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Wednesday, August 04, 2010

Tribunal spécial sur le Liban

Le Tribunal spécial sur le Liban à l’épreuve de la guerre de l’ombre Part 1/3

« Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue».

Albert Einstein



René Naba | 03.08.2010 | Paris

http://www.renenaba.com/?p=2718/

I- Le Liban, une passoire

Paris, 3 août 2010 – Objet de fantasme depuis un demi siècle, le Bar de l’Hôtel Saint Georges de Beyrouth a longtemps été un haut lieu du monde interlope de la barbouzerie internationale. Réputé pour ses cocktails détonants, ses barmen avenants, ses yachts rutilants et sa plage huppée, son ambiance calfeutrée, propice à tous les chuchotements, le destinait à être le lieu de côtoiement par excellence de personnages aussi emblématiques1 qu’énigmatiques que l’agent double soviéto britannique, Kim Philby, membre du fameux groupe «The Cambridge Five», ou, le Général Taymour Bakhtiar, tombeur de Mohamad Mossadegh, le premier ministre nationaliste iranien, artisan de la première nationalisation du pétrole en 1953.
Si Kim Philby, faux journaliste de l’Observer (1), démasqué, a été exfiltré par un sous marin soviétique au large des côtes libanaises, le Général Taymour Bakhtiar, son forfait accompli, a été remercié, en même temps qu’était répudiée sa cousine, l‘impératrice Soraya, contraint à l’exil et à l’errance à Beyrouth, Paris et Genève, pour finir assassiné à Bagdad, paradoxalement, par des agents de la Savak, un comble pour le fondateur de la police secrète iranienne (2).
L’Hôtel Saint Georges a été détruit aux premiers jours de la guerre civile libanaise, et sa cave, riche et abondante, pillée, a longtemps désaltéré les combattants des diverses factions au plus fort de la bataille pour le contrôle du centre ville de Beyrouth, à l’automne 1975. Sa silhouette, dessinée par Auguste Perret dans les années 1930, décorée par Jean Royère dans les années 1960, demeure mythique dans la mémoire des hommes et continue de fasciner hommes politiques et aventuriers. C’est d’ailleurs au pied de la façade de cet hôtel, objet de sa furieuse convoitise (3), que l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri a été assassiné, en 2005, trente ans après le début de la guerre civile.

La fascination qu’il continue d’exercer dans l’imagerie populaire s’explique en ce qu’il constituait une marque de distinction sociale pour sa clientèle, toute une cohorte d’honorables correspondants, de correspondants en quête d’honorabilité, de journalistes en quête de respectabilité, qui revendiquaient leur fonction comme un «trophée», cultivant avec art «le complexe du drogman», du titre de ces fameux intermédiaires auprès des chancelleries occidentales. Tous alléchés par le gisement d’informations constitué par l’imposante infrastructure de l’organisation de Libération de la Palestine et de la vingtaine de mouvements de libération du tiers monde qui gravitaient dans son orbite….. Du Front de Libération de l’Erythrée du futur président Issayas Afeworki, au FLOSY, le Front de Libération du Sud Yémen Occupé, du premier ministre nassérien Abdel Qawi Makkaoui, à l’Armée secrète pour la Libération de l’Arménie (ASALA). Tous des révolutionnaires en herbe, des révolutionnaires en puissance. «Koulouna Fidaiyoune», tous, des guérilleros palestiniens, pour reprendre le titre du film culte de l’époque du cinéaste libano arménien Garo Garabédian, dont l’équipe périra carbonisée lors du tournage.

La guerre clandestine qui s’y livrait à l’ombre de cet établissement prestigieux n’a jamais cessé, induisant de nouvelles méthodes au gré des progrès technologiques, mettant aux prises les traditionnels espions occidentaux et leurs alliés des monarchies arabes, les agents du Mossad, de l’Intelligence service britannique, de la CIA américaine, de la DGSE française, tous engagés dans une guerre opaque avec des concurrents d’un genre nouveau, agents iraniens, services de renseignements syriens et activistes du Hezbollah.

Etat tampon, théâtre de deux guerres civiles (1958; 1975-1990), le Liban a longtemps fait office de soupape de sûreté à l’ordre régional, le point de dérivation des conflits inter régionaux, le lieu de dénouement des psychodrames des actes de piraterie aérienne, assumant une fonction tribunicienne pour le compte des pays arabes, dont il en constituait une caisse de résonance, et les mouvements de libération qui leur étaient affiliés. Une des plateformes opérationnelles majeures de la guerre clandestine à l’apogée de la rivalité soviéto américaine, Beyrouth a tenu la dragée haute en matière d’espionnage aux grandes capitales situées sur la ligne de démarcation du front de la guerre froide. A l’égale de Berlin, immortalisée par les romans d’espionnage John Le Carré, ou de Vienne, passée à la postérité avec son «Troisième Homme» d’Hollywood, le film du cinéaste Orson Wells.

C’est depuis Beyrouth que la guerre culturelle souterraine de la CIA contre l’idéologie marxiste a été menée, dans les années 1950-1980, sur l’ensemble du Monde arabe, à travers la presse pétro monarchique, à coups d’opération oblique, de presse périphérique, d’informations annexes et de renseignements connexes. C’est depuis la capitale libanaise que se sont ourdies les opérations de déstabilisation des régimes arabes. C’est à Beyrouth enfin que la conférence régionale de la WACL s’est tenue au début de la guerre civile, en 1975, sous la présidence de Camille Chamoun, ancien président de la République du temps de la première guerre civile libanaise, pour convenir de la réplique américaine à la perte de Saigon et de Pnom Penh, les deux bastions américains en Asie, signe de l’importance stratégique de la capitale libanaise et de l’implication occidentale dans le conflit libanais (4). Fondée à Taiwan par Tchang Kaï-Chek, la Ligue anti-communiste mondiale (WACL), une Internationale fasciste regroupant d’anciens criminels de guerre nazis et nippons, a constitué la matrice de la contre insurrection dans les zones de confrontation avec la guérilla marxiste. Elle passe pour avoir recruté des mercenaires en vue de leur intégration au sein des milices chrétiennes libanaises, préludant à l’alliance militaire des phalangistes avec Israël, l’ennemi officiel du Monde arabe.

L’irruption des querelles du Monde arabe propulsée au paroxysme de la guerre froide soviéto-américaine sur la scène libanaise transformera le Liban en arène idéologique, où s’opérera un phénomène de cristallisation de la presse libanaise du fait de la rivalité égypto saoudienne. Dans un pays qui se targue d’être un chantre de la liberté de la presse, pas moins d’une dizaine de journaux libanais se trouvait sous perfusion égyptienne et autant sous fusion saoudienne. Tandis que le proconsul égyptien, le Général Abdel Hamid Ghaleb et son attaché de presse Anouar Jammal faisaient office de Rédacteur en chef occulte de sept quotidiens (Al-Moharrer, Al-Liwa, As-Siyassa, Al-Kifah, Al-Hourriya, Al-Anouar et Al-Hawdess), son équivalent saoudien, le Général, Ali Chaer, régnait en maître sur cinq quotidiens (Al-Hayat, Az-Zamane, Ad-Dyar, Al Joumhouriya et Ar Rouad).

Un chiffre suffit à illustrer l’importance de Beyrouth en tant que plaque tournante de la guerre de l’ombre (5). Entre 1945 et 1995, c’est à dire au cours des trente premières années de leur indépendance, dix huit coups d’état sanglants ont secoué le Monde arabe, la plupart fomentés depuis la capitale libanaise, dont huit en Syrie et trois, rien que dans l’année qui a suivi la défaite en 1949, avec les coups de force du Colonel Hosni Zaim, le 29 mars 1949, du Général Sami Hennaoui, 14 Août 1949, et du général Adib Chichakli, 19 décembre 1949.

Les visées hégémoniques de la Syrie sur le Liban s’expliquent partiellement par la volonté de Damas de sanctuariser le territoire libanais, dont elle a eu à pâtir de ses opérations de destablisation. Celles des Américains par le souci constant de «conserver le port de Beyrouth dans le giron de l’Occident», selon l’expression du général Alexander Haig, ancien commandant en chef de l’Otan et secrétaire d’état américain lors du siège de Beyrouth, en juin 1982. Un euphémisme qui masque mal le souci des occidentaux de garder par devers eux cette incomparable banque de données des pulsions du tiers monde militant.

Haut lieu de la contestation panarabe, Beyrouth représente, en effet, pour les Occidentaux, un observatoire permanent de la lumpen humanité, permettant aux cinq cents correspondants de la presse étrangère accrédités à l’époque au Liban, et à la multitude d’honorables correspondants se plaçant dans leur sillage, d’observer le déroulement de la guerre inter yéménite entre Républicains et Monarchiques du temps de la rivalité Saoud Nasser, dans la décennie 1960, les soubresauts du septembre noir jordanien, le massacre des Fedayine palestiniens par les Bédouins du Roi Hachémite, en 1970, les convulsions de la monarchie iranienne et sa chute, en 1979, dans la foulée du triomphe de la révolution islamique ou encore la riposte balistique du Hezbollah à la guerre de destruction israélienne du Liban, en juillet 2006.

