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Tuesday, October 05, 2010

Ahmed Simozrag: qui s'en souvient?

In Le Reporter, n°55 du 1er au 14 octobre 2010

L’Algérien Ahmed Simozrag vit sous surveillance au Burkina depuis plus de seize ans. Il a été expulsé de France, le 31 août 1994, avec 19 autres personnes, notamment des Algériens et un Marocain. Le ministre français de l’Intérieur de l’époque, Charles Pasqua, les avait accusés d’être des terroristes ou d’avoir des connexions avec des organisations terroristes. Sur cette question, Ahmed Simozrag, avocat de son état, tape du poing sur la table: «Le ministre n’avait aucune preuve contre nous. S’il avait la moindre preuve, nous aurions été en prison. Il ne nous aurait pas expulsés. Mais il l’a fait, au mépris de la loi française et du droit international. Nous avons été expulsés par le gouvernement d’un pays qui se dit berceau des droits de l’Homme et respectueux des droits de l’Homme». Mais Me Ahmed Simozrag ne s’arrête pas là. Il déplore le silence des autorités burkinabè face à cette «injustice criarde». Complicité entre autorités françaises et burkinabè ? «Ce n’est pas exclu. Le fait d’être silencieux, passif, indifférent face à cette injustice inqualifiable et qui dure depuis seize ans, est une forme de complicité», tranche, catégorique, l’homme de droit. Et voici Ahmed Simozrag qui parle d’Al Qaida. Et il va droit au but: «Al Qaida est une réponse aux injustices qui sévissent dans le monde. Son action est une réaction à une situation et non une agression. C’est en quelque sorte une légitime défense». Mais cet homme, aujourd’hui âgé de 68 ans, plaide pour la libération des sept employés d’AREVA pris, récemment, dans les filets d’Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI). «Si j’avais des contacts avec Al Qaida, je lui aurais demandé de libérer les otages». Et ce n’est pas tout…

«Le Reporter»: Avec le recul, quel regard portez-vous sur votre expulsion de France ?

Me Ahmed Simozrag: «Nous sommes victimes d’une injustice criarde, qui frappe aussi nos familles, nos enfants, nos épouses. Malheureusement, cette injustice perdure. Nous avons fait seize ans d’exil forcé. C’est une injustice criarde, inqualifiable. Ce qui me laisse perplexe et ébahi, c’est l’indifférence des organisations des droits de l’Homme. Mais aussi le fait que je sois expulsé par le gouvernement d’un pays qui se dit berceau des droits de l’Homme et respectueux des droits de l’Homme. Le regard que je porte sur ces événements est donc un regard de déception, un regard négatif sur un monde où les droits de l’Homme n’existent que superficiellement, par la parole et sur les papiers. Mais dans la pratique, ces droits n’existent pas; ils ne sont pas appliqués.

Voulez-vous dire que jusqu’à présent, vous n’avez pas obtenu le soutien d’organisations de défense des droits humains ?

Je n’ai pas obtenu leur soutien. Pendant les premiers mois après notre expulsion, il y a eu la réaction de quelques organisations de défense des droits humains. Mais après, notre cas est tombé dans l’oubli. L’oubli le plus absolu. Raison pour laquelle l’injustice dont nous sommes victimes dure depuis seize ans.

Dites-nous, de façon concrète, pourquoi vous avez été expulsé ?

Si je vous dis que je ne sais pas, vous n’allez peut-être pas me croire. Je ne sais pas pourquoi parce que je n’ai rien fait pour être expulsé. Il y avait des troubles en Algérie, une crise entre le Front islamique du salut (FIS) et le pouvoir algérien. Le FIS avait gagné les élections mais on l’a détrôné injustement. On lui a confisqué sa victoire. Les élections ont été annulées à la suite d’un coup d’Etat. J’étais, entre-temps, l’avocat du FIS. Est-ce pour cela que j’ai été expulsé ? Je ne sais pas. Je me pose toujours la question. Si c’est à cause de cela, ça ne peut pas se justifier, parce que être l’avocat d’un parti politique, d’un présumé délinquant ou d’un présumé criminel s’inscrit dans l’ordre normal de notre profession. Il ne faut jamais oublier la présomption d’innocence dont bénéficient les accusés. Et c’est le rôle d’un avocat de les défendre.

Le ministre français de l’Intérieur, Charles Pasqua, vous avait pourtant accusés, à l’époque, de soutenir ou d’appartenir à des «organisations terroristes»…

C’est Pasqua qui nous accuse, pas la Justice ! Entre Pasqua et la Justice, il y a une différence. L’accusation de Pasqua était une simple allégation. Il croyait que nous étions des terroristes parce que le FIS lui-même était considéré comme une organisation terroriste. Et si le FIS était une organisation terroriste, comment se fait-il que le peuple algérien l’ait élu et choisi pour lui confier la conduite des affaires du pays ? Pasqua a voulu faire croire que le peuple algérien a élu une organisation terroriste, puisque le FIS a gagné les élections. Mais il oublie que si le FIS a gagné le scrutin, c’est parce que le peuple algérien avait confiance à ce parti politique. Entre trois et quatre millions d’Algériens ont voté pour le FIS. Vous voyez le paradoxe ! Franchement, je ne vois pas où se trouve le terrorisme. Je ne comprends pas non plus pourquoi Pasqua tient absolument à afficher l’étiquette de «terroriste» sur d’honnêtes citoyens.

Le ministre n’avait donc aucune preuve contre vous ?

Il n’avait aucune preuve. C’est la raison pour laquelle il nous a expulsés. S’il avait la moindre preuve, nous aurions été en prison. Il ne nous aurait pas expulsés. C’est justement parce qu’il n’a pas trouvé de preuve et parce qu’il fait partie d’un camp un peu xénophobe, raciste et extrémiste, ou peut-être qu’il a obéi à des ordres venant d’Alger, qu’il nous a expulsés. Mais quelles que soient les raisons, c’est Pasqua qui nous a expulsés, au mépris de la loi française, du droit français et du droit international.

Vous avez demandé qu’il y ait un procès afin que la lumière soit faite sur cette affaire. Pourquoi, selon vous, le procès n’a jamais eu lieu ?

Il est difficile de faire reconnaître son tort à quelqu’un, a fortiori à des autorités, à un gouvernement, à des dirigeants. Nous avons demandé, à maintes reprises, que cette situation fasse l’objet d’une réparation. Mais nous n’avons pas été écoutés. Nous avons exprimé la demande depuis le début de cette affaire, mais notre cas a été totalement oublié. Il y a cependant certains d’entre nous dont la Justice a annulé l’arrêté d’expulsion pris par le gouvernement français à l’époque. Malgré cela, ils n’ont pas pu retourner en France parce qu’on leur a refusé le visa. C’est le comble de l’arbitraire et de l’injustice. C’est-à-dire qu’avec la raison d’Etat, il n’y a pas de justice qui compte. Rien ne compte. C’est la raison d’Etat qui se trouve au-dessus de toutes les lois. La preuve, c’est que nous avons deux frères dont les arrêtés d’expulsion ont été annulés mais on les empêche de retourner en France. Or, l’annulation de l’arrêté d’expulsion signifie qu’on doit les remettre dans la situation où ils étaient avant leur expulsion. Ils doivent donc retourner en France. Malheureusement, ils n’ont pas obtenu le visa. Peut-être que parmi les raisons, il y a le fait que l’Etat français ne veut pas se mettre dans une situation qui l’oblige à reconnaître ses torts et à indemniser les victimes.

Avez-vous, dans le cadre de la résolution de cette affaire, demandé l’aide des autorités burkinabè ?

Elles sont au courant de notre problème de A à Z. Elles n’ont même pas besoin d’être saisies. Nous ne cessons de leur parler de cette injustice que nous subissons depuis le 31 août 1994. Les autorités burkinabè sont coresponsables de notre situation. Elles savent que nous sommes au Burkina Faso. Elles savent que nous sommes sans famille, que nos enfants en France ont grandi sans nous et ont besoin de nous; elles savent que cette situation n’aurait pas dû perdurer. Nous leur avons expliqué nos préoccupations; nous leur avons écrit; des journaux, des radios et des télés ont parlé de notre cas.

Et malgré cela, il n’y a eu aucune réaction des autorités burkinabè ?

Aucune !

Pensez-vous à une complicité entre les autorités françaises et burkinabè ?

