclatent ces derniers jours, et qui éclaboussent particulièrement des personnalités proches des hommes liges du « clan présidentiel » ?

Nous sommes très probablement à un moment de conflits pour le leadership. Dans tous les conflits de ce type que nous avons connu, il y a eu plusieurs facteurs qui entrent en jeu : les passions pour le contrôle du pouvoir, la cupidité, la peur d’avoir à rendre des comptes, l’idéologie, même, comme en 1962, 1965 et 1989, voire 1996 lors de l’éviction du Général Zeroual.

Il me semble qu’aujourd’hui, il s’agirait plutôt d’une empoignade pour arbitrer les héritages.

Cependant, historiquement, c’est la première fois que la démographie constitue l’élément déterminant d’arbitrage. Ce qui reste, et qui n’est pas glorieux, de la génération de l’indépendance, atteint l’âge limite naturel. Les héritiers se manifestent pour ne pas être surpris par un mauvais coup, mais la politique comme l’idéologie sont cette fois absentes. Les uns et les autres tentent de nettoyer les écuries d’Augias, mais sans vision aucune et sans volonté véritable d’hygiène. Ce n’est pas tous les jours que les peuples fabriquent Héraclès…. Nous assistons plutôt à des règlements de compte de très mauvaise qualité, entre héritiers de faible envergure, dont les seules motivations déterminants sont la trouille d’avoir à rendre des comptes et de ne plus être placés aux guichets d’accès à la rapine.

Face à une telle misère humaine, je me réfugie dans la dérision, mais, comme tout le monde, je pleure sur ce que nous sommes devenus ; cette situation peut durer, nous entraîner très loin dans l’arriération et faire payer très cher le prix de cette corruption du régime à nos enfants.

2/ Une certaine presse, et certaines voix « autorisées », tentent, presque à contre courant, de faire accroire que les enquêtes diligentées par les enquêteurs du DRS, ont été initiées par le Président Bouteflika. Faut-il les croire ?

Il est certain que les manœuvres concernent les héritiers qui s’accrochent plutôt au chef de l’Etat à ceux qui s’accrochent à d’autres personnages. On dit que le conflit opposerait de fait le chef du DRS au chef de l’Etat, mais on n’en a pas de preuves. Il m’est difficile d’expérience de dire qui est qui et qui fait quoi. La capacité managériale de tout ce beau monde me fait plutôt penser à une mêlée générale et permanente où les positionnements changent avec la conjoncture. Les manœuvres, les disputes et les alliances sont mouvantes ; c’est plutôt chacun pour soi, l’un et l’autre, l’un contre l’autre, en attendant les ralliements décisifs de dernière minute. La visibilité pour nous est mauvaise car il n’y a pas d’enjeu politique. Ce qui est certain, c’est que l’aboutissement, s’il y en a, n’annonce rien de bon pour les gens.

Ce qui importe plutôt politiquement, aujourd’hui comme hier, c’est de comprendre que c’est le régime politique et son organisation qui produisent les maladies qui l’ atteignent et retardent notre émancipation, dont la corruption. Si on avait les moyens de mettre en prison tous les voleurs et les accapareurs, sans changer de régime, _ ce qui est illusoire, _ il y aura immédiatement la génération d’une nouvelle vague de voleurs et d’accapareurs.

3/ Pourquoi des enquêtes, et des mises en examen, sur ces cas précis, et par sur d’autres bien plus lourds, et qui pourraient inquiéter les plus hauts sommets de l’État ? Est-ce un coup de semonce ? Est-ce parce que les « décideurs » qui ont entrepris ces actions n’ont pas les moyens techniques, et politiques, d’aller plus haut, et plus loin ? Une autre explication ?

La chasse au petit gibier s’explique en général de deux manières :

■il peut s’agir d’un moment où on met de l’ordre en punissant une petite partie de celles et ceux qui s’infiltrent dans les réseaux de prédation sans en faire partie, je dirais…organiquement. Il s’agit là d’une simple opération d »assainissement » interne, ponctuelle et sans conséquence politique.

■Il peut s’agir aussi, comme vous le suggérez, de manœuvres visant à déstabiliser un chef de clan ou un autre, en liquidant du personnel subalterne dans son réseau. L’objectif dans ce cas est de l’emmener à composer avec les autres pour que l’équilibre existant soit maintenu. C’est en général le sport favori auquel nous avons été habitués ; on fait pression sur l’un ou l’autre, on discute, on restructure et on continue,….d’où la lassitude dont j’ai parlé au début.

Ce qui différencie à mes yeux cette phase des précédentes, c’est, comme je l’ai dit, l’absence d’enjeu politique. Les campagnes actuelles relèvent de règlements de comptes mafieux pour le contrôle du policier et du matériel, sans plus.

4/ Que savez-vous de l’Affaire BRC ? Pourquoi a-t-elle été étouffée dans l’œuf ? Est-ce parce qu’elle menacait de révéler des connivences avec des puissances étrangères bien plus compromettantes que tout ce qu’on a pu savoir ? Comme celle, entre autres, d’une base américaine au Sahara, à l’insu du peuple algérien, en pleine décennie rouge ?

Comme je vous l’ai dit plus haut, je n’ai pas suivi « l’affaire » dans le détail ; je ne sais même pas ce qu’elle est devenue. Ce que je retiens néanmoins, c’est que BRC était (ou est encore ?) une société mixte algéro-américaine directement supervisée pour la partie américaine par Dick Cheney et pour la partie algérienne par Sonatrach. Il ya plus de quinze ans, elle obtenait, sans se mesurer à la concurrence, des marchés dans le domaine des hydrocarbures et dans le domaine des infrastructures militaires.

So intérêt pour moi est qu’il s’agit là pour le moins d’une manifestation, éclatante s’il en est, de la connivence de notre politique nationale avec l’Amérique sinistre de Bush, Cheney et Rumsfeld et indirectement avec leur Etat dans notre région, Israël.

Les choses allaient bon train lorsque récemment il fut question d’un marché de matériel de communication militaire stratégique porté par BRC. Les russes, qui vendent de l’armement à notre pays s’en émurent….Apparut alors le scandale de corruption qu’on nous a vendu. Un PDG (tombé du ciel, isolé et corrompu !). Il fallait bien sûr le punir et surtout , discrètement au passage dissoudre la boite pour mettre fin aux indiscrétions ; ce qui n’était pas facile à expliquer pour convaincre des américains légalistes. Je ne sais pas comment le pouvoir s’est tiré de ce mauvais pas….