II- Le paradis libanais, une fournaise

Mais le paradis libanais tant vanté par les maquettes publicitaires de luxe s’est révélé être une fournaise. A l’ombre de la dolce vita et de la farniente de la riviera libanaise, longtemps à la botte des états arabes, toujours à la remorque des occidentaux, constamment en quête de reconnaissance internationale, les Palestiniens paieront un lourd tribut à leur débordement de type mafieux, à leur laxisme contre révolutionnaire. Un maillon important de la chaîne de commandement en fera les frais, dont les principaux responsables politiques et militaires, que cela soit au Liban même ou à Tunis, leur troisième lieu d’exil. Au Liban avec l’assassinat de Kamal Nasser, porte parole officiel de l’OLP, Abou Youssef an Najjar, le ministre de l’intérieur de la centrale palestinienne, Kamal Adouane, le responsable des formations de jeunesse, tué lors d’un raid israélien en avril 1973, et le play boy Ali Hassan Salamah, chargé de la protection rapprochée de Yasser Arafat. A Tunis, avec l’assassinat des successeurs présumés du chef palestinien, Khalil Wazir, alias Abou Jihad, commandant en chef adjoint et ordonnateur de l’Intifada en Cisjordanie, et, Salah Khalaf, alias Abou Iyad, responsable de l’appareil de sécurité. La décapitation des chefs charismatiques de la guérilla palestinienne privera le combat palestinien d’une direction révolutionnaire, déblayant la voie à la promotion de bureaucrates aux postes de commandement dont Mahmoud Abbas en constitue le parfait représentant, de la même manière que l‘incarcération des deux figures emblématiques de la résistance de l’intérieur, Marwane Barghouti (Fatah) et Ahmad Saadate (FPLP) dégagera le terrain à la propulsion de deux cerbères affectés à la sécurité d’Israël, Mohammed Dahlan et Djibril Rajoub, dont le goût prononcé pour le luxe leur sera fatal.
La donne changera avec la relève chiite, et, en dépit de la disproportion des forces, le combat parait moins inégal. Certes le Hezbollah a dû pâtir de sérieux coups de butoir tant des israéliens que des occidentaux, mais le décompte au terme de trois décennies ne lui apparaît pas totalement aussi défavorable que la supériorité technologique du camp adverse et son impunité n’auraient pu le suggérer. Deux des prestigieux chefs du Hezbollah, Abbas Moussawi, premier chef du Hezbollah, et surtout Imad Moughnieh, le bâtisseur de sa branche militaire, ont certes été éliminés par assassinat, et le chef dignitaire religieux chiite, Cheikh Mohamad Hassan Fadlallah, objet d’un attentant manqué ourdi par la CIA avec des fonds pétro monarchiques. Mais, stoïc dans l’adversité, sa riposte a été à la hauteur de ses pertes.
Véritable prise de guerre, l’occupation de l’ambassade américaine à Téhéran, en 1980, a permis la mainmise sur un important lot de documents confidentiels, détaillant l’architecture du réseau du renseignement américain au Moyen orient et la liste des émargements. La décapitation de l’Etat major de la CIA pour le Moyen orient, une trentaine de personnes, lors de l’attentat contre le siège de l’ambassade américaine à Beyrouth, en 1983, de même que le dynamitage du PC des marines (214 tués), en même temps que le PC français, le Drakkar, en octobre 1983, constitueront de sérieux revers pour le renseignement occidental, accentué par la prise en otage, le 16 mars 1984, de William Buckley officiellement diplomate américain à Beyrouth, en fait un des animateurs de l’antenne de la CIA au Moyen orient, mort en 1985 en captivité, après avoir, semble-t-il, fourni des précieuses indications à ses tortionnaires. Sans compter le retentissant scandale de l’Irangate, la vente prohibée d’armes américaines à l’Iran, le scandale de la décennie 1980, allumé par une mèche à lente combustion depuis Beyrouth, pour finir par carboniser l’administration républicaine du président Ronald Reagan.
En trente ans, la guerre de l’ombre a été ponctuée de raids de commandos héliportés israélien sur Beyrouth et sur le sud Liban et de spectaculaires opérations. L’enlèvement de deux responsables chiites, Cheikh Karim Obeid (1989) et Moustapha Dirani (1994), et, le contre enlèvement d’un colonel israélien du cadre de réserve Hannane Tannebaum (2000), en témoignent. De non moins spectaculaires échanges de prisonniers aussi, une dizaine au total, permettant la libération de près de sept mille prisonniers palestiniens et arabes, en contrepartie de la restitution de dépouilles de militaires israéliens et d’espions, sans toutefois que ces gestes de conciliation n’affectent l’intensité du combat.

Beyrouth est un vaste cimetière de traîtres, mais ce bilan macabre n’a apparemment pas découragé les vocations tant cette activité périlleuse s’est révélée lucrative, à en juger par le récent coup de filet anti israélien réalisé par les services de sécurité libanais. Du gros gibier: Un général, deux colonels, trois cadres supérieurs occupant des fonctions névralgiques au sein d‘une entreprise stratégique de communications, un président sunnite d’un conseil municipal, proche du premier ministre Saad Hariri, le frère d’un garde de corps d’un dirigeant du mouvement chiite Amal. Tous à des postes sensibles. Soixante dix arrestations, 25 inculpations pour espionnage au profit d’Israël, un chiffre sans précédent, infligeant au renseignement israélien l’un des plus importants revers de son histoire (6).

L’élément déclencheur de cette contre offensive libanaise aura été l’assassinat en février 2008 à Damas d’Imad Moughniyeh, le cauchemar de l’Occident pendant un quart de siècle, qui conduisit cette organisation clandestine et opaque à opérer un travail de contre espionnage en profondeur pour finir par démasquer les pisteurs: deux frères sunnites, originaires de la bourgade d’al-Marj, dans la vallée de la Bekaa, Ali et Youssouf Jarrah, en possession du matériel photographique et vidéo, d’un système GPS dissimulé dans leur véhicule fréquemment garé au poste frontière de Masnaa, sur la route entre Beyrouth et Damas, en vue de pointer les responsables du Hezbollah empruntant le passage vers la Syrie. Opérant depuis vingt ans pour le compte des Israéliens, Ali Jarrah était même muni d’un passeport israélien, pour ses déplacements, via Chypre, en Israël.

Au niveau chrétien, six acteurs majeurs ont été arrêtés: Le général Adib Semaan al Alam, un ancien de la sûreté nationale, un poste où il avait aussi accès au département des passeports, source d’information capitale. Recruté par les services israéliens en 1994, il aurait loué pour le compte des Israéliens des abonnements à lignes de téléphonie cellulaire. Ses employeurs l’auraient convaincu de prendre sa retraite pour monter une agence de recrutement de domestiques asiatiques «Douglas office», qu’il utilisait comme taupes auprès de leurs employeurs, membres de la bourgeoisie libanaise. Grâce à cette couverture, Adib Alam aurait fourni des informations sur le Hezbollah et sur les mouvements internes de l’armée libanaise. Un deuxième officier chrétien inculpé est un beau frère d’un officier de l’armée dissidente libanaise du général Antoine Lahad, les supplétifs de l’armée israélienne au sud Liban. Convaincu de collaboration avec Israël, le colonel Mansour Diab, était directeur de l’Ecole des forces spéciales des commandos de marine, un poste qui lui a permis de superviser les opérations d’exfiltration d’agents et de transbordement de matériels d’espionnage. L’un des héros de la prise d’assaut du camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared, l’été 2007, blessé à l’épaule lors de l’attaque, il aurait été recruté par le Mossad pendant ses stages aux Etats-Unis.

Trois autres libanais employés d’une société de téléphonie cellulaire, la société Alpha, exerçant des fonctions sensibles au sein d‘une entreprise stratégique de communications, ont été inculpés pour «intelligence avec l’ennemi». Précisément pour avoir connecté le réseau de la téléphonie mobile de leur firme au réseau des services de renseignement israéliens, leur répercutant l’ensemble du répertoire de leurs abonnés, de leurs coordonnées personnelles et professionnelles y compris les coordonnées bancaires. Tareq Raba, ingénieur des télécommunications, et son subordonné hiérarchique, Charbel Qazzi, auraient fourni à leur commanditaires le code d’accès des abonnés avec possibilité de permuter les numéros de téléphone en vue de brouiller l’origine d’un appel et son destinataire. Le chef du réseau, Tareq Raba, en poste depuis 1996, a été recruté par le Mossad en 2001 et percevait pour prix de sa trahison 10 000 dollars par mois. Le 5me chrétien, Joseph Sader, est un employé à l’aéroport de Beyrouth, qui a admis être en charge du repérage des émissaires et diplomates du Moyen-Orient transitant par l’aéroport de la capitale libanaise.

Au niveau sunnite, un officier supérieur a été inculpé, originaire du Akkkar, région nord du Liban, le colonel Shahid Toumiyeh, frère de cinq officiers en service dans l’armée et la gendarmerie libanaise. Il a été arrêté en sa possession de plusieurs centaines de documents ultra secrets de l’armée libanaise. Toujours au niveau sunnite, un proche de Saad Hariri, Zyad Ahmad Hosni, président du Conseil municipal d’une localité de la Bekaa, était chargé de pister les déplacements des dignitaires du Hezbollah dans la zone frontalière libano syrienne et d’obtenir un rendez vous avec Hassan Nasrallah, le chef du mouvement chiite, en vue de son assassinat à distance.

Au niveau chiite, quatre prises consistantes: Ali Hussein Mintash, frère d’un garde de corps d’un dirigeant du mouvement chiite Amal, chargé du repérage des sites de lancement des missiles, le deuxième, un représentant en pharmacie, Jaoudat Salmane al Hakim, revendique un bilan particulièrement lourd puis qu’il a participé à l’assassinat de trois responsables du Hezbollah, Ghaleb Awad, dans la banlieue sud de Beyrouth, en 2004, et les frères Majzoub, à Saida, en 2006. Toujours au niveau chiite, un garagiste de Nabatiyeh, ville chiite du Sud Liban, Marwan Fakir, un concessionnaire automobile du Hezbollah, aurait utilisé ses talent pour installer des dispositifs de localisation sur des voitures du parti. Un quatrième chiite, Nasser Nader, est suspecté d’avoir organisé la surveillance du quartier de Dahieh, le bastion du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, dévasté par des bombardements israélien d’une grande précision en 2006.