Ce n’est pas exclu. Le fait d’être silencieux, passif, indifférent face à une injustice est une forme de complicité. On ne peut pas dire que le Burkina le souhaite, mais le fait de ne pas réagir traduit une espèce de complicité… involontaire, en quelque sorte.

Pourtant, aujourd’hui, le président du Faso s’investit pour la résolution des crises dans certains pays africains et pour la libération de certains otages d’Al Qaida. Pourquoi ne saisissez-vous pas cette occasion pour lui demander de vous aider à résoudre le différend qui vous oppose à la France ?

Vous avez raison ! D’autant plus que nous sommes dans un pays où le Président est connu comme un grand médiateur dans les pays de la sous-région, voire sur le plan international. Il est souhaitable pour nous d’obtenir la médiation ou l’intervention du président du Faso.

De façon concrète, que voulez-vous qu’il fasse ?

Nous souhaitons une intervention afin de nous permettre de retourner en France, dans nos familles.

Et d’être indemnisés pour le préjudice que vous avez subi ?

Je ne peux pas, pour le moment, parler d’indemnisation. Tout dépend de la situation dans laquelle nous allons retrouver nos familles. S’il n’y a pas de gros préjudices, nous n’aurons pas besoin d’indemnisation. Du moins, en ce qui me concerne. Moi, j’ai besoin de ma famille et de mes enfants. Mais si je suis confronté à une situation financière difficile, il est évident que quand on commet une erreur, une ineptie, on doit réparer.

Envisagez-vous de poser plainte contre l’Etat français ?

Absolument ! C’est la moindre des choses. Nous avons déjà posé plainte, mais elle a été bloquée à un certain niveau de la procédure. Mais cela ne signifie pas que d’autres plaintes ne soient pas possibles. C’est le moindre des droits auxquels nous devons prétendre, c’est-à-dire le droit de poser plainte contre l’injustice que nous subissons et l’auteur de cette injustice

Vous sentez-vous vraiment en sécurité au Burkina Faso ?

Je ne pense pas que nous sommes totalement en sécurité. Même si le Burkina est un pays pacifique et paisible, en tout cas jusqu’à présent, il est difficile de dire que nous sommes vraiment en sécurité parce que la situation peut changer d’un moment à un autre, d’un jour à un autre.

Il semble que vous êtes sous surveillance 24h/24…

Je suis sous surveillance depuis mon arrivée, depuis seize ans.

Vous n’êtes donc pas libre de vos mouvements…

Pas du tout. Je suis, en quelque sorte, dans une situation de résidence surveillée ; c’est-à-dire un régime de semi liberté. Je ne peux pas me déplacer comme je veux, voyager comme je veux. Les gardes sont toujours devant ma porte. Vous l’avez certainement constaté.

Depuis seize ans, vous n’avez donc jamais eu l’autorisation d’aller dans un autre pays ?

Non ! Je n’ai pas la possibilité de quitter le Burkina. Je n’ai même pas de passeport.

En 1995, un incident a opposé des expulsés à des militaires burkinabè; en 1996, un autre incident s’est produit pendant le sommet France-Afrique et des expulsés ont frôlé la mort; en 2006, l’un des expulsés a reçu une balle dans le dos… Pourquoi cette tension permanente ?

Ce sont des événements dramatiques qui ont émaillé notre exil et que nous ne pouvons pas oublier. Pendant le sommet France-Afrique, des militaires nous ont enfermés et ont voulu garder les clés. L’incident s’est produit suite à cette privation de liberté. Le frère (l’un des expulsés, NDLR) a voulu garder les clés mais les agents de sécurité, eux, ont voulu partir avec les clés. Il y a eu une altercation et le frère a retiré l’arme du militaire parce qu’il craignait que ce dernier fasse usage de cette arme. L’agent de sécurité a alors voulu utiliser une grenade. Mais nous avons pu régler le problème grâce à Dieu et grâce à mon intervention. Je suis l’aîné et les petits frères m’écoutent. J’ai donc demandé que l’arme soit restituée; ce qui a été fait et l’incident a été clos.

Il y a eu un fait semblable en 1995 lorsque certains expulsés ont voulu partir sans aviser les autorités. Mais nous avons réglé le problème à l’amiable.

Concernant la balle que le frère a reçue, nous ne savons pas exactement comment les choses se sont passées. C’était pendant la mutinerie des gendarmes et des policiers en décembre 2006. Il s’agissait, peut-être d’une balle perdue. Personnellement, je ne vois pas la raison pour laquelle on nous tirerait dessus. Là aussi, la situation s’est réglée. Le frère s’est rétabli, malgré les séquelles qu’il porte toujours. Tout cela me rappelle un adage arabe selon lequel «toute épreuve qui n’est pas la mort est favorable». A partir du moment où l’un d’entre nous n’est pas mort, on considère que c’est une réussite, un succès. On peut oublier les incidents de parcours. Notre situation dure depuis seize ans et nous sommes heureux d’en sortir indemnes.

Malgré vos seize ans d’«exil forcé», vous semblez vivre votre situation avec beaucoup de philosophie…

Il le faut, même si la situation est difficile. Il faut de la philosophie et de la sagesse. De la patience surtout. C’est la patience qui m’a fait supporter et résister à d’autres choses que vous n’avez pas citées.

Lesquelles ?

Par exemple, la tentative de suicide de ma fille, des cas de hold up chez moi, à Paris, des querelles et des malentendus, soit entre nous expulsés, soit avec les autorités burkinabè, des problèmes que nous avons réglés grâce à notre patience.

Vous parlez de problèmes avec les autorités. De quoi s’agit-il exactement ?

On ne peut pas vivre pendant seize ans sans avoir de problèmes. Il s’agit notamment de problèmes en matière de logement, de transport, etc. Au début, nous avions voulu sortir, de temps en temps, aller par exemple sur des sites touristiques, mais nous n’avons pas toujours eu de réponses favorables de la part des autorités. Nous avons beaucoup de besoins qui n’ont pas été satisfaits.

Vous étiez vingt au départ. Aujourd’hui, vous êtes six au Burkina. Où sont passés les autres ?

Ils sont partis. Ils sont dispersés en Suisse, en Angleterre, en Hollande et même en France.

Ont-ils pu obtenir le visa ?

Ils ont obtenu des jugements en leur faveur et qui leur ont permis de réintégrer leurs familles en France.

Parmi les six actuellement au Burkina, deux ont obtenu l’annulation de l’arrêté d’expulsion les concernant. Mais ils sont bloqués ici. A quoi cela est-il dû ?

Dans un premier temps, deux qui étaient dans le même cas ont pu retourner en France. Mais récemment, deux autres ont obtenu l’annulation de l’arrêté d’expulsion, donc ayant bénéficié d’un jugement similaire, mais ils n’arrivent pas à obtenir le visa.

Avez-vous un appel particulier à lancer à l’endroit des autorités burkinabè ?

Je leur demande de s’occuper de notre situation pour nous permettre de retrouver nos familles, de mettre fin à cette situation d’exil qui dure depuis seize ans. Le Burkina est notre seconde patrie en quelque sorte, mais nous ne sommes pas venus au Burkina de notre plein gré. On nous a emmenés de force au Burkina Faso. Même si on vous met au paradis de force, je ne pense pas que vous accepteriez. Là où il n’y a pas de liberté, il n’y a pas de bonheur. Il est du devoir des autorités burkinabè d’intervenir en notre faveur pour que nous puissions regagner nos familles et qu’il soit mis fin à cette injustice qui n’est conforme ni au droit burkinabè, ni au droit international. Je suis au Burkina mais je ne suis pas Burkinabè. Je suis un étranger sans papiers au Burkina Faso, alors que je devrais être détenteur d’un passeport avec visa !

Du fond du cœur, qu’avez-vous envie de dire au Président français par rapport à cette situation ?

J’ai envie de lui dire d’appliquer le droit. Qu’il fasse en sorte que la loi française soit appliquée.

Récemment, cinq Français, un Togolais et un Malgache ont été pris en otages par Al Qaida au Maghreb islamique ? Quel commentaire cela vous inspire-t-il ?