Ce qui m’intéresse, ce n’est pas tant de savoir si le PDG ou un autre cadre est indélicat. C’est l’affaire des juges le jour où il y en aura. Mon souci en tant que citoyen, c’est de découvrir ici l’état de délabrement de notre souveraineté externe : Cheney est chez nous, au cœur de nos affaires…La question qui vaille est celle qui consiste à savoir pourquoi l’organisation de l’Etat permet de tels choix dans le secret….

5/ Nous assistons, depuis que le pays a engrangé ces ressources induites par l’augmentation du prix des hydrocarbures, à une « massification » de la grande corruption. Les barons du régime, leurs clientèles et leurs parentèles, ne prennent même plus la précaution de s’en cacher, un tant soit peu. Comme si un deal avait été conclu entre les différents décideurs », pour le partage du butin. Qu’en pensez vous ?

Je vous renvois à ce que je disais plus haut. La politique sous tous ses aspects, éthique, idéologique, social, économique, s’est absentée depuis près de vingt ans au sommet de l’Etat et dans toute l’organisation institutionnelle que le pouvoir réel contrôle. Le régime ne gère plus que les affaires personnelles matérielles et les privilèges que procure le pouvoir. C’est normal que ce soit la seule activité que nous voyons. Ce deal comme vous dites est enfin affiché parce que le pouvoir considère qu’il n’y a pas aujourd’hui de résistance à ce qu’il ose.

6/ Les Algériens ne savent presque rien des influences des puissances étrangères, et des grosses compagnies pétrolières, dans les équilibres politiques du régime algérien. Pourriez-vous nous éclairer, un tant soit peu ?

Il est difficile de répondre à cette question. La poser est, je pense sans vouloir vous offenser, que vous considérer que l’Etat exprime une politique étrangère et qu’elle est entendue. Vous me semblez optimiste et décalé par rapport à la réalité.

Je pense plutôt que le pouvoir actuel ne s’embarrasse d’aucune position politique externe. Je pense aussi que tous ceux qui participent à la réalité du pouvoir et à ses manifestations spectaculaires sont d’accord qu’il ne faut pas exister extérieurement. L’équilibre est ainsi garanti.

Les Etats étrangers n’arrivent pas à se persuader que nous en sommes arrivés là. Le pouvoir fait tout de même attention avec les Américains. Les autres continuent souvent à donner du sens à notre absence de politique et font alors des erreurs….Voyez dans quels pièges se mettent quelquefois les français !… Ceux qui sont pragmatiques, voire cyniques, se débrouillent bien. Ils font avancer leurs affaires car nous dépensons sans compter. Ce qui leur tient lieu de politique extérieure c’est de comprendre qui payer et combien.

7/ Nous savons que le Sahel, véritable centre géographique de la planète, et qui relie toute la bande subsaharienne entre le canal de Suez et l’océan atlantique, est devenu un pôle géostratégique de première importance, pour le contrôle des réserves hydrocarbures avérées, et le »containment » de la Chine dans le continent. Or, contre toute attente, les USA n’ont pas réussi à créer les conditions « techniques » pour leur installation dans la région, notamment une plus grande nuisance de la Qaeda au Maghreb Islamique qui n’a pu être activée avec un même degré de nuisance que les GIA. Qu’est-ce-qui n’a pas marché dans cette « stratégie » ?

Qu’est ce qui ne marche pas dans la stratégie en Afghanistan, au Pakistan, en Palestine et accessoirement dans le Sahel ? Les Américains traitent les problématiques de résistance d’aujourd’hui comme si c’étaient les problématiques d’hier. Pour contrôler les résistances, ils s’appuient sur les capacités de nos « spécialistes en terrorisme et en subordination » des phases antérieures. Or, partout, la pensée et les modes d’action des mouvements se sont modifiés. Le serpent, fourvoyé, se mord la queue, tue au passage des populations innocentes et ne s’en sort pas. L’analyse de la situation dans le Sahel par les américains et leurs subordonnés est erronée ; elle provoque des manœuvres qui ne réussissent pas à entraîner des troubles d’importance ; les marines restent pour le moment ailleurs, alors que les terrorismes encadrés demeurent isolés….

7/ On dit que Chakib Khalil est l’homme des Américains, et qu’il a réussi, grâce aux privilèges « Sonatrach » qu’il distribue sans compter, à tous les cercles qui comptent, qu’il aurait réussi à fédérer autour de lui, et dans l’intérêt bien compris des USA, un nombre impressionnant de « décideurs militaires » et de personnalités politiques influentes. On dit aussi qu’en ce faisant, il aurait fédéré contre lui, et contre le clan présidentiel, tous ceux qui n’ont pas bénéficié de ces largesses. Qu’en pensez-vous ?

Je suis bien loin de ce qu’on dit….C’est possible ! Il est possible que ce Monsieur, que je connais mal, ait été capable de cristalliser autour de lui des intérêts et des ralliements aux américains. Dans le landernau d’une absence totale d’autonomie de pensée, la moindre compétence peut arriver à ce genre de choses…..C’est peut-être un hériter capable ! Tant mieux pour les américains ! Encore une fois, si c’était le cas, qu’est ce que ça change fondamentalement à notre réalité ?

8/ Et le Président Bouteflika dans tout cela ?

Je vous renvois à la question de la fatalité démographique du début. Il doit gérer avec douleur ce qu’il a semé ; tant pis pour lui.

9/ Quel est le rôle joué par Saïd Bouteflika dans cette situation ? Est-il vrai que le Président tente de l’imposer en dauphin attitré?

Il fait partie de cette Algérie dont je me suis éloigné ; il donne l’air même d’en être l’archétype. Mais mettez vous à sa place ! Il faut bien qu’il se donne des garanties pour l’avenir ! La meilleure, c’est encore d’hériter de la place ; c’est tellement (de nouveau) classique dans notre région. Qu’il réussisse est affaire de compromis boiteux de dernière minute, pour que tout le monde survive plus ou moins, comme d’habitude.

10/ Monsieur Hamrouche avait déclaré que le système ne pouvait changer que de l’intérieur. Une sorte de pied de nez à tous ceux qui sont ulcérés par les turpitudes de ce régime, et qui ont ressenti cette déclaration comme si une mafia pouvait devenir une association de bienfaisance, juste parce qu’on y remplace les parrains et les Capi par d’autres. Quelle est votre explication sur cette déclaration ?