La découverte de ce réseau serait le fruit d’un événement fortuit: un puissant logiciel confié par les Occidentaux à la sécurité libanaise pour détecter les anomalies des communications cellulaires dans l’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri, un logiciel capable d’analyser des dizaines de milliers d’appels téléphoniques et d’en déceler les anomalies. Comme, par exemple, des téléphones portables qui ne s’activent qu’à certains moments. Ou qui ne communiquent qu’avec un ou deux numéros. Le responsable de ce programme, un brillant officier spécialiste des systèmes informatiques, le capitaine Wissam Eid, devenu sans doute encombrant par ses découvertes, a été pulvérisé, le 25 janvier 2008, par un attentat à la voiture piégée.

Plus grave, un des fournisseurs d’accès internet au Liban était alimenté par une société israélienne, la branche régionale de la société anglo italienne Tiscali, via son relais de Chypre, relié par une antenne pirate sur le Mont Barouk au Liban, une antenne pirate greffée sur l’antenne de la chaîne de télévision MTV, propriété de Gabriel Murr, frère du ministre de la défense Elias el Murr. Pis encore, une des antennes placées au sud Liban, dans la bourgade de Safarieh, proche de Saida, était dirigée vers la zone frontalière libano israélienne, zone de déploiement de la Finul, avec un réseau disposant d’une capacité de captation de la totalité de la messagerie électronique des «Casques bleus» de l’ONU.

Toutes les communautés libanaises sont représentées: chrétiens, sunnites, chiites, originaires du Sud Liban, de la Bekaa ou de Beyrouth. Toutes ont fourni des agents, soit pour glaner des informations, soit pour préparer des dossiers d’objectif ou organiser la filature des dirigeants du Hezbollah. Certains travaillaient pour Israël depuis les années 1980, recrutés pour des motifs variés: financiers, idéologiques ou psychologiques, voire même pour des cas de chantages sexuels ou d’addiction à la drogue. Une quarantaine de suspects ont été placés en détention, une trentaine d’autres sont toujours recherchés par les autorités libanaises. Certains ont réussi à fuir, prenant l’avion vers une destination inconnue, d’autres ont franchi la frontière entre les deux pays, toujours techniquement en guerre depuis 1949.

Ce bilan ne tient pas compte des avatars tel celui de l’agent franco afghan Karim Pakzad, représentant du Parti socialiste français à l’Internationale socialiste, arrêté le 26 avril 2007 par le Hezbollah, dans la banlieue Sud de Beyrouth, alors qu’il prenait des photos du bunker d’Hassan Nasrallah, porteur d’un appareil d’interception des communications téléphoniques, ni de la mystérieuse évaporation d’une non moins mystérieuse néerlandaise, Inneke Botter, ancien cadre supérieur de la succursale hollandaise de la firme française Orange, partenaire de la société libanaise, proche de la Mafia israélienne opérant en Europe centrale notamment en Géorgie et en Ukraine, démasquée par les services de renseignements russes.

Suivra

2ème volet du papier le 12 Août
II • Le Tribunal spécial sur le Liban, une parodie de justice, un vaudeville tragique
Le Liban, banc d’essai de la théorie de la désorientation informative et de la dissension sociale

Références

1- Harold Adrian Russel Philby, plus connu sous le nom de Kim Philby (1er janvier 1912 – 11 mai 1988), fut un agent double britannique, membre des services secrets britanniques, le MI6, et espion à la solde du KGB au profit duquel il trahissait le premier. Fils d’un homme de génie, St. John Philby (1885-1960) orientaliste de tout premier ordre, grand rival du colonel T. E. Lawrence, avant de devenir «l’inventeur» d’Ibn Séoud, le fondateur de l’Arabie saoudite, puis son éminence grise. La personnalité hors du commun du père a certainement profondément joué dans les choix de son fils Kim. Issu de la Gentry, il entre en 1929 au Trinity College de Cambridge, il y étudie l’économie et l’histoire. Il y rencontre ses futurs collègues dans l’espionnage, le Groupe de Cambridge ou Magnificent Five (Donald Maclean, Guy Burgess, Anthony Blunt et John Cairncross) qui deviendront complices de sa trahison. En 1940, il intègre le MI6, le service de renseignement britannique, plus connu sous le nom d’Intelligence Service. En 1944, il est affecté à la tête de la toute nouvelle section IX, chargée de lutter contre le communisme: il transmet des informations confidentielles aux Soviétiques qui permettent d’écraser une insurrection anti-communiste en Albanie. Les Américains les soupçonnent d’avoir transmis aux Soviétiques des informations confidentielles sur le programme nucléaire militaire et de leur avoir dénoncé les opérations de déstabilisation de l’Albanie, menées par la CIA et le MI6 entre 1949 et 1951. Définitivement exclu du MI6, Philby s’installe à Beyrouth comme correspondant de l’Observer puis de The Economist. Il y couvre la crise de Suez en octobre novembre 1956. En janvier 1963, il passe définitivement en Union soviétique, probablement avec l’accord tacite du gouvernement britannique.

2 -Taymour Bakhtiar: né en 1914 à Isfahan, fondateur de la SAVAK, la redoutable police secrète du Chah D’Iran. Commandant de la brigade blindée de Kermânchâh, il soutient, en 1953, le général Zahedi dans con coup de force contre le premier ministre nationaliste Mohamad Mossadegh, artisan de la nationalisation du pétrole iranien. En 1961, destitué de sa fonction, il s’installe dans un premier temps au Liban qu’il quittera ensuite pour l’Irak et s’allie à Saddam Hussein contre le Chah. Il est assassiné en 1970 lors d’une partie de chasse par des agents envoyés par la SAVAK.

3– Un robuste contentieux oppose les propriétaires de l’Hôtel Saint Georges à SOLIDERE, la société immobilière de Rafic Hariri. De tout temps l’Hôtel Saint-Georges a eu des facilités balnéaires qui ont fait son cachet. Ce à quoi s’oppose SOLIDERE qui se veut l’exploitant unique de la Baie Saint Georges que surplombe l’Hôtel. Ce contentieux paralyse le projet de rénovation de l’Etablissement. Depuis dix ans Rafic Hariri alternait mesures coercitives et offre de rachat, dans la pure tradition des pratiques italiennes illustrées par le film «Main basse sur la ville». Le journal «al Akhbar» évoque dans son édition du 12 Août 2010 « le récit de la mainmise de SOLIDERE sur le souk des bijoutiers» de Beyrouth. «SOLIDERE loue aux bijoutiers des biens fonciers qu’elle leur a vendus 12 ans auparavant. Les ayants droits portent plainte en justice. Qui va arrêter Solidere ?».

4- Le décompte des 18 coups d’état dans le monde arabe s’établit comme suit: Huit pour la seule Syrie: Hosni Zaim, Sami Hennaoui et Adib Chichakli en 1949, Faysal Al-Attassi, février 1954, Colonel Nahlaoui auteur du coup d’état qui a entraîné la rupture syro égyptienne le 28 septembre 1961, Ziad Harari 8 mars 1963 qui inaugure la série des coups d’état baasistes présentés comme des corrections de trajectoire avec Salah Jedid, 23 février 1966 et Hafez Al-Assad, 15 novembre 1970. En deuxième position dans l’ordre putschiste, l’Irak avec quatre coups de force notamment celui de Abdel Karim Kassem contre le trône hachémite (14 juillet 1958), lui même sera renversé par le général Abdel Salam Aref en 1961 avant que son Abdel Rahman Aref frère ne lui succède à la suite de son décès accidentel et que celui-ci ne soit évincé à son tour par les baasistes, le tandem Ahmad Hassan Al-Bakr-Saddam Hussein en 1968. L’Egypte avec Farouk, en 1952, L’Imam Badr au Yémen, en 1961, le Liban avec le coup d’état avorté de la Saint Sylvestre 1961 mené par le parti populaire syrien, le Roi Idriss Senoussi en Libye en 1969, le Sultan Qabous d’Oman qui a évincé son père en 1971, de même que le cheikh Zayed d’Abou Dhabi qui a évincé son frère le cheikh Chakhbout ainsi que la Tunisie avec le coup d‘état médical du général Ben Ali contre le président Bourguiba, en 1987, ainsi que l’Emir de Qatar qui a détrôné son père en juin 1995 ferment la liste des Etats putschistes. En comparaison, l’Afrique aura connu de 1960 à 1990, les trente premières années de son indépendance, 79 coups de force au cours desquels 82 dirigeants ont été tués ou renversés, selon le recensement établi par Antoine Glaser et Stephen Smith dans leur ouvrage «Comment la France a perdu l’Afrique» Ed. Calmann-Lévy 2005.

5- Cf. «L’Orchestre noir» de Frédéric Laurent, Editions Stock 1978 – note de bas de page (page 299) qui fait état d’une réunion régionale de la WACL sous le titre MESC (Middle East Solidarity Conference), en 1975, à Beyrouth sous la présidence de Camille Chamoun, qui sera aux premiers mois de la guerre civile, ministre de l’Intérieur.

6- «La Liste des agents israéliens» Cf. le journal libanais as Safir 28 juillet 2009 «Noir parcours de 22 agents israéliens. Nasrallah, cible prioritaire» par Hussein Yaacoub.



Tuesday, August 03, 2010

Agression israélienne


مصرع ضابط "إسرائيلي" كبير بنيران الجيش اللبناني

مفكرة الإسلام:

اعترف الجيش "الإسرائيلي" بمقتل أحد كبار ضباطه اليوم الثلاثاء أثناء الاشتباكات التي وقعت بين الجيشين "الإسرائيلي" واللبناني على الحدود بين "إسرائيل" ولبنان.