C’est malheureux d’apprendre que certains employés de la société AREVA ont été enlevés au Niger. C’est aussi malheureux d’apprendre la mort de Michel Germaneau. C’est très malheureux ! Quand on suit les événements, on ne comprend pas tout ce qui se passe. On ne comprend que certains aspects de la situation. Je n’ai pas compris pourquoi le gouvernement français a lancé un assaut pour libérer Michel Germaneau alors que les autres s’apprêtaient à le libérer. On peut dire que ce n’est pas Al Qaida qui a tué Michel Germaneau; ce sont les auteurs de l’assaut qui ont provoqué son assassinat. La sagesse prône le contraire, notamment le dialogue, la concertation, mais pas la force. La force ne peut pas régler tous les problèmes. Si j’avais des contacts avec Al Qaida, je leur aurais demandé de libérer les otages. C’est un souhait. Mais comme je ne connais pas encore le fond de leurs revendications, c’est juste un souhait que j’exprime. Je prie pour que Dieu facilite leur libération. Et je déconseille tout usage de la force parce que cela n’entraînera qu’une issue défavorable, des conséquences désastreuses pour la vie des otages.

Vous aviez lancé un appel pour que la Burkinabè Philomène Kaboré et son époux italien, otages d’Al Qaida, soient libérés et, curieusement, quelques jours après, ils ont été libérés. Al Qaida a-t-il entendu votre appel ?

La prière de l’innocent, de la victime, est toujours exhaussée. C’est peut-être dans ce sens qu’il faut considérer notre appel. Espérons que la même chose se produira pour les sept employés d’AREVA. Nous prions Dieu pour qu’il y ait une issue heureuse pour eux. Je lance un appel aux gens d’Al Qaida, afin qu’ils les libèrent parce que leur libération est beaucoup mieux que leur exécution. L’exécution entraîne le regret, mais la libération n’entraîne pas le regret. Faire du bien n’implique aucun regret. J’espère qu’ils vont me comprendre et les mettre en liberté afin qu’ils retrouvent leurs familles. C’est un peu la même situation que la nôtre. Même s’ils sont dans une situation plus grave, il n’est tout aussi pas bon pour un exilé d’être loin de sa famille. Les employés d’AREVA en otage sont des gens innocents, des experts et des travailleurs de la société. Ils ne sont pas des membres de commandos ou des malfaiteurs. Ils méritent d’être libérés. Cela contribuera à une bonne marche vers la paix.

Comprenez-vous pourquoi Al Qaida agit ainsi ?

Al Qaida est une réponse aux injustices qui sévissent dans le monde. C’est suite aux injustices constatées dans le monde que cette organisation a été créée. Elle est, en quelque sorte, nécessaire pour l’équilibre du monde. Je peux même dire que le terrorisme d’Etat ou des Etats engendre un terrorisme parallèle. Je ne peux pas stigmatiser les gens d’Al Qaida parce qu’ils sont suffisamment stigmatisés par les médias occidentaux, arabes, etc. Au contraire, je les vois comme des opprimés qui mènent une vie difficile. On ne peut pas injurier quelqu’un qui mène une vie difficile. Il faut toujours analyser et chercher à savoir pourquoi il mène cette vie difficile alors que d’autres personnes mènent une vie exubérante: des villas, des châteaux, des femmes, des salaires en milliards de francs, alors que lui, il vit une vie de misère dans les maquis, les montagnes, le désert.

Mais lorsqu’il prend en otages des «citoyens innocents», son acte n’est-il pas plus grave que sa situation de misère ?

Son action n’est pas toujours louable. Mais il faut l’analyser ou la regarder comme une réaction à une situation donnée, à une action plus grave. Ce n’est pas dire qu’ils sont autorisés à le faire. Mais il faut voir autrement le problème. Leur action est une conséquence, une réaction à une situation et non une agression. C’est en quelque sorte une légitime défense.

Propos recueillis par Hervé D’AFRICK

Source: Le Reporter (www.reporterbf.net)

LEGENDES

1- Ahmed Simozrag: «Le terrorisme d’Etat ou des Etats engendre un terrorisme parallèle» (Ph. Hervé D’Africk)

2- «On peut dire que ce n’est pas Al Qaida qui a tué Michel Germaneau; ce sont les auteurs de l’assaut qui ont provoqué son assassinat» (Ph. Hervé D’Africk)

3- «Même si on vous met au paradis de force, je ne pense pas que vous accepteriez. Là où il n’y a pas de liberté, il n’y a pas de bonheur» (Ph. Hervé D’Africk)

ACCROCHES

1- «Nous sommes victimes d’une injustice criarde, qui frappe aussi nos familles, nos enfants, nos épouses. Malheureusement, cette injustice perdure. Nous avons fait seize ans d’exil forcé. C’est une injustice criarde, inqualifiable. Ce qui me laisse perplexe et ébahi, c’est l’indifférence des organisations des droits de l’Homme. Mais aussi le fait que je sois expulsé par le gouvernement d’un pays qui se dit berceau des droits de l’Homme et respectueux des droits de l’Homme»

2- «Certes, l’action d’Al Qaida n’est pas toujours louable. Mais il faut l’analyser ou la regarder comme une réaction à une situation donnée, à une action plus grave. Ce n’est pas dire qu’il est autorisé à le faire. Mais il faut voir autrement le problème. Son action est une conséquence, une réaction à une situation et non une agression. C’est en quelque sorte une légitime défense»

3- La prière de l’innocent, de la victime, est toujours exhaussée. C’est peut-être dans ce sens qu’il faut considérer notre appel. Espérons que la même chose se produira pour les sept employés d’AREVA. Nous prions Dieu pour qu’il y ait une issue heureuse pour eux. Je lance un appel aux gens d’Al Qaida, afin qu’ils les libèrent parce que leur libération est beaucoup mieux que leur exécution. L’exécution entraîne le regret, mais la libération n’entraîne pas cela. Faire du bien n’implique aucun regret. J’espère qu’ils vont me comprendre et les mettre en liberté afin qu’ils retrouvent leurs familles. Les employés d’AREVA en otage sont des gens innocents, des experts et des travailleurs de cette société. Ils ne sont pas des membres de commandos ou des malfaiteurs. Ils méritent d’être libérés.

4- «Je demande aux autorités burkinabè de s’occuper de notre situation pour nous permettre de retrouver nos familles, de mettre fin à cette situation d’exil qui dure depuis seize ans. Le Burkina est notre seconde patrie en quelque sorte, mais nous ne sommes pas venus au Burkina de notre plein gré. On nous a emmenés de force au Burkina Faso. Même si on vous met au paradis de force, je ne pense pas que vous accepteriez. Là où il n’y a pas de liberté, il n’y a pas de bonheur. Il est du devoir des autorités burkinabè d’intervenir en notre faveur pour que nous puissions regagner nos familles et qu’il soit mis fin à cette injustice qui n’est conforme ni au droit burkinabè, ni au droit international. Je suis au Burkina mais je ne suis pas Burkinabè. Je suis un étranger sans papiers au Burkina Faso alors que je devrais être détenteur d’un passeport avec visa !»

http://lequotidienenalgerie.blogspot.com/2010/10/la-deportation-de-me-ahmed-simozrag-ou.html/


Sunday, October 03, 2010

Bennabi et les Frères Musulmans


مالك بالنبي و جماعة "الإخوان المسلمون "

يوسف جرارد (1)

ترجمه إلى العربية أحمد المناعي(2)

بعد حوالي الأربعين سنة من وفاة مالك بالنبي (1973) يعسر على الباحث إحصاء الكتب و الأطروحات الجامعية و البحوث و الدراسات و المنابر و الندوات و المقالات التي تناولت فكر الرجل، بحثا و دراسة و تمحيصا و مقارنة و ترويجا و توظيفا سياسيا أيضا و في كثير من اللغات و البلدان.

إنها الطفرة على كتبه، التي ترجمت إلى عديد اللغات، وهو الذي ظل مغمورا حتى في وطنه، الجزائر، إلى آخر حياته، حيث كان يصعب على المرء العثور على أحد كتبه في المكتبات أو قراءة مقال عنه أو له في الصحافة المحلية.

و قد يفسر هذا الإقبال المتنامي على آثار مالك بالنبي بالأزمة الفكرية التي يعيشها كثير من شبابنا و بطوقهم إلى مرجعية فكرية صلبة و متينة تساعدهم على تفكيك الألغاز و الإشكاليات و تيسر لهم فهم خلفيات الظواهر و القضايا التي تؤرقهم و تعصف بمجتمعاتهم. و من أقدر من مالك بالنبي على ذلك في ساحتنا العربية و الإسلامية وهو الذي قال عنه أنور عبد المالك " أنه أحد الفلاسفة الاجتماعيين الأوائل في العالم العربي و في الساحة الإفريقية- الأسيوية في عصرنا" و التي أثبتت الأحداث و الوقائع صواب رؤاه في كثير من القضايا السياسية و الاجتماعية المعاصرة.