Un régime peut changer de l’intérieur parce qu’il n’a pas su voir venir,_ de l’intérieur_ le boulet qui l’emporte. Cela peut arriver ; cela a failli arriver en 90….Cela ne veut pas dire que ce soit la seule voie possible. C’en est une parmi d’autres. L’approche rationnelle pour en finir avec un régime, est externe, même si l’occurrence interne n’est pas à écarter. D’ailleurs à bien réfléchir, la dynamique interne capable de changer le régime, lui est, de fait, politiquement externe, puisqu’elle débouche sur un autre régime….A moins qu’elle ait pour objet, objectivement ou subjectivement, de ne pas en sortir,…. auquel cas ce n’est pas une alternative politique.

11/ Comment voyez vous l’avenir de l’Algérie, à court et moyen terme ? Pensez-vous qu’une force puisse émerger, et rassembler les Algériens, qui ne soit ni sous le contrôle du régime, ni la conséquence violente d’un ras-le-bol généralisé ?

En politique, on ne se préoccupe pas de futur ; on pense le réel et on travaille sur le présent. Le reste est du domaine de nos souhaits ou de nos cauchemars. Notre société bouge peu aujourd’hui, tant l’arriération en œuvre depuis longtemps a réduit les capacités sociales, mais elle bouge. Les femmes et les hommes protestent, luttent collectivement, lentement, mais de plus en plus, malgré le champ politique fermé qui empêche l’encadrement politique. Il faut savoir être efficace dans le cadre cette dure réalité, éviter les débats d’appareils et coller aux gens’ là ou on se trouve, agir pour libérer les consciences et donner le goût de l’émancipation.

12/ Monsieur Hidouci, que pourriez vous nous dire au sujet des fonds placés par l’Algérie aux USA ? Quel est leur montant ? Cette décision est-elle raisonnable ? Ces fonds ne sont-ils pas menacés dans leur valeur initiale du fait de la crise qui secoue les finances internationales ? L’Algérie aura-t-elle la possibilité de les désengager à court terme, si elle le souhaite ?

Je vous ai parlé tout à l’heure de l’absence de positionnement politique dedans et dehors. Dedans, il n’y a pas de projet de développement ni de capacité managériale qui puisse distribuer ces réserves (de l’ordre de $ 140 milliards) à ceux qui en ont besoin et qui sont capable de les recycler dans un circuit productif et créateur d’emploi. Alors on constitue des réserves pour faire face à des chocs externes toujours possibles. C’est peut-être prudent, mais c’est antiéconomique et antisocial.

Dehors, croyez-vous nos dirigeants actuels capables de dire aux tenants des marchés financiers, non ! Vous n’aurez pas nos sous ! Non nous n’achetons pas de bons du trésor américain même si nous savons de plus en plus qu’il s’agit de monnaie de singe ? Moi je pense qu’au moindre mouvement dans ce sens, les tenants des marchés donneraient le signal d’une « révolution orange », républicaine et démocratique, comme il se doit.

Pas folle la guêpe ! Cet argent est US et le restera pour le moment.

source : Le Quotidien d'Algérie : http://www.algerieinfo.com/

Tags: Algerie, Bouteflika, corruption en Algerie, Droits de l'homme en Algerie, DRS, émeutes en Algérie, Généraux algeriens, Ghazi Hidouci, Hassi Messaoud, Le Quotidien Algerie, malaise social en Algérie, Misere en Algerie, multinationales en Algerie, Régime algerien, Sonatrach


Sunday, April 04, 2010

De nouvelles révélations de la police de Dubaï


قائد شرطة دبى يكشف وجود خليجيين


"موساديين


مفكرة الإسلام: أعرب الفريق ضاحي خلفان قائد شرطة دبي عن قناعته بأن قضية اغتيال القيادي في حركة حماس محمود المبحوح كشفت عن وجود "خليجيين موساديين مؤجرين لأهداف إسرائيلية


وقال خلفان، في حوار نشرته صحيفة "الرأي" الأردنية: "إسرائيل اليوم تشكل تهديدا للأمن العام العالمي بسبب تزوير جوازات ووثائق تستغلها في ارتكاب جرائم وهذه كارثة، وهذا يعني أنه في أي اجتماع أممي يناقش فيه الجريمة يجب أن تثار هذه القضية، وأن يؤخذ من الحكومة "الإسرائيلية" تعهد بعدم تزوير أي جواز وأنه إذا حدث ذلك وتم ارتكاب جرائم واكتشفت أن إسرائيل ورائها من خلال تزوير جوازات أن يتم تجميد عضويتها في هذه المنظمة


مخاوف من تزوير جوازات سفر عربية:

وأبدى خلفان قلقه من قيام الموساد مستقبلاً بتزوير جوازات سفر عربية إذا كان لديه عملاء يتحدثون العربية بطلاقة، ودعا العالم إلى اليقظة خاصة على اعتبار أن هناك دولاً تقوم بالتزوير وليس مجرد عصابة، وحينما تزور العصابة فإنه يمكن القضاء عليها، لكن عندما تقوم دولة بالتزوير فإن ذلك يكون مقلقًا للأمن العام العالمي.

وقال: "قائمة المطلوبين فى قضية اغتيال المبحوح تتجاوز 26 مطلوبًا بشخص أو شخصين من الجنسيات الأوروبية، وهناك أسماء لا نريد وضعها لأسباب أمنية".

وبشأن الشخصين العربيين المتورطين في القضية ، قال ضاحي خلفان: "لقد ثبت تورط شخص واحد، حيث تم تصويره، بينما الشخص الآخر في الطريق للإفراج عنه، والاثنان يحملان الجنسية الفلسطينية".

وأضاف أن المطلوبين في القضية جميعهم متواجدون في "إسرائيل" وهم موظفون في الموساد "الإسرائيلي


صراع الجواسيس بين إيران والغرب:

وأكد خلفان وجود جواسيس في منطقة الخليج لها غايات من مختلف الدول الغربية ومن دول الجوار، وحذر من احتمالات التصادم الحضاري بين إيران والغرب أن يكون هناك صراع مخابراتي على الساحة الخليجية.

وأقر ضاحي خلفان بصحة ما نشرته صحيفة يديعوت عن أن هناك العديد من الجواسيس الذين يعملون لصالح الموساد بالخليج يحملون جوازات سفر أوروبية ويعملون في شركات متعددة وبوظائف مختلفة.