وأكد الجيش في بيان أن ضابطًا قتل اليوم بنيران القوات المسلحة اللبنانية على الحدود "الإسرائيلية اللبنانية"، وكشف هوية الضابط القتيل وهو اللفتنانت كولونيل دوف هراري (45 عامًا).

وقال الجيش "الإسرائيلي" إن هراري كان يخدم كقائد كتيبة.

وتحدثت مصادر عسكرية "إسرائيلية" عن إصابة عدد من الجنود "الإسرائيليين" ، فيما تحدثت مصادر لبنانية عليمة عن مقتل أحد ضباط الجيش "الإسرائيلي" على إثر المواجهات التي تفجرت مع القوات اللبنانية اليوم.

وكشفت مصادر مطلعة أن قوات الاحتلال "الإسرائيلية" بدأت جهودًا من أجل محاولة استعادة جثمان الضابط الذي سقط قتيلاً في المعارك مع الجيش اللبناني.

وأكد مراسل لمحطة "العربية" الفضائية أن هذا الضابط "الإسرائيلي" القتيل وهوبرتبة عالبة قد سقط بنيران قناص لبناني.

الاشتباكات الأخطر منذ حرب يوليو 2006

وتعتبر هذه الاشتباكات هي الأخطر والأكثر دموية بين الجانبين منذ أن اوقع نزاع بين حزب الله و"إسرائيل" استمر 33 يومًا بين يوليو واغسطس 2006 أكثر من 1200 قتيل لبناني معظمهم من المدنيين و160 "إسرائيليًا" خصوصًا في صفوف العسكريين.

وقال النائب اللبناني عن حزب الله نواف الموسوي: "موقف الحزب من الاشتباكات سيعلنه أمينه العام حسن نصر الله في خطابه المرتقب مساء الثلاثاء

http://www.islammemo.cc/hadath-el-saa/eshtbakat-israel-lebnan2010/2010/08/03/104597.html/

L’Egypte ou la pyramide renversée


L’Egypte ou la

pyramide renversée

par René Naba


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L’Egypte ou la pyramide renversée

lundi 2 août 2010 - par René Naba

L’Egypte célèbre, le 23 juillet 2010, le 58 eme anniversaire de la chute de la Monarchie sur fond de compétition électorale, législative et présidentielle, qui pourrait tourner la page de l’ère Moubarak.

4 ème Président d’Egypte depuis la chute de la monarchie en 1952, Hosni Moubarak est au pouvoir depuis trente ans, un record de longévité politique en Egypte. Agé de 82 ans, cet ancien chef de l’aviation, promu vice Président, a succédé, en 1981, au président Anouar el Sadate, assassiné. Depuis cette date l’Egypte vit sous l’état d’urgence.

Retour sur le bilan du Président Hosni Moubarak, lointain successeur de Gama Abdel Nasser, fondateur de l’Egypte moderne.

ارفع رأسك يا أخي Relève ta tête mon frère

  • Gamal Abdel Nasser (15 janvier 1918 à Alexandrie – 28 septembre 1970 au Caire), Tombeur de la monarchie égyptienne à la tête du groupe des « officiers libres », fondateur de l’Egypte moderne (1954-1970), chef du combat nationalise arabe, un des principaux dirigeants politiques arabes de l’histoire moderne.

Ce papier est dédié à la mémoire du Général Abdel Moneim Riyad, commandant en chef des forces armées égyptiennes, maître d’œuvre du plan de bataille de la reconquête du Sinaï, tué par un missile israélien alors qu’il survolait les lignes égyptiennes sur le front de Suez lors de la guerre d’usure (1968-1970), et, à son fidèle lieutenant, le Général Saad Eddine Chazli, chef d’état major égyptien durant la guerre d’octobre 1973, artisan de la percée du Canal de Suez et de la destruction de la Ligne Bar Lev, le 6 octobre 1973, lors de la « Bataille Al Badr », nom de code de l’offensive, par référence à la conquête arabe.

1 – Sous Moubarak, l’Egypte marche sur la tête

Paris, 23 juillet 2010 – Sous Moubarak, l’Egypte marche sur sa tête et réfléchit comme un pied, pyramide renversée de tant de reniements et de renoncements.

Misr Oum ad Dounia, l’Egypte, Mère du Monde, l’Egypte, dont l’histoire s’est longtemps confondue avec l’épopée, n’est plus que l’ombre d’elle-même, un pays méconnaissable qui a intériorisé sa défaite, voué au rôle peu glorieux de sous traitant de la diplomatie américaine sur le plan régional, de factotum des impératifs de sécurité d’Israël, le ventre mou du Monde arabe, son grand corps malade.

Placée au centre géographique du Monde arabe, à l’articulation de sa rive asiatique et de sa rive africaine, abritant la plus forte concentration industrielle dans une zone allant du sud de la Méditerranée aux confins de l’Inde, contrôlant de surcroît, de manière exclusive, les deux principaux axes de communication du Monde arabe, le Nil vers le continent africain, le Canal de Suez vers le Golfe pétrolier, l’Egypte a longtemps été le fer de lance du combat nationaliste arabe. Plaque tournante de la diplomatie arabe, elle a assumé sans relâche le rôle du grand frère protecteur, le régulateur de ses turbulences, le parrain de ses arrangements, comme ce fut le cas de l’accord libano palestinien du Caire, le 3 Novembre 1969, qui mit fin à la première guerre civile libano palestinienne, ou de l’accord jordano-palestinien, le 27 septembre 1970, dans la foulée du Septembre Noir jordanien.

Mais le plus grand pays arabe, longtemps cauchemar de l’Occident, s’est révélé sous Moubarak, un nain diplomatique, le pantin disloqué de la stratégie israélo américaine, curieuse mutation de ce pays en un demi siècle, de Nasser à Moubarak, illustration pathologique des dérives du Monde arabe, de la confusion mentale de ses dirigeants et de leur servilité à l’ordre occidental.

Le fer de lance du mouvement national arabe est désormais le voltigeur de pointe de menées israélo américaines au Moyen Orient ; l’artisan de la première nationalisation victorieuse du tiers monde, la nationalisation du Canal de Suez (1956), le principal fournisseur énergétique d’Israël ; le destructeur de la ligne Bar Lev (1973), la ligne de fortification israélienne dans le Sinaï, l’édificateur du mur d’enfermement des Palestiniens de Gaza.

Nasser est passé à la postérité pour avoir été l’homme du haut barrage d’Assouan, qu’il construira avec l’aide soviétique, bravant les foudres américaines pour nourrir son peuple. Moubarak sera l’homme du bas barrage, le vil barrage, qu’il édifiera par anticipation d’une requête israélo américaine visant à rendre hermétique le blocus de Gaza, détruite et affamée par les Israéliens.

Nasser, l’homme de la fermeture du Canal de Suez, en 1956, défiera le droit maritime international pour couper le ravitaillement énergétique de l’Occident coupable d’alignement pro israélien, Moubarak sera le ravitailleur énergétique d’Israël à des prix avantageux, dans une transaction apparue par sa coïncidence comme une prime à la destruction de l’enclave palestinienne de Gaza.

Nasser, le partenaire de la guerre d’indépendance de l’Algérie, assumera sans broncher les conséquences de son soutien à la révolution algérienne, une agression tripartite des puissances coloniales de l’époque (France, Grande Bretagne) et de leur poulain Israël, l’expédition punitive de Suez en novembre 1956. Moubarak revendiquera comme unique titre de gloire de son long règne, une piètre performance chauvine, le caillassage de footballeurs de l’équipe nationale d’Algérie (décembre 2009 – janvier 2010), son ancien partenaire du combat de libération national arabe.

Nasser a scandé le redressement arabe avec son légendaire cri de ralliement « ارفع رأسك يا أخي » Irfah Ra’sak Ya Akhi- Relève ta tête mon frère », Moubarak, lugubre, sera l’homme de la reptilité face aux oukases israéliens et américains. Quand le charisme de Nasser enflammait les foules de la planète bariolée au point de faire peser une menace d’implosion du Commonwealth britannique, dans la foulée de l’expédition de Suez, Moubarak détourne les foules par son défaitisme et sa vassalité revendiquée, telle « la vache qui rit », le sobriquet emprunté à une marque de fromage pour le désigner, qui lui colle à la peau depuis le début de son règne pour souligner son cynisme faussement niais.

Nasser, enfin, avait pour interlocuteur des figures de légende : Chou en lai (Chine), Ho chi Minh (Vietnam), Nehru (Inde), Tito (Yougoslavie), Soekarno (Indonésie), De Gaulle, avec lequel il a procédé à la réconciliation franco-arabe à la suite de la rupture de Suez. Moubarak a eu pour partenaire Nicolas Sarkozy avec lequel il a lancé le projet mort né de l’Union Pour la Méditerranée.

2 – Le syndrome de l’éléphantiasis diplomatique

Même dans le domaine privilégié de sa suprématie qui capta l’imaginaire et l’adhésion des foules pendant un demi siècle, le domaine culturel, sa supériorité parait battue en brèche. L’échec de l’Egypte à briguer le poste de Directeur général de l’Unesco, en Mai 2009, avec la candidature de son ministre de la culture Fouad Hosni, malgré le soutien de son partenaire français et celui plus inattendu d’Israël, porte témoignage de ce désaveu.