غاية هذه الورقة

ليس من غاية هذه الورقة إضافة جديد للكثير الذي كتب عن فكر مالك بالنبي، فقد سبقنا إلى ذلك الكثيرون و أوفوا الأمر حقه. غاية هذه الورقة متواضعة جدا و تتلخص في توضيح العلاقة بينه و بين جماعة الإخوان المسلمين، أكبر و أقدم حركات الإصلاح و التجديد في العالم الإسلامي في القرن الماضي، و بمثل ما تحددت و توضحت به علاقته بجمعية العلماء الجزائريين أو جبهة التحرير الوطني مثلا... و لأن بقاء هذه العلاقة في الغموض الذي اكتنفها طيلة عقود من شأنه أن يريح موقف كل الذين يصرون على الجمع بين انتماء لفكر مالك بالنبي و في الآن نفسه إلى فكر و تنظيم الإخوان المسلمين.. وهو توفيق بين مرجعيتين متناقضتين كما تدل على ذلك كتابات بالنبي منذ سنة 1954، و أصداءها عند بعض منظري الإخوان.

و قد تراءى لي ذلك شخصيا في أول كتاب قرأته لمالك بالنبي لما تعرفت على الرجل في سنة1964 (3)، وهو كتاب " وجهة العالم الإسلامي" في نصه الأصلي بالفرنسية و المنشور في سنة 1954. و قد شدت انتباهي و حيرتني طويلا، ملاحظة أدرجها الكاتب أسفل صفحة كلها إعجاب و تقدير و تثمين لعمل جماعة الإخوان. و قد جاء في الملاحظة ما يلي " إن الاعتبارات المختلفة التي قرأتاها تبقى صالحة بالنسبة للتجربة الشخصية للمؤسس حسن البنا. غير أنه و عقب زيارة الكاتب الأخيرة للمشرق، فإنه يجد نفسه مضطرا لتغيير حكمه في الجماعة نفسها و التي يبدو و أنها تحولت، تحت زعامة قادتها الجدد، إلى مجرد أداة سياسية، منزوعة من ذلك الطابع المؤسس للحضارة الذي كان يود أن يراها عليه. و في هذه المرحلة الجديدة، يبدو أن الحركة لا تستعمل الدين إلا لبلوغ غايات عملية عاجلة".

المترجم.

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-1جماعة " الإخوان المسلمون"

نشأت هذه الجماعة في سنة 1928 في مدينة الإسماعيلية بمصر على يدي الشيخ حسن البنا. و قد حددت لنفسها أهدافا عديدة تتمحور حول الدفاع عن الإسلام و قيمه و تجديد و إحياء عقائده و نشر دعوته. و لبلوغ تلك الأهداف، مارست الجماعة أنشطة كثيرة على مختلف المستويات الاجتماعية و التربوية، فأسست المدارس و نشرت التعليم و أنشأت المصحات و المشافي و دور الأيتام، وهو ما كرس حضورها القوي في المجتمع المصري، في المدن و الأرياف، و حولها شيئا فشيئا إلى طرف سياسي يقرأ له ألف حساب و يثير الإعجاب لدى البعض و العداوة لدى البعض الآخر.

و قد اهتم مالك بالنبي بالجماعة خلال الفترة الممتدة ما بين سنة 1940 و حتى وفاته سنة 1973 فكتب عنها و عن مؤسسها و التقى بفكرها و مناهجها و توجهاتها الإصلاحية في مرحلة أولى، ثم، و ما أن وطأت قدماه أرض مصر، في سنة 1947 ثم سنة 1948، و أحتك بالواقع واتصل بقادة الجماعة و بخصومهم، بدأ يتراجع عن كثير من قناعاته و كتاباته، لا عن كتاباته في الزعيم المؤسس و لكن عن ورثته.

يجب التذكير بأن " الجماعة" عرفت خلال الفترة محل اهتمام بالنبي، مرحلتين كبيرتين، هامتين و مختلفتين. و تمتد الفترة الأولى من يوم نشأتها سنة 1928 إلى يوم حظرها و حلها، على إثر محاولة اغتيال الرئيس جمال عبد الناصر في أكتوبر 1954 بالإسكندرية. ففي هذه الفترة و على الرغم من حلها (1948) و اغتيال زعيمها ( 1949)- أعيد تقنينها سنة 1951، ظلت الجماعة تنشط وتتحرك في المجتمع جهرا و علنا و بدون قيود.(4)

أما المرحلة الثانية من تاريخ هذه الجماعة، فهي التي تبدأ، كما ذكرنا، من نهاية سنة 1954، تاريخ حظرها و منع كل نشاطاتها و اضطرار قياداتها و أعضائها للدخول في السرية أو الهروب إلى الخارج.

و كانت هذه المرحلة هي التي أحتك فيها مالك بالنبي بالمجتمع المصري الحاضن لنشاط هذه الجماعة وهي التي تعرف فيها أيضا على القيادة السياسية المصرية الجديدة ( 1954 و 1955) ثم توسعت شبكة علاقاته بكثير من الأطراف السياسية و الثقافية عندما استقر بالقاهرة في شهر ماي 1956 و كلها عوامل ساعدته على تشكيل نظرته للجماعة و دفعته للتراجع في كثير من مواقفه السابقة إزاءهم.

-2 مالك بالنبي :

ولد مالك بالنبي سنة 1905 في مدينة تبسه من عائلة منحدرة من مدينة قسنطينة و كلاهما في الشرق الجزائري.

و قد زاول تعلمه بالمدينة الأخيرة في مدرسة فرنسية عربية وهو الأمر الذي مكنه من امتلاك نواصي اللغتين العربية و الفرنسية و التزود بمعارف مرجعيات عربية ، إسلامية و غربية و يقال عنه أنه تأثر بابن خلدون في المرجعية الأولى و ب"نيتشة" في المرجعية الثانية وهو يلتقي في هذا مع محمد إقبال. قد حمل مبكرا هموم شعبة الرازح تحت نير الاستعمار و كذلك هموم أمته الإسلامية المقطعة الأوصال و التائهة بين تمجيد ماض ولى وانقضى و توق إلى مستقبل لم تتضح صورته بعد.

و قد ألف مالك بالنبي أكثر من عشرين كتاب بحث فيها شروط نهضة المجتمعات و البلاد الإسلامية و بنائها للكيانات السياسية التي تليق بها في هذا العالم المعاصر و كيفية مساهمتها في الحضارة الإنسانية. و يعتبر كتابه" وجهة العالم الإسلامي" الذي ألفه في سنة 1950 و لم يتيسر له نشره إلا في سنة 1954 ، يعتبر أهم مؤلفاته ، إذ جمع فيه خلاصة أفكاره التي تناولتها كتبه السابقة و مجمع رؤاه المستقبلية في حظوظ المسلم المعاصر في بناء الحضارة و بعودة الحديث و الجدل حول ما سمي " بفقه التحرير"، وهو ذلك التيار الفكري الاجتماعي و السياسي المسيحي الذي ظهر في بلدان أمريكا اللاتينية وسط ستينات القرن العشرين كرد على انتشار الفكر الماركسي و الحركات الثورية التي انبثقت عنه، تجدر الإشارة أن مالك بالنبي كان أحد الأوائل إن لم يكن الأول الذي طرح إشكالية قدرة الإسلام على المساهمة الجدية في التحرير الفردي و الاجتماعي.

عندما كان الإخوان هم الأمل:

يذكر مالك بالنبي في مذكراته » شاهد قرن « أنه كتب عن حسن ألبنا و جماعته وهو لا يعرف الكثير عنهم. و يقول في مقال بتاريخ 13 أفريل 1951 بعنوان " على أعتاب حضارة إنسانية": " إني لا أعرف سيرة مؤسس الإخوان المسلمين و لم أقرأ له شيئا و لعله لم يكتب شيئا أبدا..."