وقال: "المنطقة اليوم مليئة بالجواسيس، وما يحدث اليوم في إيران غير عادي، وحقيقة أن استقرار إيران استقرار للمنطقة، وليس من صالح المنطقة المواجهة مع إيران، وعلينا أن نتعاطى مع إيران على أنها دولة جارة، وأن نتعقل وألا يزج بنا الآخرون في صراعات، وألا ننجر لمواجهة نحن لسنا طرفا فيها، ويتم استغلالنا فيها

http://www.islammemo.cc/akhbar/arab/2010/04/04/97690.html/

Saturday, April 03, 2010

Ramsey Clarkلائحة الاتهام ضد الرئيس جورج دبليو بوش

بِسْمِ اللّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ

رسالة من وزير العدل الأمريكي السابق رامزي كلارك :

لائحة الاتهام ضد الرئيس جورج دبليو بوش أمر لا بد منه

شبكة البصرة

مبادرة المحامي الأمريكي رامزي كلارك اعد لها منذ عام 2009 يوم النزول الى الشوارع

أنا أكتب لأنصار الحركة منذ فترة طويلة ImpeachBush. وهم أكثر من مليون شخص تقدموا للمطالبة بعزل الرئيس بوش وغيره من المسئولين رفيعي المستوى في إدارة الرئيس جورج بوش.

وأنا أناشدكم أن للمشاركة في مسيرة الشوارع فالحركة متنامية لاتهام ومقاضاة جورج دبليو بوش وديك تشيني وكارل روف، دونالد رامسفيلد، وألبرتو غونزاليس ومسئولين آخرين رفيعي المستوى في إدارة الرئيس جورج بوش الذين شاركوا في ارتكاب فعل جنائي.

الخطر الأكبر الناجمة عن ظاهرة الإفلات من العقاب بالنسبة للرئيس بوش وجماعته من شأنه أن يكون جميع المسئولين اللاحقون يفعلون فعله ولن تشعر بالامانحيال ارتكاب الجرائم،

الحركة من أجل المساءلة ستجتاح تجتاح البلاد بمسيرات نزول الى الشوارع. اعتبار من يوم 20 مارس 2010

في ثلاث مدن أميركية كبرى

الآن هو الوقت المناسب للتوعية الواسعة النطاق وهذا يتطلب تنظيم الدعوة وطنية في الأيام القادمة و ممثلين للضغط على الكونغرس، وكثافة العمل الإعلامي، وتوفير الحرية لأصحاب الضمائر الحية بانتشارهم في أنحاء البلاد.

الجرائم التي ارتكبت في إدارة الرئيس جورج بوش يجب أن تعلن، العواقب الكارثية لسياسة بوش، والميول الديكتاتورية والتخريب وانتهاكا للحقوق والكرامة الإنسانية. هذه الحروب العدوانية، والجريمة ضد السلام، و "الجريمة الدولية العليا، " جرائم حرب وجرائم ضد الإنسانية والإبادة الجماعية من العنف العسكري "بقصد التدمير الكلي أو الجزئي لجماعة وطنية أو دينية...، "بالتفويض والتغاضي عن الانتهاكات الجسيمة للدستور الولايات المتحدة، وشرعة حقوق الإنسان وغيرها من التعديلات، والمعاهدات الدولية بما فيها ميثاق الأمم المتحدة ومعاهدة عدم انتشار الأسلحة النووية، واتفاقية مناهضة التعذيب والعهد الدولي الخاص بالحقوق المدنية والسياسية، واتفاقيات جنيف.

واجب على الشعب الأمريكي وممثليهم المنتخبين -- على أي تغييرات في سياسات الحكومة الأميركية لتحقيق مستقبل سلمي، لائق وإنسانية تعتمد -- السعي الحثيث لتوجيه الاتهام إلى الرئيس السابق جورج بوش ونائبه ديك تشيني، وغيره من كبار المسئولين الذين شاركوا في ارتكاب جرائمهم، تليها محاكمة جنائية صارمة، بعد أن تم بشكل كامل وعادل عرضها على هيئة محلفين كبرى، والنتائج في لائحة الاتهام.

لائحة الاتهام من جورج دبليو بوش ومسئولين آخرين رفيعي المستوى هو التحدي الذي يواجه 'نحن الشعب'. سوف ننهض لمواجهة ذلك؟ هذه ليست مسألة سياسية أو حزبية. فمن الدفاع عن المبادئ الأساسية للدستور.

التوقيع

رامزي كلارك،

المدعي العام الأميركي السابق

للمشاركة والتوقيع على الرابط التالي :

http://www. impeachbush. org/site/News2?page=NewsArticle&cmd=search?keywords=&news%5fiv%5fctrl=1281&security=0&cmd=search&entry=true

أنظر ادناه الى النص الاصلي باللغة الانكليزية

On March 20، We the People will take a stand
National March on Washington
12 noon at the White House

Dear IndictBushNow supporter،


Join Ramsey Clark and thousands of
others at the March 20
National March on Washington!

12 noon at Lafayette Park
north side of the White House

On Saturday، March 20، former Attorney General Ramsey Clark will address thousands in Washington، D. C.، in what will be the largest protest in recent times against the criminal wars in Iraq and Afghanistan launched by the Bush administration. Thousands will demand accountability for the torturers—because no one is above the law.

Dozens of cities across the country are organizing buses، carpools and car caravans to converge at the White House for this truly national mobilization. Among the speakers at the rally will be former U. S. Congresswoman Cynthia McKinney، who courageously introduced an impeachment resolution against Bush in 2006، Cindy Sheehan، a long-time supporter of our movement، Ralph Nader and others.

We will join them and bring hundreds of placards demanding: "Indict Bush Now!"

This show of force comes on the heels of a court decision permitting a lawsuit against Rumsfeld for authorizing the use of torture--the first time a torture lawsuit against a current or former Cabinet Secretary was allowed to proceed.

The March 20 March on Washington marks the beginning of a new phase for our movement. Bush، Cheney and Rumsfeld are gone from office، but their policies of war، torture and violation of the Constitution live on. A new generation of young activists is joining our ranks for the first time to bring this criminal legacy to an end.

We will proudly stand with them.

Come join thousands of others in Washington on March 20. Spread the word to others. If you can’t attend، you can make a donation to help others make the trip to Washington. To donate، click here.