Premier exportateur de vidéocassettes, de films et de téléfilms dans le Monde arabe, l’Egypte disposait d’un magistère culturel sans égal, s’articulant sur trois piliers : Le charisme de son chef, Nasser, sa brochette prestigieuse de vedettes de grand talent, Oum Kalsoum et Abdel Wahab, ses grands écrivains Taha Hussein, Naguib Mahfouz et le poète contestataire Cheikh Imam, Tahia Karioka et Nadia Gamal, sur le plan de l’industrie du divertissement et du spectacle, le tandem formé, enfin, sur le plan de la communication, par le journal Al-Ahram, le plus important quotidien arabe, et Radio le Caire, la doyenne des stations arabes.

Septième diffuseur international par l’importance de sa programmation radiophonique hebdomadaire, Radio le Caire émet en 32 langues couvrant un large spectre linguistique (Afar, Bambara, pachtoune, albanais). Il constituait un puissant vecteur de promotion des vues égyptiennes aux confins du quart monde. Mais son primat culturel pâtit désormais de la renaissance de Beyrouth, le point de fixation traumatique d’Israël, capitale culturelle frondeuse du Monde arabe, et de la fulgurante percée des chaînes transfrontières arabes, en particulier Al-Jazira, désormais indétrônable par son professionnalisme.

L’activisme diplomatique tardif déployé par le Caire ne modifiera en rien la cruauté du constat : la base arrière des principaux mouvements de Libération du Monde arabe et africain, de l’Algérie au Sud Yémen au Congo de Patrice Lumumba, le pays qui exorcisa le complexe d’infériorité militaire arabe vis à vis d’Israël, parait comme atteint d’éléphantiasis diplomatique, à en juger par son comportement honteusement frileux durant les deux dernières confrontations israélo-arabes, la guerre de destruction israélienne du Liban, en juillet 2006, et la guerre de destruction israélienne de Gaza, deux ans plus tard, en décembre 2008.

Son primat diplomatique est remis en question par l’émergence des deux puissances musulmanes régionales non arabes, l’Iran et la Turquie, dans la suppléance de la défaillance diplomatique arabe, principalement de l’Egypte et surtout de l’Arabie saoudite, mutique pendant les trois semaines de la destruction israélienne de Gaza (Décembre 2008-Janvier 2009). Il en est de même son primat militaire, relégué aux oubliettes par la relève rebelle des artisans victorieux de la nouvelle guerre asymétrique contre Israël, le chiite Hezbollah libanais et le sunnite Hamas palestinien, rendant obsolète la fausse querelle que tentent d’impulser l’Arabie Saoudite et l’Egypte entre les deux branches de l’Islam dans l’espace arabe.

L’entrée en jeu de la Turquie et du Brésil dans la mise en oeuvre du transfert du combustible nucléaire iranien vers son enrichissement dans les pays occidentaux, le 18 mai 2010, a accentué la déconfiture égyptienne en tant qu’acteur diplomatique de dimension régionale. Le tribut de sang payé deux semaines plus tard par la Turquie pour briser le blocus de Gaza par l’envoi d’une flottille humanitaire, en contraignant l’Egypte à ordonner sous la pression populaire la réouverture de terminal de Rafah et permis à la Turquie du fait de sa diplomatie néo-ottomane à ravir à l’Egypte et à l’Arabie saoudite, le leadership du monde sunnite traditionnellement dévolu à ces deux pays arabes.

Suprême infamie pour la diplomatie égyptienne, son échec dans un domaine qui constitue un de ses champs d’action privilégié : l’Afrique. La conférence des pays riverains du Nil, le 14 avril 2010, consacrée à la répartition des eaux de ce grand cours d‘eau africain entre sept riverains s’est soldée par un échec du fait de l’opposition de trois pays africains pro israéliens (Ethiopie, Kenya, Ouganda), hostiles au plan de partage des eaux du Nil, conçu en 1929 et reconduit en 1959. Plus grave et menaçant pour l’Egypte pour sa survie économique au point que plane le risque que l’Egypte perd de « la bataille du Nil », l’accord conclu à ce sujet un mois plus tard, le 18 mai à Entebbe, prévoyant la répartition des eaux du Nil entre les pays africains, excluant l’Egypte et le Soudan, avec la participation de la Tanzanie et l’Ethiopie, fer de lance des Etats Unis dans la corne de l’Afrique, alimenté par 58 pour cent des eaux du Nil bleu.

Le plus grand et le plus peuplé pays du monde arabe avec 80 millions d’habitants, est au bord de l’implosion sociale avec 34 % d’Egyptiens vivant en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de deux dollars par jour. Depuis le revirement proaméricain du président Anouar el Sadate, en 1978, et son traité de paix avec Israël, il y a trente ans, l’Egypte fonctionnait sur un mode binôme, par une répartition des tâches entre le pouvoir politique géré par la bureaucratie militaire, alors que la gestion culturelle de la sphère civile était confiée au zèle de l’organisation des Frères Musulmans, dont le prosélytisme s’est matérialisé par le rétablissement du crime d’apostasie. Sous la menace islamiste, l’Egypte navigue ainsi entre corruption, régression économique et répression, avec 1,3 million de flics employés par le ministère de l’Intérieur et plusieurs milliers de prisonniers politiques, sous la férule d’une oligarchie dont sept membres, tous des milliardaires, occupent des postes clés au sein du gouvernement égyptien ou du parti au pouvoir le Parti National Démocratique, et cinquante pour cent du hit parade des cent premières fortunes égyptiennes appartiennent aux instances dirigeantes du pays, du jamais vu depuis l’époque monarchique (1)

La passivité égyptienne devant le bain de sang israélien à Gaza, sa léthargie diplomatique face à l’activisme des pays latino-américains (Venezuela, Bolivie, Nicaragua) et de l’Afrique du sud avec la rupture de leurs relations diplomatiques avec Israël a suscité une levée de boucliers des Frères Musulmans conduisant la confrérie à cesser toute opposition à la Syrie, rendant caduque sa collaboration avec l’ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam, le transfuge baasiste réfugié à Paris. Par un invraisemblable renversement d’alliance qui témoigne du strabisme stratégique de l’Egypte, c’est la Syrie, son ancien partenaire arabe dans la guerre d’indépendance, et non Israël, qui constitue désormais sa bête noire. C’est Gaza, à bord de l’apoplexie, qui est maintenu sous blocus et non Israël, ravitaillé en énergie à des prix avantageux, défiants toute concurrence, sans doute pour galvaniser la machine de guerre israélienne contre un pays sous occupation et sous perfusion, la Palestine.

Indice de sa servitude à l’égard des Etats-Unis, la moindre initiative de l’Egypte est tributaire du contreseing américain, que cela soit dans le domaine de la technologie nucléaire obtenu, en 2005, après que l’Iran se soit engagé dans la course atomique et afin d’y faire contrepoint, ou que cela soit dans le domaine diplomatique. L’Egypte bénéficie, il est vrai, d’une rente stratégique matérialisée par une aide américaine de trois milliards de dollars par an. Mais cette obole apparaît à bon nombre d’observateurs comme une sorte de denier de Judas, ne pouvant compenser aux yeux de l’opinion publique du tiers monde, le socle de la puissance diplomatique égyptienne, les effets dévastateurs de ce lymphatisme tant sur le plan du prestige international de l’Egypte qu’au plan de la sécurisation de l’espace national arabe.

Anouar el Sadate a récupéré le Sinaï mais marginalisé son pays par sa signature d’un traité de paix solitaire avec Israël (1979). Moubarak, lui, passera dans l’histoire pour avoir été le dirigeant égyptien sans la moindre action d’exploit à son actif, sinon de réintégrer son pays au sein Ligue arabe pour en faire une rente de situation à l’effet de cautionner toutes les interventions militaires américaines contre les pays arabes que cela soit lors de la première guerre du Golfe contre l’Irak, en 1990, ou encore treize ans plus tard, lors de l’invasion américaine de l’Irak, en 2003 ou enfin en contre pied du Hezbollah libanais (2006) ou du Hamas palestinien(2008-2009).

Pis, la grande œuvre diplomatique du tandem franco-égyptien -l’Union Pour la Méditerranée- a tourné à la bérézina diplomatique absolue (2). Sa principale réalisation, la destruction d’un état membre (Gaza Palestine) par un autre état membre (Israël), sous le regard complice des deux pays fondateurs de l’organisation, a accentué le mur de méfiance entre arabes et européens, un résultat aux antipodes des objectifs de ses promoteurs.

Le cessez le feu unilatéral israélien dans la bande de Gaza conclu à la suite d’un arrangement entre deux gouvernements moribonds, le revanchard israélien Ehud Olmert mal remis de défaite face au Hezbollah libanais, en 2006, et le pantin américain George Bush, a retenti comme un cinglant camouflet tant pour le nouveau président américain Barack Obama que pour le médiateur égyptien que pour son alter ego français, le vibrionnant et inopérant co-président de l’Union pour la Méditerranée.

Le contournement de l’Egypte par ses deux partenaires du Traité de Paix de Camp David dans des arrangements de sécurité concernant l’enclave palestinienne qui lui est frontalière a cruellement mis à jour le rôle de servant -et non de partenaire- des états arabes au sein de la diplomatie occidentale.

Le ballet diplomatique orchestré dimanche 18 juillet au Caire par Hosni Moubarak par ses concertations avec les principaux protagonistes du conflit, -l‘émissaire américain George Mitchell, le président palestinien Mahmoud Abbas et le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu- relevait d’un exercice de gesticulation destiné en premier lieu à décourager les spéculations sur son état de santé apères son ablation d’une tumeur maligne en Allemagne en mars 2010 et à démontrer sa viabilité après des mois de convalescence et donner l’illusion d’un activisme diplomatique au moment où des attributs de la puissance l’Egypte ne dispose plus désormais que du pouvoir de nuisance.