كما يذكر في نفس المذكرات أن أحد أسباب مشاكله مع السلطات الاستعمارية الفرنسية و اضطراره للهروب إلى فرنسا سنة 1951 هي مقالاته الصحفية التي عرف فيها الشباب الجزائري " بأسماء خطيرة مثل حسن البنا " و "جماعته الإخوان"

و قد حلل بالنبي في مقالات عديدة صدرت في مجلة " الشاب المسلم" الصادرة بالفرنسية و التابعة لجمعية العلماء » الحيوية التي بعثتها " جماعة الإخوان" في المجتمع المصري و الروح الجديدة التي ضمنتها نشاطاتها بدءا من العنوان حيث تظهر فيه الأخوة الإسلامية لا مجرد فكرة و إنما عمل ملموس بعيدا عن "السياسة الساسوية " أو" البوليتيك ".

و قد كتب في " وجهة العلم الإسلامي" مبرزا هذا الدور و هذه الروح: " إن الحركة الأحدث و التي تؤكد التوجه الجديد هي بلا منازع حركة " الإخوان المسلمين" في مصر و التي لها أتباع كثيرة في سوريا. للأسف لا نملك أدبيات كثيرة عن هذه الحركة التي تتميز بأن ضمنت اسمها " عملية التآخي. فالجماعة الإسلامية الأولى لم تتأسس على المشاعر البسيطة و لكنها تأسست على عملية تآخي حقيقي بين الأنصار و المهاجرين. وهو الذي يحدث الآن على أساس نفس الميثاق الذي يوحد" الإخوان المسلمين" الجدد فيما يشبه وحدة الأفكار و الأملاك، و زعيم الحركة حسن البنا، ليس فيلسوفا و لا هو فقيها و إنما حاول أن يعيش من جديد إسلاما منقى من تركته التاريخية و مرجعيته ليست إلا القران نفسه، و لكن قرانا متصل بالحياة.

ويضيف في تحليل عن حسن البنا:" مع حركة الإخوان المسلمين، نشهد أولا تجددا لقيمة القران نفسها و تتحول هذه القيمة إلى قيمة عملية و أداة فنية لتغيير الإنسان. بجمع مثقفون مسلمون حصل لهم التعرف على حسن البنا على أن الرجل يمتلك قدرة عجيبة، حيث تتحول الآية القرآنية على لسانه على أوامر حية تملي على الفرد السلوك الجديد و تدفعه إلى العمل بدون تردد. يفعل المعنى القرآني فعله و كأنه جدد على شفاه زعيم " الإخوان المسلمين"

و في نفس الكتاب "وجهة العالم الإسلامي" يقارن مالك بالنبي بين عمل الإصلاحيين التقليديين و عمل " الإخوان المسلمين و يبرز الفرق الكبير بين الفريقين و المتمثل في إبقاء الفريق الأول للأفكار على المستوى النظري، بينما يحولها الإخوان إلى أفعال و أعمال محسوسة. و يعطى مثل ذلك في " التضامن الإسلامي" القائم على معنى الأخوة، التي هي مجرد شعور، و لكنها تتحول عند حسن البنا، إلى " تآخي أي عملية أساسية يتحول بها الشخص إلى إخواني مسلم. و بكتب في ذلك " إن هذا العمل البسيط في ظاهره هو في الحقيقة تحول كامل للإنسان، الذي يمر من مرحلة الإنسان ما بعد الموحدين إلى مرحلة إنسان النهضة، كما كان يتحول من المجتمع الجاهلي إلى جماعة المسلمين...

و لم يكن زعيم الإخوان يحدث هذا التغيير إلا باستعمال الآية القرآنية و لكنه يستعملها في نفس الظروف النفسية التي كان يستعملها فيها الرسول و الصحابة. و هنا يكمن السر، أن نستعمل الآية كما لو كانت توحى إليك و ليس كما هي مكتوبة.

مرحلة الشك :

كان بالنبي مساندا لثورة 23 يوليو في مصر، و لم يكن يفهم الأسباب التي تجعل الضباط الأحرار و الإخوان وجها لوجه و تدفع بالفريقين للتناحر. وهو ما عبر عنه في كثير من الورقات التي احتفظ بها لنفسه و لم تنشر إلا بعد وفاته.

و يكتب بالنبي في ورقة بتاريخ 15 جانفي 1954: " علمت أن الحكومة المصرية قد حلت البارحة جمعية الإخوان المسلمين. و قد أعلنت الصحافة الغربية ذلك و كأنه حادث بسيط... أما أنا فمذهول لهول لم أتوقعه أبدا. إني أفهم تماما أن يغتال فاروق حسن البنا ، و أفهم تماما أن يقيل شاه الفرس مصدق، فمن طبيعة الأمور أن يقاوم العفن كل محاولة للنظافة. و لكن أن يقاوم رجل أمين رجلا أمينا آخر فهذا ما لا أفهمه كثيرا وهو الحال اليوم بين نجيب و الهضيبي".

و قد رأى بالنبي وراء حظر "الجماعة" شبح ضغوط القوى الكبرى على العالم العربي الإسلامي. و كتب في ورقة بتاريخ 2 فيفري 1954 ما يلي:" أعلنت الصحافة منذ أربعة أيام أن حركة تمرد قد اندلعت في جبل الدروز ضد حكومة شيشكلي. و يؤكد هذا الخبر، إلى جانب خبر حظر الإخوان في مصر، أن الدول العربية الأكثر تنظيما و الأقوى تتعرض في هذه الأوقات إلى ضغوطات شديدة من قبل الغربيين الذين يظهر أنهم يريدون قطع رؤوس الحركات الديمقراطية الإسلامية الكبرى بمثل ما فعلوا في إيران بالانقلاب على مصدق. و يبدو أن هذه السياسة تلتقي برغبتهم في أن تعترف البلدان العربية بإسرائيل".

خيبة الأمل:

سافر مالك بالنبي إلى مصر أواخر شهر جوان 1954، و قد حضر الاستعراض العسكري الذي انتظم بمناسبة الذكرى الثانية للثورة المصرية، والتقى بمحمد نجيب و جمال عبد الناصر. و ساهمت إقامته الطويلة الأولى في مصر و لقاءاته بشخصيات رسمية و كذلك بمثقفين من كل النزعات السياسية، في دفعه للتراجع عن كثير من مواقفه تجاه الإخوان. و من ذلك التنبيه الذي أشرنا إليه و الذي يربط ما كتبه في الجماعة، بشخص مؤسسها فقط، و استقر مالك بالنبي في مصر سنة 1956 و كتب كتاب " الإفريقية الأسيوية" حاول أن يجعل منه القاعدة النظرية لمؤتمر باندونغ. كان هذا الكتاب مساندا للثورة المصرية و مقدّرا لنجاحها في الخروج عن المنطق الذي أرادت الدول الغربية أن تسجن فيه العالم الإسلامي" و يتمثل هذا المنطق في استدراجها للتركيز على قضايا سياسية جانبية و إدارة الظهر للقضايا الأساسية و قضايا التوجهات الكبرى، وهو ما يعطل أو حتى يوقف تطور العالم الإسلامي. و على العكس من ذلك يرى بالنبي أن " الأخوان " لم يتحرروا من ذلك المنطق و ظلوا أبعد ما يكون عن طرح القضايا الأساسية للعالم الإسلامي الواقع بين فكي الاستعمار و القابلية للاستعمار.

على أن مآخذ بالنبي للإخوان، لا تقتصر على قضايا التوجهات العامة و المواقف السياسية، فهو ينتقد أيضا منهجيتهم في طرح القضايا النظرية و منها بالخصوص التمشّي " التمجيدي" الذي دأبوا عليه و أنساق إليه أشهر منظريهم سيد قطب.

التمشّي التمجيدي

في كتابه " الإفريقية اﻶسوية"يعرّف بالنبي هذا التمشّي التمجيدي لدى المثقف المسلم، و يحلل أسبابه بإسهاب و يفسره بعقدة النقص التي يعاني منها هذا المثقف تجاه الحضارة الغربية، كلما طرحت نقائص المجتمعات الإسلامية. الأمر الذي يدفعه آليا إلى التمجيد و إلى الاستشهاد بعظمة و عظماء الماضي... و النتيجة هي تأجيل طرح القضايا الحقيقية المعاشة.

و يمثل هذا الموقف التمجيدي بالنسبة للكاتب " أعراض مرض مجتمع فقد الوسيلة و الإرادة لتجاوز ضعفه، مجتمع انهارت فيه قوى الحركة و التقدم..."