On March 20، we will speak with one voice: U. S out of Iraq and Afghanistan! Indict Bush Now!

شبكة البصرة

السبت 4 ربيع الثاني 1431 / 20 آذار 2010

يرجى الاشارة الى شبكة البصرة عند اعادة النشر او الاقتباس
المقالات والتقارير والاخبار المنشورة في شبكتنا لا تعبر عن راي الشبكة بل عن راي الكاتب فقط

Erdogan: je ne veux pas devenir un Sultan!



إردوجان: لا أريد أن أصبح سلطانا مثل أتاتورك

أنقرة: نفى رئيس الوزراء التركي، رجب طيب إردوجان، أن يكون لديه طموح بأن يصبح "سلطانا"، كما يصفه البعض في تركيا.

وقال ردا على سؤال في مقابلة مع مجلة "دير شبيجل" الألمانية، نشرتها صحيفة "الشرق الأوسط" السعودية الصادرة في لندن، حول ما إذا كان يرى نفسه كسلطان لأنه أحد أكثر القادة تأثيرا في البلاد منذ عهد أتاتورك: "أنا رئيس أحد الأحزاب الكبرى التي أسسها الشعب، لذا لن أقارن نفسي أبدا بأتاتورك، وهو الرجل الذي أسس الجمهورية".

وأضاف: "ليس لدي أي نية لأن أصبح باديشا، أو السلطان. يكفيني أن يقول الشعب عني كلاما طيبا".

وعن دور تركيا الإقليمي وسبب حاجتها لأوروبا ومطالبتها بالحصول على عضوية كاملة في الاتحاد الأوروبي، قال إردوجان: "الأمر ليس متعلقا بما نحتاجه نحن، لكن يتعلق بحاجة متبادلة... تركيا لا تمثل عبئا بالنسبة لأوروبا. وعلى النقيض، فهي تحمل عبئا عن الاتحاد الأوروبي".

وأضاف: "ثم هناك الحقيقة التي تقول إننا نعد عضوا مؤسسا في منظمة التعاون والتنمية الاقتصادية، وعضوا في حلف الناتو منذ عام 1952، وهذا يجعلنا بمثابة جسر بين الغرب و1.4 مليار مسلم".

وفي موضوع الملف النووي الإيراني، دعا إردوجان إلى محاولة إيجاد حل دبلوماسي قبل التفكير في فرض عقوبات جديدة، وقال: "العقوبات فرضت على إيران عدة مرات، فماذا كانت النتيجة؟ ألا تصل البضائع الأميركية والألمانية إلى إيران؟ إنها تصل على نحو غير مباشر. فمما لا شك فيه أن هناك سيارات مرسيدس في إيران، وبيجو كذلك".

وأضاف: "أنا أحب أن أتحدث بصراحة، فأنا لا أحب إخفاء الأشياء في السياسة، وما نحتاجه هو الدبلوماسية، الدبلوماسية، الدبلوماسية... وأي شيء آخر لن يسفر عن أي شيء سوى تهديد السلام العالمي".

نبذة عن إردوجان

لم يخطر ببال أحد من أهالي حي "قاسم باشا" الفقير في مدينة إسطنبول التركية، أن يصبح أحد أبنائه رئيسا لبلدية المدينة، فضلا عن أن يكون رئيسا لأكبر حزب سياسي في تركيا؛ لذا فقد سهر أهالي الحي حتى الصباح يوم انتصار إردوجان.

اقترب طيب من الناس، وربما هذا يكون هو السر في أن منحه الناس حبا جارفا لم تعرفه تركيا منذ سنين طويلة فيما يتعلق برجال السياسة والحكم.

لم يتخلف إردوجان يوما عن واجب العزاء لأي تركي يفقد عزيزا ويدعوه للجنازة، مثلما لبى الكثير من دعوات الشباب له بالمشاركة في مباريات كرة القدم.

ولد طيب في 26 فبراير/شباط 1954 لوالد فقير يعمل في خفر السواحل محافظة "رزا" شمال تركيا، وما لبث الأب أن هاجر لإسطنبول في الأربعينيات من القرن الماضي؛ بحثا عن فرص أوسع للرزق، وبعد أن أنهى طيب تعليمه الابتدائي التحق بمدرسة الأئمة والخطباء الدينية، ومنها إلى كلية التجارة والاقتصاد في جامعة مرمرة بإسطنبول.

لم تمنعه هذه النشأة المتواضعة أن يعتز بنفسه.. فقد ذكر في مناظرة تلفزيونية مع دنيز بايكال رئيس الحزب الجمهوري ما نصه: "لم يكن أمامي غير بيع البطيخ والسميط في مرحلتي الابتدائية والإعدادية؛ كي أستطيع معاونة والدي وتوفير قسم من مصروفات تعليمي؛ فقد كان والدي فقيرا".

وحسبما ذكرت صحيفة "عكاظ" السعودية، ليس أدل على عدم تنكره لماضيه من أنه لم يغير مسكنه ــ رغم بساطته- بعد وصوله لمنصب عمدة المدينة الذي اعترف الجميع ــ حتى معارضيه ــ بأن وجهها قد تغير تماما، بفضل رفضه الصارم للفساد المستشري في الحقل السياسي التركي.

ويصرح أردوغان عن ذلك: "سألوني عن السبب في النجاح في تخليص البلدية من ديونها، فقلت: لدينا سلاح أنتم لا تعرفونه.. إنه الإيمان.. لدينا الأخلاق الإسلامية وأسوة رسول الإنسانية عليه الصلاة والسلام".

يؤكد طيب أن الرسول، صلى الله عليه وسلم، هو أسوته الأولى، لكن ذلك لا يمنع أنه تأثر أيضا بالزعيم نجم الدين أربكان الذي منحه الثقة، وأعطاه الفرصة ليصل لمنصب رئيس فرع حزب الرفاه وهو في الخامسة والثلاثين، ثم رئيس بلدية إسطنبول أكبر بلدية عامة بتركيا عام 1995.

حماسي جدا، وعاطفي جدا.. يمكن أن يكون هذا باختصار هو إردوجان؛ فالعلاقات الاجتماعية من أهم ملامح شخصيته؛ فهو أول شخصية سياسية يرعى المعوقين في ظل تجاهل حكومي واسع لهم، ويخصص لهم امتيازات كثيرة مثل تخصيص حافلات، وتوزيع مقاعد متحركة، بل أصبح أول رئيس حزب يرشح عضوا معوقا في الانتخابات وهو الكفيف "لقمان آيوا" ليصبح أول معوق يدخل البرلمان في تاريخ تركيا.