Dans une quête désespérée d’une nouvelle respectabilité à l’intention de son bailleur de fonds américain, elle a participé à la construction d’un barrage contre Gaza, accueillant, en juin 2010, en grande pompe, le chef des milices chrétiennes libanaises, Samir Geagea, au bilan sanguinaire, infligeant dans le même temps une lourde peine de prison à trois combattants du Hezbollah libanais pour leur soutien à la lutte du peuple de Gaza. Une telle disparité de traitement pénal entre Israéliens et arabes, qui tranche avec le laxisme observé à l’égard d’un espion israélien, le druze Azzam Azzam, libéré après sept ans de détention en 2004, a achevé de ternir l’image de l’Egypte dans le quart monde.

L’Egypte est frappée du symptôme d’éléphantiasis, à l’image de son vieux Président (82 ans), un personnage au teint cireux, un personnage de cire, en voie de momification par près de trente ans d’un pouvoir autocratique schizophrénique, ultra répressif sur le plan interne, léthargique sur le plan international, cramponné à son siège dans l’attente d’une succession filiale, davantage préoccupé par sa succession biologique que de la pérennité de l’Egypte, un des plus anciens foyers de civilisation dans le Monde.

Au regard de l’histoire, le seul exploit de Mohamad Hosni Moubarak aura été sa longévité politique. Nasser a gouverné 18 ans décédant le 28 septembre 1970 d’une crise cardiaque au lendemain d’un sommet arabe consacré au Caire à la réconciliation jordano palestinienne, dans la foulée du septembre noir jordanien. Sadate a régné 11 ans, assassiné pour collusion avec Israël, l’ennemi officiel du Monde arabe, le 6 octobre 1981, lors du défilé célébrant la destruction de la ligne Bar Lev, premier exploit militaire égyptien de l’histoire contemporaine. Moubarak trône, lui, depuis trente ans, échappant à une vingtaine d’attentats, record mondial absolu de tous les temps.

Son exubérance matérielle, fruit de son alliance matrimoniale et financière avec les plus fortunés des plus grosses fortunes d’Egypte, tranchant avec la sobriété ascétique de Nasser, a catapulté la candidature de Mohamad al Baradéi au rang de nouveau sauveur du pays, secouant la léthargie ambiante d’une fin de règne crépusculaire.

Le rapprochement syro saoudien pour cause de guerre inter yéménite, matérialisée par la visite à Damas du nouveau chef du gouvernement libanais Saad Hariri, fils du premier ministre libanais assassiné Rafic Hariri, a marginalisé l’Egypte, son échec à la conférence des riverains du Nil a accentué sa solitude, révélatrice de la nécrose diplomatique égyptienne.

Le surgissement de l’ancien Monsieur atome de l’ONU sur la scène politique égyptienne dans la foulée de ces deux événements fait désormais planer sur Moubarak le « syndrome du chah d’Iran », par référence à l’expérience de l’ancien souverain iranien, (1979), féal par excellence des Américains, décrété « obsolète » du jour au lendemain pour cause de réajustements stratégiques de son protecteur.

Le Pharaon d’Egypte est nu, dénudé par ses nouveaux alliés : le Primus inter pares (3) des Arabes est désormais « le passeur des plats » officiel de la diplomatie israélo américaine. Triste destin pour Le Caire, Al-Kahira, la victorieuse dans sa signification arabe, ravalée désormais au rang de chef de file de « l’axe de la modération arabe ». L’ancien chef de file du combat indépendantiste arabe, amorphe et atone, assume désormais sans vergogne le rôle de chef de file de l’axe de la soumission et de la corruption….l’axe de la résignation et de la capitulation…l’axe de la trahison des idéaux du sursaut nassérien.

Sous Moubarak, l’Egypte a marché sur sa tête et pensé avec ses pieds, pyramide renversée de tous ses reniements.

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Notes :

1-Sept milliardaires égyptiens occupent des postes de responsabilité soit au sein du gouvernement soit au sein du parti dominant Le Parti National Démocratique (PND) du président Hosni Moubarak. Cf. Al Qods Al-Arabi 22 Mai 2010.

  • Ahmad Ezz, ingénieur et homme fort du parti au pouvoir, président du comité de planification au parlement égyptien. 3me fortune d’Egypte, 46 me fortune arabe, avec un patrimoine estimé à 1,5 milliards de dollars. Dénommé l’empereur du fer, il contrôle 60 pour cent du marché égyptien et 40 pour cent des exportations des produits ferrugineux d’Egypte.
  • Mohamad Abou Al Aynayne, chef du groupe parlementaire du PND. 6eme fortune d’Egypte et président du Holding « Ceramica Cléopâtre ».
  • Ahmad Maghrebi, 7 me fortune d’Egypte. Président du groupe hôtelier franco égyptien Accor, il a été assumé les fonctions de ministre du tourisme dans un domaine où planait un risque de confusion des genres. Il a, depuis, troqué son portefeuille du tourisme pour celui de l’habitat.
  • Mohamad Farid Khamis 10me fortune d’Egypte, membre du sénat, président des « Tisserands orientaux », holding groupant des entreprises de tissage et de la pétrochimie.
  • Mohamad Loutfi Mansour, ancien ministre des transports, patron d‘un holding complexe groupant des firmes automobile américaines et européennes (Chevrolet, Oldsmobile et Opel), la firme de matériel agricole Caterpillar, la chaîne de restauration rapide Mac Donald’s ainsi que les Cigarettes Marlboro.
  • Mohamad Rachid, 12 m fortune d’Egypte, ministre du commerce et de l’industrie, président du Holding Fine Foods Unilever, chargé précisément de la commercialisation des produits qui relèvent du commerce et de l’industrie, la marque de thé Lipton, ainsi que les produits cosmétiques Rexona, Sunsilk, Dove et OMO ;
  • Enfin Hicham Taal’at Moustapha, 4me fortune d’Egypte et 48 me fortune arabe, le milliardaire entrepreneur membre influent du PND, qui a défrayé la chronique juridico mondaine en 2009 du fait de son implication dans l’assassinat à Doubaï d’une artiste libanaise Suzanne Yammime.

2-Le projet de l’Union pour la Méditerranée a servi de paravent au président français pour éradiquer toute sensibilité pro arabe au sein de l’administration préfectorale et du dispositif audiovisuel français et la promotion concomitante de personnalités notoirement pro israéliennes. La liste est longue qui va de Bernard Kouchner (Quai d’Orsay), flamboyant ministre des Affaires étrangères à ses débuts contraint à une honteuse normalisation avec le génocidaire du Rwanda, Paul Kagamé, dans la foulée des révélations sur ses connections affairistes avec les dictateurs africains, à Dominique Strauss Khan (FMI), qui se demande à chacun de ses réveils ce qu’il peut bien faire pour Israël et non à la France dont il porte la nationalité, à Arno Klarsfeld (Matignon), réserviste de l’armée israélienne, à Pierre Lellouche (Affaires européennes), à François Zimmeray, ancien vice-président de la commission d’études politiques du CRIF, Ambassadeur pour les Droits de l’homme, en passant par Christine Ockrent (pôle audiovisuel extérieur), Philippe Val (France inter), Valérie Hoffenberg, directrice pour la France de l’American Jewish Committee, représentante spéciale de la France au processus de paix au Proche-Orient, à la toute dernière recrue, Dov Zerah, président du consistoire israélite de Paris et secrétaire général adjoint de la Fondation France Israël, promu à la tête de l’Agence pour le développement chargée de l’aide à l’Afrique. Une promotion accompagnée parallèlement de la mise à l’écart de Bruno Guigue (administration préfectorale), de la mise à l’index de l’universitaire Vincent Geisser et de l’éviction de Richard Labévière (Média) ainsi que de Waheeb Abou Wassil, seul palestinien du dispositif médiatique extérieur.

3- Primus inter pares : le premier parmi ses pairs.

René Naba

Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information.

Rene Naba est l’auteur des ouvrages suivants :

« De notre envoyé spécial, un correspondant sur le théâtre du monde » Editions l’Harmattan Mai 2009

« La Libye, la révolution comme alibi » Editions du Cygne septembre 2008

« Liban : chroniques d’un pays en sursis » Editions du Cygne janvier 2008 , « Aux origines de la tragédie arabe » – Editions Bachari 2006. « Du bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français »- Harmattan 2002.

« Rafic Hariri, un homme d’affaires, premier ministre » (Harmattan 2000). « Guerre des ondes, guerre de religion, la bataille hertzienne dans le ciel méditerranéen » (Harmattan 1998).

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Sunday, August 01, 2010

Le drame algérien: aveux d'un ex agent....

Massacre de Beni Messous 1997 : l’ordre venait du général Toufik

Par Madjid Laribi, Le Maghrébin, 31 juillet 2010

Sur la chaîne satellitaire « El Hiwar », dans l’émission « Biwuduh », l’ex agent du DRS Karim Moulay, est revenu dans son témoignage sur certains drames qu’a connu l’Algérie durant le décennie noire. Du massacre de sidi Youcef à Benni Messous au assassinats de personnes connus ou anonymes, Karim Moulay a dressé un tableau de ce que ont les citoyens avaient subi des années durant dans l’Algérois.

Le massacre de Beni Messous :

Selon le témoignage de Karim Moulay, l’ordre de massacrer les populations avait été donné par le général Toufik. C’était un lieu idéal d’investissement pour la famille du général qui avait déjà des ateliers dans le quartier et qui avait besoin d’élargir leur business, surtout après avoir reçu beaucoup d’argent des banques et contracté des contrats juteux avec les Saoudiens et les Espagnoles. Selon ses déclarations, le neveu du Général Toufik, le dénommé Abdellatif, était déjà installé dans les lieux avec trois ateliers et avait urgemment besoin d’extension.
« Abdellatif était un ami, je lui rendais visite souvent dans ses ateliers à sidi Moussa. Mais un jour il m’avait dit, au moment ou il soudait les portes de ses ateliers, ne viens pas me voir entre le 2 et le 10 septembre en insistant la dessus », a témoigné l’ex agent qui a rajouté que plus de 200 personnes avaient été massacrées la nuit du 5 septembre 1997, à quelques lieux seulement des casernes. Par les suites, le reste des habitants avaient quitté les lieux en vendant leurs biens à des prix vraiment dérisoires.