الجدل مع سيد قطب :

و قد أشار بالنبي إلى هذه القضية بخصوص سيد قطب دون ذكر اسمه: " هذه الحالة وخيمة العواقب عندما يتعلق الأمر بأخصائي هذه القضايا، و الذي يمكن لعمله أن يؤثر في توجهات عصره و قد أراد أحد هؤلاء المفكرين أن يخط برنامج عمل اختار له عنوان " نحو مجتمع إسلامي متحضر" و لكنه فكر ثم غير العنوان إلى " نحو مجتمع إسلامي"... لا أعتقد أن المفكر الكبير قد أدرك أن الكلمة التي حذفها من العنوان قد حرفت القضية في تصوره و غيبها أو خدرها في ضميره. و العملية التي تتم على المستوى النفساني، ينتج عنها إفراغ القضية الأصلية من عنصرها الأساسي على المستوى الفكري، ألا وهو البحث عن شروط الحضارة". و يضيف "عندما يعتقد هذا المفكر المحترم أو يريد إقناعنا بأن مجتمعا مسلما هو متحضرا بطبعه ، فهو يتجاهل القضية الكبرى للعالم الإسلامي و نحسب أنه انجر بتأثير حالة عاطفية إلى موقف تمجيدي عقيم".

و يرى بالنبي في موقف سيد قطب و أتباعه الكثيرين، السبب الرئيسي لعجز المثقفين المسلمين على طرح القضايا الأساسية و التي هي من صلب مجتمعاتهم.

ويعتبر بالنبي أنه كان الأجدر بأصحاب المواقف التمجيدية و على رأسهم سيد قطب، خدمة للمصلحة العليا للعالم الإسلامي" أن يلتزموا الموضوعية إلى النهاية و أن يعترفوا أن هناك مجتمعا مسلما لكن في مرحلة ما قبل الحضارة، وهو الأمر الذي يطرح قضية تحضره".

و جاء رد سيد قطب في كتابه " معالم في الطريق" : أولا : أن المجتمع الإسلامي غاية يرجى بلوغها و ليس بالواقع المعاش لأن مجتمعات العالم الإسلامي ليست كلها مسلمة حقا لأنها لا تخضع كلها لشريعة الإسلام، و ثانيا: أن المجتمع المسلم، الخاضع لشريعة الإسلام هو في رأيه المجتمع المتحضر الوحيد لكونه يقوم على أسس إلهية بعكس المجتمعات الجاهلية التي تقوم على تشريعات بشرية. و في الأخير يعتبر سيد قطب أن موقف بالنبي يترجم حالة من التبعية الفكرية لأفكار خارجية عن الإسلام على أن عمق الخلاف الفكري بين الرجلين، لم يمنع بالنبي من التعبير" عن عمق احترامه لرجل ظل وفيا لأفكاره حتى النهاية واختار الشهادة على الخيانة"... " في عالم إسلامي يهرب فيه المثقفون من تحمل مسؤولياتهم.

و تشير إحدى الورقات التي كتبها بالنبي عن حوار اختتم محاضرة ألقاها على منبر" جمعية الطلبة المسلمين في ألمانيا" في مدينة فرنكفورت يوم 27 ديسمبر 1967 أنه رفض " مقترحا بتوحيد الحركة الإسلامية على قاعدة كتاباته و كتابات سيد قطب و المودودي" لأن ذلك سيفضي في رأيه" إلى الفوضى و ليس إلى الوحدة باعتبار الخلافات المنهجية القائمة بين المفكرين الثلاثة. فلم يكن مالك بالنبي يلتقي مع زميليه فيما ذهبا إليه من حكم بالجاهلية على المجتمعات الإسلامية المعاصرة لأنها لا تقر بمفهوم " الحاكميّة لله" الذي استنبطاه. و لعل أحد أسباب الخلاف هو في تناول بالنبي القضايا بخلفية عالم الاجتماع في حين كان سيد قطب و المودودي يتناولانها كدعاة لفقه سياسي جديد.

و قد فجر بالنبي خلافه مع الأخوين سيد و محمد قطب في رسالة بعث بها إلى نشرية " المسلم"سنة 1971 التي كانت تصدرها جمعية الطلبة الإسلاميين في فرنسا AEIF" و ندد بأصوليتهما " لتكفيرهما المجتمعات الإسلامية باسم مفهوم خاطئ للجاهلية طبقاه على الإسلام المعاصر"

رد فعل الإخوان:

لم تتردد جماعة الإخوان من شن حملة عنيفة للتصدي لأفكار بالنبي، متذرعة بعلاقاته المتميزة بالحكومة المصرية، وهي لم تغفر له أن كتابه " الإفريقية - الآسيوية " قد نشر بعناية الحكومة المصرية و أن أحد الضباط الأحرار، وهو كمال الدين حسين، الذي كان يفخر بصلته الفكرية مع النبي، وهو الذي تولى إدارة حوار حول الكتاب، لعدة أسابيع في الإذاعة المصرية سنة 1961 غير أن حملتهم لم تزد الكاتب إلا إصرارا على نقدهم، معتبرا أن فعلهم هو من تأثير الأيدي الآثمة الإمبريالية الأمريكية. و صحيح أن القمع الذي تعرض له الإخوان و كذلك عداءهم للقومية العربية و للشيوعية، قد دفعهم للتحالف مع أكثر الأنظمة العربية محافظة و كذلك مع الولايات المتحدة.

وهو التحالف الذي يرفضه بالنبي و يعتبر الإخوان فيه "كأحد الأذرعة للنظام الإمبريالي الذي يريد الإبقاء على الهيمنة على العالم الإسلامي"

في ورقة بتاريخ 1 سبتمبر 1969، كتب مالك بالنبي" الحملة ضد أفكاري على أشدها في الوسط الطلابي الإسلامي في ألمانيا الغربية. و يبدو أن كامل جهاز الإخوان قد وظف بقوة من قبل المخابرات الأمريكية و الصهيونية في الصراع الأيديولوجي..."

ثم تجاوزت الحملة حدود ألمانيا إلى فرنسا و تحديدا داخل جمعية الطلبة الإسلاميين بفرنسا AEIF . و يذكر الصادق سلام في كتابه " فرنسا و مسلموها" أن بالنبي التقى بشر الجابري، أحد أعضاء هذه الجمعية و اتفق معه على إعادة نشر كتابه " وجهة العالم الإسلامي "و كان ذلك في جويلية 1970 و الجمعية متفتحة لأفكار بالنبي.

غير أن الجمعية اختارت بعد أربع سنوات (1974) نشر كتاب "الظاهرة القرآنية" وتجنبت نشر كتاب " ناقد الثرثرة و السطحية التي عليها الحركات الإسلامية المعاصرة الرافضة للنقد الذاتي و التي ترى في تلاوة القران هروبا يسمح بتجاهل أزمات العالم الإسلامي".

و ما لم يذكره الصادق سلام هو أن الهيئة الإدارية لتلك الجمعية قد تغيرت في تلك المرحلة1974 حيث تسرب إليها بعض الطلبة من الفرع التونسي للإخوان وخرجوا بها عن قانونها الأساسي النابذ للسياسة ( ملاحظة المترجم ).

في المقدمة التي كتبها (1970) للطبعة الجديدة ( التي لم تظهر إلا بعد وفاته) للكتاب "وجهة العالم الإسلامي" وضح بالنبي انتقاداته و مآخذه على جماعة الإخوان و تطوراتها وغرقها في متاهات السياسة الساسوية أو البوليتيك كما يسميها، وهو الأمر الذي أحدث شرخا نهائيا بين قواعد إسلامية وفية للمثل و قيادة متورطة في تحالفات لا شيء يبررها".

وقد جاء فيها: " من الحركات التي حاولت خلال العقود الأخيرة تجاوز المنحدر المحتم هناك، بلا منازع، حركة حسن البنا...لو هو استطاع تحصين أتباعه فكريا من الغرق في " البوليتيك" غير أن هذا الأمر هو الآن من تحصيل الحاصل و تظهر نتائجه في الشرخ الاجتماعين و الأخلاقي الذي يشق الحركة، حيث هناك قواعد حاملة لكل الوعود الأصلية، و مستعدة لكل التضحيات من أجل تحقيق مثلها، من جهة، و من جهة أخرى نخبة كمبرادرية متمعّشة في الفنادق الفاخرة في عواصم العالم و مستعدة للتوظيف في عمليات اغتصاب الضمائر"

و قد حلل بالنبي الصراعات الداخلية في الجماعة و أدان كلا التيارين – الجناحين- البارزين، لأنهما لم ينتهيا في رأيه، إلا بخيانة المثل التي يعلنانها و الانبطاح في العمالة. و يضيف:" يوجد اليوم على طرفي" مشهد النخبة المتحللة، جناح" تقدمي يلطخ بالشتائم جناحا محافظا يرد على خصمه بالتفكير. و بما أن كل إفراط منهك للضمير، فمن الواضح أن كل هذه التيارات معرّضة للابتلاع في القنوات الموصلة لدوامات الترتسكية و طواحين الامبريالية"

هذا النقد الكاسح لمالك بالنبي في آخر عهده، هو أيضا لرجل ظل يكتب لطيلة عشرين سنة عن حركة التجديد الإسلامي عموما و عن الإخوان المسلمين خصوصا. وهو رجل عايش و حاور الإخوان كما حاور معارضيهم. و إذا كان نقده بهذه الحدة فلأنه صاحب تجربة شخصية و مقاربة فكرية صارمة لا ترحم.