ولا يستنكف أن يعترف بما لديه من قصور علمي لعدم توفر الفرصة له للتخصص العلمي أو إجادة لغات أخرى غير التركية؛ لذلك فقد شكل فريق عمل ضخما من أساتذة الجامعات والمتخصصين في شتى المجالات للتعاون معه في تنفيذ برامج حزبي الرفاه والفضيلة أثناء توليه منصب عمدة إسطنبول.

ويرى البعض أن صفاته الجسدية (قامته الطويلة، وجسمه الفارع، وصوته الجهوري) تلعب دورا هاما في جذب الناس إليه، كما أنه ليس متحدثا بارعا فحسب لكنه مصغ جيد كذلك.

شخصيته الشجاعة دفعته لتعيين مجموعة كبيرة من المحجبات داخل رئاسة البلدية، مثلما أعطى الفرصة للطرف الآخر دون خوف من النقد الإعلامي، مثلما لم يتردد في هدم منازل وفيلات لكبار الشخصيات، من بينهم فيلا الرئيس الراحل تورجوت أوزال؛ لأنها بنيت مخالفة للقانون.

ولا شك أن تصريحاته الأولى بعد الفوز جاءت لتؤكد هويته؛ فقد أعلن بوضوح أنه ضد ضرب العراق، كما أعلن عن اعتزامه إلغاء الحظر على المحجبات.. صحيح أنه أعلن احترامه للدستور العلماني، كما أعلن اهتمامه بدخول تركيا للاتحاد الأوروبي.. إلا أن البعض يعتبر ذلك تصريحا لا يساوي شيئا من الناحية العملية؛ لأن الاتحاد الأوروبي رفض دخول تركيا قبل الانتخابات.

http://www.moheet.com/newsPrint.aspx?nid=360700/













Friday, April 02, 2010

Entre les ailes d'un taureau géant


En ces journées commémoratives de la guerre d'agression contre l'Irak, nous reproduisons cet article de l'artiste irakien Naseer Shamma, pour rappeler au monde que le génocide culturel continue en Irak autant que le massacre de la population.


Un artiste irakien dénonce les nouveaux barbares

Entre les ailes d’un taureau géant


par Naseer Shamma

Personne n’aurait pu penser que la guerre contre l’Iraq serait une agression destructrice qui s’attaquerait en premier à l’homme et continuerait par l’éradication des racines de sa civilisation, de son patrimoine, de sa culture et de son identité et finirait par détruire son présent et son avenir.

Il est clair maintenant que le pétrole ne fut pas le seul but de cette guerre, dès lors que, ses sources immédiatement maîtrisées, la machine de destruction a aussitôt commencé à dilapider les origines de l’homme qui a créé, innové, découvert et enseigné. Ils ont ainsi démoli son présent et son histoire par la rapine et le feu.

Jamais à travers l’histoire, une agression, une guerre ou une occupation d’une ville ou d’un pays n’ont donné lieu à une destruction aussi systématique que ce qui s’est passé en Iraq, terre qui a vu naître une multitude de civilisations et est connue pour être le premier pays à avoir donné naissance à l’alphabet, aux sciences, à la culture, à la poésie, à l’astronomie, à la médecine, aux mathématiques, à la musique et bien d’autres choses, dont notamment la physique, la chimie et l’architecture, et d’avoir mis tout cela à la disposition de tout un chacun.

Mais il semble que l’on ne doive pas clamer notre fierté de notre histoire, au motif que l’Amérique, fondée sur un patchwork hybride, sans racines véritables et dont l’histoire, remontant tout juste à 5 siècles, souvent sans grandeur parce que bâtie sur les crânes des Peaux-rouges, traîne un complexe à ce niveau. Peut-on se prévaloir d’un passé fait de dépossession des Amérindiens, de leur sang versé, de leurs femmes… ?

Quelques jours après le cessez-le-feu et alors que le sang des Iraquiens n’avait pas encore séché et continuait même à être versé, j’ai décidé de donner mon premier concert et j’ai choisi de le faire dans la grande salle assyrienne du Musée iraquien. Le concert avait pour titre : « Je viens du passé et je vais vers l’avenir ». Le titre n’était pas seulement un slogan. Je voulais dire simplement que le présent n’est pas toujours ce que nous souhaitons. Il en fut de même quand j’ai choisi de me placer entre deux taureaux ailés géants, chacun d’eux d’une seule pièce et pesant 37 tonnes de granit. J’avais derrière moi la statue du dieu assyrien Nabou, de plus de 12 mètres de haut et, à ma droite et à ma gauche des bas-reliefs géants en granit, témoins représentatifs de la grande civilisation assyrienne.

J’avais rappelé au public ce jour-là que « nous étions les descendants de ces hôtes illustres qui nous accueillaient et qui avaient produit ces magnifiques oeuvres d’art qui avaient devancé Michel-Ange dans l’usage du mouvement dans la sculpture et la très grande précision dans les détails ». Je m’étais adressé au public pour lui expliquer que « c’est par là que nous devrions commencer, sans jeter le moindre regard aux ruines laissées par la guerre ». J’étais un peu celui qui essayait de se mettre en confiance à propos de son patrimoine qu’il aime éperdument et de son avenir à la construction duquel il veut participer pleinement. Je voulais en même temps rappeler à notre peuple, encerclé par tous les États du monde, les frères, les amis et les ennemis, victime d’une guerre d’un genre inédit et tourmenté par le doute sur son identité, son histoire, son arabité et son appartenance, qu’il était l’un des plus vieux peuples de la terre. Et c’est toute l’importance de ce concert donné juste quelques jours après le cessez-le-feu, pour ranimer la vie culturelle à Bagdad.