Mars 1997 sur l’autoroute Zeralda :

En mars 1997, sur l’autoroute de Zéralada, sept citoyens avaient été assassinés par un groupe terroriste islamiste selon la presse de l’époque. Aujourd’hui, Karim Moulay affirme sur le plateau de la chaîne El Hiwar qu’il était sur les lieux. Avec Abassi dit abdlkader, son officier traitant, et quatre de ses acolytes, ils revenaient d’un bar et ils avaient décidé cette nuit là de dresser un faux barrage. Ils s’étaient, excepté lui, déguisés en islamistes, avec des barbes et des « kamisses » afghans, et ils avaient arrêté deux véhicules sur l’autoroute. Les sept passagers avaient été mitraillés après les avoir fait descendre de leurs voitures.
Selon ses témoignages, leur chef Abassi disait qu’en poussant la barbarie à l’extrême, nous aurons le soutien des occidentaux.

Assassinats :

Karim Moulay a aussi évoqué d’autres assassinats. Comme celui de Salah Djebaïli, recteur de l’université de Bab Ezzouar, le 31 mai 1994. C’est lui qui avait donné les indications à Abassi dit Abdelkader, mais il ne savait pas, selon ses dires, qu’ils allaient l’exécuté froidement à la sortie de l’université, à 500 mètres seulement de deux barrages des forces de l’ordre.
La journaliste Hayat de Bousaada avait été tué par la même équipe parce qu’elle avait refusé de travailler avec eux.
L’étudiant Hamza Mohamed de l’Institut polytechnique d’El Harrach, u activiste islamiste, avait été lui aussi exécuté et c’est Karim Moulay qui avait renseigné ses assassins.
Un autre étudiant proche du FIS, le nommé Bedrane Mohammed avait été enlevé devant l’amphithéâtre M et c’était lui qui les avait emmenés jusqu’à lui. Depuis il avait disparu.
Son officiers traitant, le sinistre Abassi lui avait confirmé l’implication de son service dans l’assassinat de djillali Liabes, directeur de l’Institut des études stratégiques et ex ministre ainsi que dans l’assassinat de Hamoud Hambli, enseignant à l’université de Tizi-Ouzou.

Karim Moulay a évoqué aussi d’autres affaires et les méthodes utilisées par le DRS. Il dira aussi que « j’ai essayé de quitter le DRS lorsque j’ai vu ce qu’il faisait réellement, mais Abassi m’avait dit : une seule balle suffit, la liste des victimes du terrorisme est longue ».

http://www.algeria-watch.org/fr/mrv/mrvreve/moulay_temoignage.htm/

Destruction massive de l'Irak


الدمار الشامل للعراق : الاعتقال و السجون/


بقلم: الناصر خشيني- تونس

السبت, 31 يوليو 2010

02:19 صلاح علام أقلام من الوطن


اخبار العرب- كندا: خاص ومباشر: الدمار الشامل للعراق وهي عبارة عن الملفات السوداء لاحتلال العراق وتدميره وهي سلسلة من المقالات أسلط فيها الضوء على جرائم الاحتلال وتدمير العراق دمارا شاملا تضمن الشعب و الأرض والحضارة و النسيج الاجتماعي من

أجل نهب ثرواته و تحقيقا لأمن الصهاينة في فلسطين وتقاسما للأدوار القذرة مع الفرس الا أن الشعب العراقي بالرغم من عظم مصائبه كان عظيما في ردود افعاله وتحمل بكل اباء و شموخ كل الآلام وقهر بعذاباته و دمائه التي سفكت انهارا ودموع ثكالاه وايتامه كل عنجهية المحتلين وغدر الخائنين واليوم نتحدث عن ملف الاعتقال و السجون .

فمن الناحية القانونية والانسانية لا يجوز لقوى الاحتلال احتلال أراضي الغير بالقوة الغاشمة ودون تفويض من مجلس الأمن فهي حرب ظالمة بكل المقاييس وكل ما يترتب عن ذلك فهو باطل وأما ما يقوم به الشعب العراقي بعد حل جيشه وتدمير دولته فهو مقاومة مشروعة وأما القوات المحتلة فهي المجرمة ما في ذلك شك وهذا هو الأصل في التوصيف القانوني للأطراف المتصارعة وبناء عليه فلا يجوز لقوى الاحتلال اعتقال المدنيين العزل وانما فقط تأسر العسكريين الذين يواجهونها في الميدان بطريقة حضارية راقية ولكن الاحتلال الأمريكي للعراق قدم للبشرية نموذجا غريبا في التعامل القاسي و الهمجي و الوحشي في طريقة اعتقال العراقيين بحيث كان يتم تقييد أيديهم بوسائل بشعة جدا تترك آثارها على يد المعتقل وربما تستمر لدى البعض منهم مدى الحياة ثم وضع أكياس بلاستيكية على رؤوسهم من شأنها منعهم من التنفس بطريقة طبيعية وهذا ما رأيناه على شاشات التلفزيون بشكل مباشر وما خفي كان أعظم ومن ذلك الاعدامات للمعتقلين في بيوتهم أو أمامها على مرأى ومسمع من ذويهم و جيرانهم بلا محاكمة و لا محاضر بحث فأي عدوان أبشع من هذا اضافة الى ذلك نقل المعتقلين في ظروف غير مناسبة حيث يتم الزج بهم في شاحنات وكأنهم حيوانات أو مجرد سلع والهدف من كل ذلك اذلال العراقيين الأباة و جعلهم ي!

ستسل

مون لارادة المجرمين و لكن هيهات الذلة من شعب علم البشرية كل معاني الحضارة الراقية والكرامة .

وعند الوصول الى المعتقل يبدأ فصل جديد من سوء المعاملة و أصناف من التعذيب الوحشي بطريقة غير انسانية لا يفعلها الا أراذل البشر حتى وصل الأمر الى اغتصاب الرجال و النساء على حد سواء فقد ثبت اعتقال عشرة آلاف امرأة عراقية ماجدة وقع اغتصاب خمسة وتسعين بالمآئة منهن وان هذا الأمر يعتبر في ثقافتنا العربية الاسلامية أكبر اهانة توجه لنا وهي المساس بالعرض .

واقدم لكم ماورد في الدراسة التي أعدتها أسماء الحيدري و نشرها مركز صقر للدراسات الاستراتيجية وهو مركز محترم ويعتمد على احصائيات موثقة فيما يخص السجون والاعتقال حيث ورد مايلي

10. يشهد العراق أكبر عدد سجون في العالم فيه 36 سجناً عدا سجن أبو غريب الذي يعد الأرحم من بينها رغم فضائحه الفظيعة، وتضم هذه السجون 400 ألف معتقل منهم 6500 حدث و 10 آلاف امرأة}[9].

11. كان لدينا 26 ألف معتقل ولدينا اليوم (23500) ألف معتقل (525) حدث دون سن أل (18) سنة، و (18) سيدة، وهناك (10%) من المعتقلين فقط يمثلون في قضايا أمام المحاكم العراقية}[10].

12. أن 92% من المعتقلين أو ذويهم أصيبوا بالكآبة و أمراض نفسية أخرى مثل الفصام والذهان , فيما تراجع المستوى العلمي لأبنائهم بنسبة 82%، وأن 56% من ذويهم فقدوا معيلهم، وان 59% منهم دخلوا المعتقلات جراء خلافات شخصية ودعاوى كيدية}[11].

13. 100% هي نسبة التعذيب في المعتقلات الحكومية وكما يلي:

أ – تعرضوا جميعا لنوع واحد أو عدة أنواع من التعذيب.

ب – لم بقدم أي منهم لمحكمة وان تم التحقيق مع البعض منهم.

ت – إن 87% منهم لا يعرفون سبب اعتقالهم

ث – إن مدة احتجازهم تراوحت بين ثلاثة أشهر وأربع سنوات.

ج – إن 81% منهم لم يحظوا بأية زيارة من أقاربهم أو ذويهم}[12].

14. (15,813) معتقل عدد ما تم رصده من اعتقالات طالت المواطنين خلال العام 2009 فقط}[13].

15. (7334) معتقل في (903) حملة دهم وتفتيش؛ عدد ما تم رصده من خلال ما هو معلن من تصريحات بعض من الأجهزة الأمنية الحكومية وخلا ل خمسة أشهر فقط للفترة من 1/12/2009 وحتى 30/4/2010}[14].

16. إن السجون الحكومية تكتظ الآن بالمعتقلين نتيجة استمرار الاعتقالات العشوائية التي تنفذها القوات الحكومية يوميا}[15].

17. إن هناك حالات تعذيب نفسي وجسدي في المعتقلات؛ ومن خلال زياراتنا للمعتقلات رأينا أن هناك من يتعرض لأبشع أنواع التعذيب من اجل انتزاع الاعترافات منهم بالقوة وان القوات الحكومية التي تشرف على هذه المعتقلات تستخدم شتى أنواع التعذيب من بينها الرجات الكهربائية والتعليق من الخلف، إضافة الى الممارسات اللا إنسانية الأخرى}[16].