التعددية و روح النقد:

الروح النقدية التي رأى بها بالنبي جماعة الإخوان، هي تجسيد للحوارات و المعارضات القائمة داخل حركة التجديد الإسلامي المعاصرة و التي لا تمثل وحدة صماء. و نرى أن تقديمنا لهذه المناظرات و الاختلافات و المعارضات، من شأنه أن يساهم في دحض النظرة "التوحيدية" لحركة التجديد هذه. و تعتبر "هذه النظرة التوحيدية" نقطة التقاء "غير محتمل" بين بعض الناشطين المسلمين الذين يريدون إسكات الخلافات و يدعون لرفض الحوار الداخلي في الإسلام ، باسم ضرورة الوحدة داخل المجموعة الإسلامية، من جهة، و من جهة أخرى، بين بعض المحللين الغربيين الذين يقدمون حركة التجديد الإسلامي في شكل كيان موحد و أصم، دون فهم أو اعتبار للتيارات التي تشقه بما فيها من حوارات واختلافات. و يمكن لواقع التعددية داخل حركة التجديد الإسلامي، أن يقدم كثيرا من مجالات البحث و التفكير.

و على الرغم من اعتراض بالنبي على محاولة التوفيق بين فكره و فكر سيد قطب و أبو الأعلى المودودي، فإن كثيرا من الحركات و المثقفين(5) داخل حركة التجديد الإسلامي، كرعوا من معين هؤلاء الكتاب لبناء قاعدتهم الفكرية. و في السنوات الأخيرة، وصل الأمر ببعض نشطاء الإخوان المسلمين و حتى ببعض المنظمات التابعة لهم، بتبني أفكار مالك بالنبي بالرغم من انتقاداته لحركتهم.

على أن الخلاف يبقى حادا في بلد كالجزائر، بين أتباع بالنبي و جماعة الإخوان، بناء على مواقف جاءت بعد وفاة مؤلف "وجهة العالم الإسلامي"

و أخيرا، لا بد من الإشارة إلى أن مالك بالنبي لم يحلل و يدرس جماعة الإخوان بصفة الباحث المتخصص في دراسة هذه المنظمة، و إنما درسها كمثقف مسلم يفكر في المجتمع المسلم و في العالم المحيط به. و قد أراد لنفسه أن يكون "شاهد قرن". بكل ما تحمل هذه العبارة من قوة و عمق في المنظور الإسلامي. لذلك وجب وضع تحاليل مالك بالنبي للإخوان ضمن تحاليله الجملية للظواهر الكبرى. و نذكر أن الرجل لم يدرس بالتفصيل هذه المنظمة و تطورها التاريخي و مختلف التيارات التي تشكلها ( ما عدى الإشارات التي تضمنتها مقدمته للطبعة الجديدة لكتابه " وجهة العالم الإسلامي" ) وهو لم يدرس التنظيمات الوطنية التي تولدت عن الجماعة الأصلية و كيفية تأقلمها مع خصوصيات البلد ( سوريا و الأردن مثلا ). كما أنه لم يدرس القاعدة الاجتماعية التي تستند إليها هذه الجماعة. و يمكن لكل هذه التحاليل أن تساهم في تعميق النظرة النقدية التي قدمها بالنبي و كذلك فتح آفاق جديدة للتحليل.

-1 يوسف جرارد

يوسف جرارد هو باحث فرنسي من مواليد 1981 حصل على الدكتورا في التاريخ في جوان/ حزيران 2010 كان موضوع أطروحته: القومية الثورية و التمدين السياسي، حالة حزب الشعب الجزائري/ حركة انتصار الحريات الديمقراطية في ولاية الجزائر سابقا فيما بين 1943 / 1954.

و قد نشر الكاتب في السنوات الأخيرة عديد المقالات و البحوث تناولت شخصيات فكرية و تيارات سياسية ساهمت في التصدي للمد الاستعماري و مقاومة حضوره.

و بالتوازي مع عمله العلمي ينشط يوسف جرارد في التيار المساند للقضية الفلسطينية و المدعم لقضايا الشعوب الواقعة تحت الاستعمار و الامبريالية وهو إلى جانب ذلك طرف جاد في الحوارات الدائرة جول الإسلام في فرنسا. و يعتزم الكاتب توجيه أبحاثه مستقبلا لفكر مالك بالنبي و لإشكاليات "الهوية: الخصوصية و الاندماج" التي واكبت الحركة الوطنية الجزائرية.

-2تنبيه :

استشهد الكاتب في هذا المقال بأربعين (40) مرجع، كلها بالفرنسية، و قد جاءت هذه المراجع في أربع صفحات كاملة. و قد ارتأى المترجم، في هذه الصياغة أو الترجمة الأولى على الأقل. أن لا يذكر المراجع، إلا قليلا منها، تخفيفا على القارئ. و هذا أحد أوجه التصرف الذي توخاه في ترجمة هذا المقال. أما الوجه الثاني فيتمثل في تلخيص بعض الفقرات الطويلة من النص الفرنسي و التي وصف فيها الكاتب معاناة بالنبي و ألوان العداء الذي تعرض له من طرف السلطات الاستعمارية و أذيالها، جراء كتاباته عن الإخوان، في مطلع سنوات 1940.

-3تعرفت على مالك بالنبي

تعرفت على مالك بالنبي في أكتوبر 1964، بعد يومين أو ثلاثة من تعرفي على رشيد بن عيسى. و هذا الأخير هو الذي دعاني لحضور الندوات الأسبوعية التي كان بالنبي ينظمها في بيته، بعد ظهر كل سبت. و قد حضرت هذه الندوات بانتظام حتى بداية شهر ماي 1965 ، تاريخ مغادرتي الجزائر. غير أنني بقيت على اتصال بالمعلم إلى حد أشهر قليلة قبل وفاته في سنة 1973. كان قد كلفني وقتها بإعادة نشر كتابه " وجهة العالم الإسلامي" و بعث لي بورقات حدد لي موضع إضافتها. لم يتيسر لي إنجاز المشروع للأسف الشديد.

ما تعلمته في حلقة يوم السبت، التي كانت تضم ستة أشخاص على الأكثر، سأذكرهم في مكان آخر، و ما تعلمته من خلال قراءة مؤلفاته و أكثر الأدب الذي كتب حولها، يمثل الجزء الأهم من الزاد الفكري الذي أضاء لي الطريق خلال هذه العقود. رحم الله مالك بالنبي فقد كان و سيظل صرحا للفكر الإسلامي السليم و المتنور و مفكرا صارما.

- 4 للإشارة، يذكر هذا الوضع، في كثير من ملامحه، بالوضع الذي عرفته الجماعة الإسلامية- حركة الاتجاه الإسلامي- النهضة- في تونس، فيما بين نشأتها، السرية، بداية السبعينات من القرن الماضي و حتى سنة 1991، عندما انكشفت خطتها الانقلابية الثانية، المسماة، مجازا، بخطة فرض الحريات.

فعلى طول هذه الفترة و على الرغم من محاكمة صيف 1981، ثم محاكمة 1987 و انكشاف" القضية الأمنية" وهي المحاولة الانقلابية الأولى لهذه الحركة، و على الرغم من فشلها في الحصول على الاعتراف القانوني. ظلت هذه الحركة تنشط علنا و تتحرك جهرا في المجتمع و في الساحة السياسية، و تصدر البيانات و يعطي زعماءها التصريحات و الأحاديث الصحفية، بل أكثر من ذلك، فقد وقع الاعتراف بإتحاد طلابي تابع لها و شاركت بشكل غير مباشر في التوقيع على الميثاق الوطني (1988) و منحت ترخيصا لجريدة أسبوعية و ظل الكثير من قادتها يخطبون و يؤمنون الناس في المساجد الرسمية ولم تغب إلا عن الميدان الاجتماعي لأنها لم تستثمر فيها أبدا.