Il ne m’est jamais venu à l’esprit que ce lieu qui abritait entre ses murs l’histoire initerrompue de l’évolution de l’humanité dans tous les domaines de la vie, puisse être détruit et faire l’objet d’un pillage systématique, planifié à l’avance avec minutie. En effet, les chars usaméricains encerclèrent le Musée national iraquien et tirèrent un premier obus sur la porte. Une fois cette dernière détruite, ils se mirent à déménager les oeuvres artistiques des civilisations ouritique, sumérienne, assyrienne, akkadienne, babylonienne, hadhar puis islamique vers des lieux inconnus. Nous ne serons pas étonnés qu’on les découvre un jour quelque part aux USA. Puis une fois leur forfait accompli, ils ont permis à des individus aux visages étrangers et dont nous ne savions rien, pas même le pays auxquels ils appartiennent, de finir leur besogne en entreprenant de briser et de détruire tous les objets en verre, en argile et en faïence dont aucun soldat usaméricain ne peut connaître la valeur. Tout cela pour faire croire à un état de désordre et de pillage créé par les Iraquiens eux-mêmes.

Il est à rappeler à ce niveau que la majorité des Iraquiens sont des gens éduqués. Les écoliers, dont je fus, étaient invités à des visites guidées aux musées, aux ruines et à tous les sites archéologiques. Nos rêves avaient un début mais jamais de fin, tant nos guides nous racontaient des choses sur les souverains et les civilisations qui se développèrent en Mésopotamie. Peut-on admettre dans ces conditions qu’un Iraquien « normal » puisse détruire sa propre civilisation, démolir son histoire et piller ses œuvres ?

A propos de la Maison des archives, de la bibliothèque des Wakfs, de la Bibliothèque nationale et du Centre des arts, tous lieux fréquentés en permanence par les gens, il est important de rappeler que ce sont les Iraquiens qui y ont déposé leurs legs et leurs dons afin qu’ils soient protégés et mis au service de tous. Nous étions informés régulièrement des dons de manuscrits rares de tel ou tel grand intellectuel, ce qui a permis à la longue de constituer un fonds de manuscrits d’une rare richesse. Il y avait des manuscrits du saint Coran, écrits de la main de Ibn Al Bawab, d’autres de Yakout, Ham Allahi Al Amassi, Tabrizi, Ibn Makla, en plus d’un exemplaire fort rarissime, écrit, croit-on, de la main de l’imam Ali Ibn Abi Taleb. Ces manuscrits renfermaient les plus belles calligraphies arabes avec ses styles divers et ses riches motifs artistiques.

Il y avait en plus tous les livres scientifiques, de médecine, d’astronomie et d’autres domaines de la connaissance humaine, écrits des mains de leurs auteurs, tels Al Kindi, Faraby, Armawi, Ibn Sina et tous ceux dont les noms nous sont parvenus des grandes civilisations antérieures à l’Islam.

Certains des tableaux modernes des artistes d’avant-garde que j’ai moi-même exposés au Centre des arts de l’Opéra du Caire au début de 2003, y furent très bien accueillis par les critiques égyptiens. Dois-je reconnaître aujourd’hui que ces tableaux et autres œuvres splendides, signées de Jawad Sélim, Faek hHssan, Chaker Hassan Al Saïd, Mohamed Ghani, Hikmet et Sâadi Kâabi, Dhia Al Azzawi, Rafe’h Nasseri, Nouri Arraoui, Mohamed Mahr Eddine, A’La Bachir, Ali Taleb et Salem Dabbagh ainsi que les œuvres des jeunes débutants, ont été la proie du feu ?

Mais Hulago (Hulago Khan, chef mongol, petit-fils de gengis Khan, qui conquit Bagdad en 1258 et passa toute son élite au fil d el'épée, NDT) n’avait rien fait de tel. À moins que ce soit une réalisation de la prédiction du prophète Daniel qui avait préconisé la création de l’État d’Israël et lancé sa malédiction sur le peuple babylonien ?

Le Musée national iraquien après le passage des nouveaux barbares

Le déluge de Gilgamesh

Quand j’avais prononcé ces mots, je savais pertinemment que le peuple qui traîne une longue et riche histoire est capable de construire un avenir radieux et qu’il demeurera fidèle à ses racines, contrairement à celui qui naît à ras de l’eau, sans racines.

C’est cette idée qui a prédominé dans la stratégie de cette guerre contre l’Iraq, qui pourrait porter le symbole de « guerre- pétrole- histoire ». Une guerre contre le passé qu’est l’histoire, contre le présent, représenté par l’homme et sa cité, et contre l’avenir dans lequel le pétrole est un élément déterminant mais pas exclusif.

Au fait Sargon l’Akkadien (2390 Av.J .C), Zimri Lim Almari (1850 Av. J.C), Adad Nirari l’Assyrien (1220 Av.J.C) et Nabuchodonosor I, les rois conquérants qui ont fondé, entre le Tigre et l’Euphrate, des royaumes et des empires ayant dirigé les contrées dans les quatre directions, savaient-ils ce qu’il advint de leur terre et de leurs enfants ? Est-ce bien le déluge dont parle Gilgamesh dans son épopée qui se passe présentement ?

Prière babylonienne ?

Lorsque j’ai joué pour la première fois à Paris au cours de l’année 1994, le morceau intitulé « prière babylonienne », j’avais le sentiment que je voyais défiler 6.000 ans d’histoire de la culture et de la musique. Le morceau choisi relatait en effet un rite entre le roi babylonien et ses divinités ce qui m’enivrait de fierté tant j’étais heureux que mes ancêtres aient donné à la musique cette place de choix.. Au cours de la même soirée, j’avais présenté aussi un morceau intitulé « de l’Assyrie à Séville ». Je jouais du luth avec mes cinq doigts et sans l’intermédiaire de la plume. J’avais appris cette technique des motifs sur des sculptures assyriennes représentant des artistes jouant le luth avec leurs cinq doigts, et il m’a fallu des mois d’exercice pour maîtriser cette technique venuedu fond des âges et relier deux époques lointaines. Mais voilà que les sculptures en question sont détruites et que les manuscrits d’Al Kindi dans lesquels j’ai appris ma première symphonie, sont livrés au feu à la Bibliothèque des manuscrits.

Je suis le descendant de grandes civilisations et d’une nation qui a bâti sa grandeur sur la sculpture de la pierre. Mais voilà que la pierre, témoin principal de notre de notre passé, est humiliée et brisée telle une biscotte. En fait c’est toute notre histoire qui est remise en question. Je ne sais comment nos enfants apprendront demain l’histoire de leur pays, peut-être juste en la lisant sur le papier ?

J’ai le sentiment que ma peine et ma douleur dépassent de loin ce que la démocratie pourra me donner et que « la plante de l’éternité » que portait Gilgamesh a été détruite par ses racines. Alors que puis-je face à cette situation sauf exprimer ma douleur et me lamenter sur l’effort de ces savants et de ces créateurs qui ont révélé le caractère unique des civilisations de la Mésopotamie durant 9 millénaires et que les barbares des temps modernes ont dilapidées.