18. إن من الأسباب الرئيسية لوفاة المساجين وانتشار المرض هو ضعف إدارة السجن وعدم توفيرها للمواد الصحية والغذائية المناسبة للمسجونين". كما إن إدارة السجن تتعامل بشكل "لا أخلاقي " مع المسجونين من كلام بذيء وعبارات طائفية وعدم الاهتمام بشكل عام بالسجناء}[17].

19. أن السلطات الحكومية نفذت حكم الإعدام بما لا يقل عن 120 عراقيا خلال الفترة الماضية من العام 2009 فيما ينتظر 900 آخرون المصير ذاته، ومن بينهم 17 امرأة، وأن العديد من المحكومين بالإعدام أدينوا خلال محاكمات غير عادلة بناء على اعترافات انتزعت بالقوة أو ممارسة التعذيب، وكانت قد صدرت أحكام بإعدام نحو 285 شخصا خلال عام 2008، كما صدرت أحكام مماثلة عام 2007 بحق 199 شخصا، في حين تم إعدام 65 شخصا عام 2006}[18].

السجون السرية:

20. إن هناك "أكثر من "420 مركز اعتقال سري في العراق فضلا عن السجون المعلنة التي تقدر بـ"37" سجنا.. تجري فيها انتهاكات خطيرة لحقوق الإنسان، من قبل قوات الاحتلال أو من قبل السلطات الحكومية بمختلف طوائفها}[19].

21. هناك ما يزيد عن 3500" معتقل" في أماكن سرية تابعة لوزارة الداخلية، يمارس ضدهم التعذيب اليومي المبرمج، حتى أصبحوا مستعدين للاعتراف بأية جريمة خلاصاً من تعذيب لا يطاق}[20].

22. إن لدي معلومات رصينة تفيد بوجود عدد من السجون السرية وإن آلاف العراقيين ما زالوا يُقتادون الى أماكن غير معروفة، استنادا إلى الشبهات وبغية الابتزاز من دون تهم أو أوامر "إلقاء قبض}[21].

23. إن المحتجزين في مركز احتجاز سرّي في بغداد تعرضوا للتعليق من أرجلهم وحُرموا من الهواء وتعرضوا للركل والضرب بالسياط والأيدي، والصعق بالكهرباء والاغتصاب، في إجراء منهجي متكرر على أيدي المحققين، وقال الكثيرون منهم إنهم أُجبروا على التوقيع على اعترافات كاذبة}[22].

24. إن ممارسات تعذيب السجناء وضربهم وهتك عرضهم كانت "ممارسات معتادة في سجن غير شرعي تابع لوحدة عسكرية تحت قيادة مكتب رئيس الوزراء الحالي نوري المالكي، وإن الندوب والإصابات الحديثة التي أظهرها السجناء كانت نتيجة التعذيب الروتيني والمنظم الذي تعرضوا له على أيدي المحققين في المثنى}[23].

25. ما حدث في سجن المثنى مثال على التجاوزات المروعة التي يقول زعماء العراق الجدد إنهم يريدون تركها وراءهم}[24].

وعموما فان الاعتقال يتم في ظروف مادية و نفسية غير مناسبة انسانيا من حيث الظروف القاسية جدا التي يقيم فيها المعتقلون حيث التجويع والحر الشديد في الغرف أو البرد القارس وعدم التهوئة الكافية وانعدام الرعاية الصحية فضلا عن التعذيب الذي يمارس بشكل منهجي .

أما وسائل التحقيق و انتزاع الاعترافات للحصول على المعلومات فانها العملية الأقذر و الأكثر اجراما وايلاما للمعتقلين حيث تستعمل كل الوسائل الخبيثة واللانسانية وعندما نتذكر فضائح أبو غريب او المطارأو بوكر فان الأبدان تقشعر من هول الذي حصل و يحصل للأبطال من شعب العراق وخاصة اذا تذكرنا أن من يفعل هذا هم الأمريكان الدولة العظمى في العالم الا أنها بعد دخولها للعراق لم تعد كذلك الا في الجريمة و البطش و انعدام الانسانية ومع ذلك فالعراقيون لم يستسلموا بل قاوموا بكل اباء وعز وأفشلوا المشروع الاستعماري الخبيث الذي كان معدا للمنطقة ككل وبات الكيان الصهيوني الآن في أسوا حال له فلله درك من شعب عظيم يا عراق .

الناصر خشيني نابل تونس

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http://www.arabnews.ca/NEWS1/index.php?option=com_content&view=article&id=1564:2010-07-31-07-25-46&catid=67:2010-03-22-10-26-03&Itemid=392/

Déchets radioactifs US et Israéliens en Irak


مصادر تكشف عن اتفاق سري بين الاحتلال الأمريكي والكيان الصهيوني على دفن نفاياتهما في صحراء العراق


01 /08 /2010


نقل موقع عن مصادره العراقية الرسمية وجود اتفاق سري أبرم مؤخرا بين إدارة الاحتلال الأمريكي والكيان الصهيوني يتضمن السماح لهذا العدو بدفن النفايات النووية والمخلفات السامة الناجمة عن المفاعلات النووية الصهيونية في منطقة الأنبار غرب العراق. وأشارت المصادر العراقية

-التي فضلت عدم الكشف عنها بالاسم خوفا على حياتها- إلى ان طائرات وشاحنات صهيونية ستعمل بموجب هذا الاتفاق على نقل هذه النفايات من فلسطين المحتلة إلى منطقة في صحراء الأنبار قريبة من الحدود العراقية السورية، وفق الحقيقة الدولية.

وكانت صحيفة "التايمز" البريطانية قد كشفت مؤخرا عن ارتكاب قوات الاحتلال الأمريكية في العراق مخالفات شديدة بدفنها نفايات سامَّة تؤثر على البشر والحياة قبل الانسحاب المزعوم لمعظم قواتها من العراق العام الحالي.

وأكدت الصحيفة أنها أجرت تحقيقا في خمس محافظات عراقية، منها بغداد والموصل والفلوجة، فاكتشفت أن قوات الاحتلال الأمريكية في العراق تفرغ نفاياتها وتدفنها في الأراضي العراقية أو تتركها خارج القواعد العسكرية، وتزيل علامات التحذير الحمراء الموجودة على العبوات التي تحوي نفايات سامة لتجنب تعرضها للمساءلة.

وأشارت الصحيفة إلى لقائها عددا من المتعاقدين العراقيين مع الاحتلال الأمريكي والمسؤولين عن التخلص من النفايات، فأكدوا أنهم أُصيبوا بأمراض جلدية خطيرة، وأن عددا من العمال قرروا ترك العمل معهم بعد إصابتهم بأمراض الصدر وغيرها.

وتحدثت عن تلوث مساحات واسعة من الأراضي الزراعية القريبة من القواعد العسكرية الأمريكية بالنفايات السامة من مخلفات الوقود والأسلحة الأمريكية لا سيما شمال بغداد وغربها.

وقال شهود عيان في منطق قريبة من القواعد العسكرية الأمريكية: إنهم شاهدوا عددا من الفئران الميتة بالقرب من النفايات السامة بجوار إحدى القواعد العسكرية الأمريكية.

وقد تزايدت أعداد الأطفال العراقيين المولودين بتشوهات خلقية منذ الغزو الأمريكي للعراق في آذار 2003 ولا سيما في مدينة الفلوجة التي تعرضت لقصف عنيف خلال عام 2004 إثر تصاعد عمليات المقاومة ضد قوات الاحتلال.

ويرجح ازدياد عدد الولادات المشوهة في الفلوجة نتيجة استخدام مواد كيماوية خلال القصف الأمريكي للمدينة، وسط تعتيم إعلامي جرى وقتذاك عندما استخدمت قوات الاحتلال الفسفور الأبيض الذي يهدد سلامة البيئة والإنسان والذي تحرم اتفاقية جنيف عام 1980 استخدامه ضد السكان المدنيين أو حتى ضد الأعداء في المناطق التي يقطن فيها مدنيون، وتعدّ استخدامه جريمة حرب.

وقالت الدكتورة سميرة العاني طبيبة الأطفال في مستشفى الفلوجة التعليمي: إن سجلاتها خلال الأسابيع الثلاثة الماضية أشارت إلى وجود 37 طفلاً يعانون من عيوب وتشوهات في الأنبوب العصبي.

وأضافت أنها كانت تسجل حالتين إلى ثلاث حالات في الشهر، وهو ما لم يعهده المستشفى من قبل، مؤكدة أن 22 حالة تشوه خلقي لأطفال جرى تسجيلها في الشهر الثاني من العام الجاري وحده، وهي نسبة آخذة في الارتفاع، بينما سجل أحد الأطباء السنة الماضية 180 حالة لأطفال مصابين بتشوهات خلقية مختلفة في مستشفى المدينة، كما سجلت زيادة في الحالات المعاقة عن العام الماضي.

واستنادا إلى المصادر الصحية العراقية، فإن الأطباء في محافظة الأنبار يوثقون 170 حالة لأطفال ولدوا مشوهين خلال أقل من سنتين، مات منهم حوالي 30 طفلاً في 2009، فضلاً عن تسجيل عشرات الحالات لأمراض سرطانية ولا سيما اللوكيميا بين المواليد الجدد.

وأكد أحد مسؤولي الدفن في إحدى المقابر في الأنبار أنه يستقبل العديد من العائلات التي تدفن أطفالها بعد موتهم بسبب التشوهات، كاشفاً عن أنه يدفن من 4 الى 5 أطفال كل يوم، بعضهم مصابون بتشوهات خلقية، معتبراً ذلك من تداعيات الغزو الأمريكي على الأطفال في الفلوجة.

وكالات + الهيئة نت

http://www.iraq-amsi.com/Portal/news.php?action=view&id=45723&ddacf5fa119273dcb743c9b98aa0a277/