- 5كثير من الحركات و الشخصيات اعتبرت مالك بالنبي و فكره المرجعية الوحيدة أو أحد مرجعياتها، منها: حزب التجديد الجزائري الذي أسسه نور الدين بو كروح سنة 1989 و حركة الجهاد الإسلامي في فلسطين و حركة النهضة في تونس.

Source: URL : http://www.ism-france.org/news/article.php?id=8722&type=analyse&lesujet=R%C3%A9sistances/

Friday, October 01, 2010

Cheikh Temimi, Lotfi Tounsi et des amis


De : HANI Abdel Wahab

Envoyé le : Vendredi 1 octobre 2010, 15h 41min 56s

Objet : Âïd Retornado Lotfi Tounsi (العائد لطفي التونسي) obtient son passeport national tunisien et est Libre de ses mouvements

Âïd Retornado Lotfi Tounsi (العائد لطفي التونسي) obtient son passeport national tunisien et est Libre de ses mouvements.

Ainsi, la page de deux décennies d'Exil est officiellement tournée dans la Dignité et la Joie des Tounsi

Par Abdel Wahab Hani

Âïd / Retornado Lotfi Tounsi (العائد لطفي التونسي) vient d'obtenir à l'instant son passeport national tunisien au siège du Ministère de l'Intérieur, en ce vendredi 1er octobre 2010, 25e anniversaire du massacre de Hammam-Chatt perpétré par l'aviation coloniale de l'Etat hebreux à l'encontre du Quartier général de l'OLP abrité par la ville martyre.

Âïd / Retornado Lotfi Tounsi est rentré Volontairement en Tunisie le 1er septembre dernier, après son arrestation, en exécution d'un vieux mandat interpol, le 26 août à Amman, alors qu'il était en route pour les lieux saints de l'Islam, à Al-Quds Al-Charif, Makkah Al-Moukarramah et Al-Madinah Al-Mounawwarah.

Et contrairement à ce qui été colporté par des Charlatocats et Charlatocates (Avocat(e)s Charlatan(e)s) et autres Journagot (Journaliste des Ragôts), Âïd / Retornado Lotfi Tounsi affirme n'avoir subit aucune contrainte et avoir toujours été traité avec respect, de son intégrité et de sa dignité.

"J'ai moi même décidé de rentrer volontairement dans mon pays et je l'ai fait savoir aux fonctionnaires consulaires français qui sont venus me voir au bureau jordanien d'Interpol. Je suis arrivé en milieu d'après-midi le lundi 1er septembre sur un vol régulier Jordanian Airlines que j'ai payé de mon propre argent. J'ai été conduit sans aucune contrainte au Ministère de l'Intérieur. J'ai été bien traité et bien nourri dans le respect de mon observation du mois du Ramadhan. Quand aux questions qui ont duré une partie de la nuit, après Al-Iftar, c'était plutôt un debriefing dans le bureau du Directeur de la Sûreté d'Etat qu'un interrogatoire de police. Je n'ai jamais été mis en dépôt ni en geôle. Aux premières heures du mardi 2 septembre au matin, j'ai été conduit au Palais de Justice. Après une attente normale, j'ai été présenté devant le juge qui a fixé la date de mon opposition et a ordonné ma libération immédiate. Je suis Libre et chez moi à Maaqal Azzaïm. J'ai vu ma chère mère et mes proches, j'ai accompagné mon ami Cheikh Taysir Tamimi qui a un programme très riche, de conférences, de commémorations et de visites de courtoisie chez Monsieur le Ministre des Affaires religieuses, Monsieur le Gouverneur de Tunis, Cheikh Abdelfattah Mourou, Monsieur Slaheddine Jourchi, Monsieur Abdeljelil Temimi, Haj Mohamed Laroussi Hani et d'autres personnalités. Allahomma Laka Al Hamd. Al Âqibah Likoll Âïd" , nous disait-il, ému et serein, à l'instant au téléphone, à sa sortie du Ministère de l'Intérieur, muni de son passeport national tunisien.

Assisté de son Avocate, Maître Sonia Al-Ansari, avocate au Barreau de Tunis, il a comparu Libre, le mercredi 29 septembre 2010, en fin de matinée, en état de Liberté, devant la 4e Chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le M. Le Juge Mehrez Hammami, pour examiner son Opposition sur le fond. Le Jugement a été mis en délibéré pour la séance du 25 décembre 2010, tout en laissant Âïd / Retornado Lotfi Tounsi en état de Liberté et Libre de ses mouvements, à l'intérieur et à l'extérieur du pays.

Vingt quatre heures après la décision du Tribunal,Âïd / Retornado Lotfi Tounsi est en possession de son passeport national tunisien.

Félicitations à notre Âïd / Retornado, à son ami et Conseil de toujours Maître Abdelfattah Mourou, ainsi qu'à son Avocate Maître Sonia Al-Ansari, seule avocate constituée avec son consentement pour sa Défense. Nos remerciements les plus sincères à toutes celles et tous ceux qui, dans l'Administration et dans la Socité civile, ceux proches et amis, qui ont rendu ce dénouement heureux possible. Ils se reconnaîtront. Et ce, malgré les sirènes de la haine, les mannigances des charlatocat(e)s et des marchands des malheurs, l'arrogance des moujahdins du 19 mars et des faux militants du dernier quart d'heure et leur cohorte de snipers virtuels et encagoulés et pseudonymaux, les ragots des ragoteurs et autre Journagot et le déluge d'intox et de mensonges déversés à longueur de journés et à longeur de portails et de listes de diffusion. Ils se reconnaitront et tourneront en rond.

En ces moments de grande joie, nous renouvelons notre Appel à tous nos concitoyens exilés qui souhaitent rompre l'asile de demander leurs passeports auprès de nos représentations diplomatiques et consulaires, et non par des lamentations virtuelles. Nous demandons à tous les acteurs associatifs et politiques de respecter le Droit des individus éà décider d'eux mêmes de leur Avenir et d'absetenir de toute immixion collectiviste dans ce Droit. Nous exhortons la Justice de notre pays d'aider notre Société à tourner la page du Passé et de consacrer son Droit à l'Oubli pour qu'elle puisse se trouner vers l'Avenir. Nous engageons l'ensemble de nos autorités consulaires, diplomatiques, administratives et politiques sur la voie du prompt règlement de la souffrance des Âïdoun et Âïdat/ Retornados et Retornadas, dans le respect de leur Dignité et de leurs proches qui n'ont que trop souffert.

PS: Pour celles et ceux qui veulent joindre Âïd / Retornado Lotfi: +216 26 87 87 86 begin_of_the_skype_highlighting +216 26 87 87 86 end_of_the_skype_highlighting

Vive la Tunisie,

Vive la République,

Paris-Genève, le 1er octobre 2010, 14h00 heure de Tunis, 15h00 heure de Paris-Genève

Âïd / Retonado Bi Idhni Allah, Ahabba Al Mouhibboun Wa Kariha Al Karihoun

Abdel Wahab Hani

7173 jours : soit 19 ans, 7 mois et 21 jours, d’Exil et de Privation du Pays ;

439 jours : soit 1 an, 2 mois et 12 jours, d’Attente du Passeport national tunisien;

3680 jours : soit 10 ans et 28 jours, de Privation des voix du pays via l’opérateur étatique Tunisie Telecom ;

تَحْيَى تُونِس

تَحْيَى الجُمْهُورِيَّة

العائِد بإذن الله تعالى، أحبَّ المُحِبُّون وكَرِهَ الكارِهون

عبد الوهَّاب الهاني

awhani@yahoo.fr

+00 33 6 17 96 37 (toujours joignable depuis l’étranger, mais toujours injoignable depuis les lignes Tunisie Telecom, Fixes, Cellulaires, Rifi, Privés, Publics et Publiphones. Tous les amis sont autorisés à essayer depuis Tunis et n'importe quelle autre ville de notre cher pays, depuis une ligne Tunisie Telecom fallait-il le rappeler, et nous serons heureux d’apprendre la levée de cette privation. Nous réserverons une récompense à celle ou celui, parmi nos compatriotes/ami-e-s, qui nous l’annoncera le premier).