Original

Nasser Shamma est le joueur de luth le plus célèbre du monde. Il est né à Al Kut, dans le sud de l'Iraq, en 1963. Il enseigne son art à la Maison du Luth Arabe (Beit Al Oud Al Arabi), qu'il a fondée au Caire en 1998. Visiter son site personnel.

Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï

Thursday, April 01, 2010

Libérez notre frère et ami Haytham El Maleh


Syrie : L'état de santé de Haitham Al-Maleh continue de se dégrader en prison ; son fils, Iyas, lance un appel à la mobilisation lors d'une visite à Alkarama

Alkarama, 23 Mars 2010

Alkarama a rencontré vendredi 19 mars Iyas Maleh, le fils de Haitham Al-Maleh, l'avocat syrien de 78 ans et défenseur des droits de l'homme qui avait été enlevé par les autorités syriennes le 14 octobre 2009 puis présenté devant un tribunal militaire ne respectant aucune des garanties minimales pour un procès équitable. Haitham Al-Maleh encourt actuellement une peine de prison de plus de 15 ans. Cela fait maintenant plus d'un mois que les autorités l'empêchent de prendre son traitement médical ; aussi, son état de santé s'est gravement détérioré. Son fils en appelle à la mobilisation de la société civile internationale pour continuer de faire pression sur les autorités syriennes afin d'obtenir la libération de son père.

Inquiète de la détérioration de l'état de santé de Haitham Al-Maleh depuis son incarcération, Alkarama a soumis son cas au Rapporteur spécial sur la santé et au Rapporteur spécial sur la torture le 12 mars 2010 pour les informer de la situation de la victime. Alkarama a également fourni des informations au Groupe de travail sur la détention arbitraire qui suit son cas de près.

Son fils lance un appel à la mobilisation

Iyas Maleh, fils de Haitham Al-Maleh, s'est rendu à Genève pour présenter le cas de son père au Conseil des droits de l'homme. A cette occasion, il a pu également rendre visite à Alkarama afin de discuter des actions qu'elle pourrait entreprendre avec d'autres ONG pour venir en aide à son père. Il a également souligné le fait que la mobilisation de la société civile internationale est d'une importance capitale dans ce cas de la Syrie.

Si Haitham Al-Maleh n'avait qu'une seule chose à demander aux membres de la société civile internationale, ce serait qu'ils « apprennent leurs droits et qu'ils apprennent à les défendre. » « Ce serait le plus beau cadeau qu'ils pourraient faire à mon père », nous a confié Iyas. Aussi, selon lui, si elle est déterminée à aider son père, la société civile internationale doit continuer le travail de défense des droits de l'homme qu'il a entrepris.

Il a ajouté : « Tous ceux qui luttent pour le respect de leurs droits défendent en même temps ceux de mon père et ceux de n'importe quelle personne détenue arbitrairement. »

Iyas en appelle à tous pour maintenir l'attention du public sur la situation de Haitham Al-Maleh, peu importe le domaine d'activité ou le moyen d'action. «L'essentiel, a-t-il dit, est de continuer de faire passer le message et de maintenir l'attention des médias sur le cas de mon père pour que les gens n'oublient pas ».

Alkarama demande aux autorités syriennes de libérer immédiatement Haitham Al-Male. Elle espère qu'il pourra bientôt rejoindre sa famille et guérir rapidement.

Rappel : conditions de détention et état de santé de Haitham Al-Maleh

Lorsqu'il a été enlevé le 14 octobre 2009, Haitham Al-Maleh était sous traitement médical à cause de son diabète et de son hyperthyroïdie. Cela fait à présent plus d'un mois que M. Al-Maleh n'a pu prendre aucun de ces médicaments et son état de santé continue de se détériorer.

Selon des personnes présentes le jour de la comparution de M. Al-Maleh devant le juge militaire le 22 février, il était si faible qu'il pouvait à peine parler. Nous avons aussi appris qu'en février il s'était évanoui dans sa cellule de prison. S'il continue de ne recevoir aucun traitement médical pour son diabète et son hyperthyroïdie, il risque une importante perte de poids, des défaillances cardiaques ou rénales et même le coma.

Les conditions de détention dans la prison d'Adra sont particulièrement difficiles. Les cellules de prison sont surpeuplées : les détenus qui y sont entassés n'ont pas de lit et partagent des matelas posés sur le sol. M. Al-Maleh partage sa cellule avec 60 autres personnes : des prisonniers politiques et des criminels. Les détenus sont contraints de dormir à même le sol ; certains dorment même dans les couloirs. Les autorités pénitentiaires coupent souvent l'eau de la prison si bien que les détenus ne peuvent pas se laver pendant de longues périodes et doivent utiliser les toilettes sans eau. Inutile de dire que les détenus, dans ces conditions de détention désastreuses, encourent de graves risques pour leur santé.

Ces conditions de détention, particulièrement inquiétantes pour une personne de l'âge de M. Haitham Al-Maleh, constituent une violation de l'Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus (adopté par le Conseil économique et social de l'ONU dans ses résolutions 663 C (XXIV) du 31 juillet 1957 et 2076 (LXII) du 13 mai 1977).

Aussi, Alkarama a porté le cas de M. Al-Maleh à l'attention du Rapporteur spécial sur la santé de l'ONU pour qu'il intervienne auprès des autorités syriennes au nom de M. Haitham Al-Maleh.
Alkarama avait précédemment soumis le cas de M. Haitham Al-Maleh au Groupe de travail de détention arbitraire le 27 octobre 2009 ; des informations sur le procès et les conditions de détentions de la victime lui ont été soumises le 12 mars 2010.

Le 23 décembre 2009, Alkarama a aussi demandé au Secrétaire général des Nations Unies d'intervenir auprès des autorités syriennes pour demander la libération de M. Al-Maleh.

La vidéo de la conversation avec Iyas Al-Maleh est aussi disponible sur Youtube

http://fr.alkarama.org/index.php?option=com_content&view=article&id=686:syrie-letat-de-sante-de-haitham-al-maleh-continue-de-se-degrader-en-prison-son-fils-iyas-lance-un-appel-a-la-mobilisation-lors-dune-visite-a-alkarama&catid=38:communiqu&Itemid=139/