Search This Blog

Sunday, September 04, 2011

Libye: L'appétit vient en mangeant


Libye: le piège

PAR DJAMEL LABIDI

4 Septembre 2011

Il fallait s'y attendre: la prise de Tripoli a aiguisé les appétits de l'OTAN envers d'autres pays arabes. Dans les pays arabes, dont l’Algérie, elle a redonné vigueur aux partisans de l'ingérence occidentale. Ayant craint, un moment, l'enlisement de l'OTAN en Libye, ils manifestent d’autant plus leur joie à cet évènement. Ils y voient la confirmation de la justesse de leurs thèses sur "le bien fondé de cette ingérence du moment qu'elle débarrasse la Libye d'un tyran"..

Mais peut-on s'en réjouir. Comment ne pas tenir compte que l'entrée des insurgés à Tripoli s'est faite sous les bombardements de l'OTAN. Rien ne ressemble moins à l'entrée triomphale d'une révolution populaire. Comment ne pas voir que ceux qui applaudissent à l'intervention de l'OTAN applaudissent les forces militaires des mêmes pays qui bombardent et massacrent en Afghanistan et en Irak, qui protègent le colonialisme israélien, et qui soutenaient, il y a quelques mois à peine, les dictatures arabes. Comment ne pas dire que cette joie est mauvaise lorsqu'ils la partagent par exemple avec une personnalité islamophobe et arabophobe comme Bernard Henry Levy qui applaudit aux bombardements sur la Libye comme il l'avait fait pour ceux sur Gaza et le Liban. Il faudra bien un jour nous expliquer ces contradictions, quand elles se seront développées, ce qui est inévitable. Il faudra alors bien se rendre compte que rien n'a été résolu pour la démocratie et la dignité nationale. Et il faudra bien nous dire en quoi tout cela est différent de l'intervention militaire en Irak ou en Afghanistan qui avait été justifiée par exactement les mêmes arguments, la lutte contre la tyrannie et pour la démocratie, et en quoi tout cela n'aboutira pas au même résultat, sous une forme ou une autre : un régime à la Karzaï, corrompu, au service de ses maîtres.

La gêne est d'ailleurs perceptible chez ceux, partis et personnalités politiques, en Algérie et dans d'autres pays arabes, qui se félicitent de la "victoire" des insurgés mais sans dire mot de celle, en fait, de l'OTAN. Qui ne dit mot consent, pourrait-on leur faire remarquer. Mais, il faut reconnaître que la question n'est pas simple. En arriver à cet autisme, ou être amené à faire silence sur cet aspect de la réalité actuelle libyenne, sur un évènement aussi énorme que la première intervention militaire étrangère en Afrique du Nord depuis un demi siècle, est en soi même significatif de la complexité de la situation et de la gravité de la crise qu'a ouverte dans les rangs démocratiques arabes l'intervention occidentale.

Les révolutions tunisienne et égyptienne ont été entourées d'un consensus. C'était l'étape en quelque sorte d'un certain romantisme, propre aux débuts des grands mouvements historiques. Deux révolutions "propres" où les bons et les méchants sont clairement identifiés, où la société, à part une minorité, est apparemment unie. C'est la fête démocratique. Surprises d'abord, les puissances occidentales n'ont pas tardé à opérer un tournant radical en annonçant leur soutien au 'Printemps arabe". Il le fallait pour intervenir, l'influencer, justifier l'ingérence.

L'ingérenceétrangère ouvre donc une deuxième étape dans l'histoire en cours de la démocratie arabe. Cette deuxième étape a été ouverte avec la crise libyenne, elle se développe actuellement à travers la situation en Syrie, et aura certainement d'autres développements. La perversité de la politique occidentale actuelle est qu'elle arrivée à construire, notamment par une campagne médiatique de propagande d'une violence intense, un faux dilemme, qui est celui ci: ou le droit d'ingérence et donc la démocratie sous protectorat occidental, où la dictature et la tyrannie. Beaucoup parmi les élites politiques arabes tombent dans le piège. Outre, évidemment, celles d'entre elles traditionnellement liées à l'Occident, cette propagande trouvent un écho chez des forces politiques et sociales plus larges, soient qu'elles ont peu d'influence et de forces dans la société, et ne voient pas donc d'autre solution pour se débarrasser de la dictature que dans une "alliance même avec le diable" , soient qu'elles sont impatientes ou fatiguées par une longue opposition,

Du coup la société désormais se divise sur la question de la démocratie, car il lui est substitué une autre question, celle de l'attitude par rapport à l'intervention étrangère. Les cartes s'en trouvent alors faussées. On croit toujours parler de démocratie mais c'est la question nationale qui ressurgit, et avec elle celle de la souveraineté, celle de l'indépendance du pays, celle de l'unité nationale. Les ex-puissances coloniales reviennent pour proposer de protéger les aspirations démocratiques arabes et ce protectorat réactive alors le protectorat colonial. Ceci explique que du même coup se trouvent relancés des débats qu'on croyait dépassés et qui déchiraient les différentes tendances du mouvement national à la veille des luttes pour l'indépendance: en 1936, l'illusion que la libération allait arriver du Front populaire de la gauche française, en 1942-43, les espoirs mis par Ferhat Abbas dans la Charte atlantique, et plus généralement la position du courant assimilationniste qui attendait le progrès et la civilisation de la France coloniale.

SURREALISTE !

Les cartes sont tellement faussées qu'on assiste à des alliances ou des convergences surprenantes: des "laïcs" qui se retrouvent au sujet de l'ingérence étrangère en Libye sur les mêmes positions que les monarchies du Golfe et les royalistes libyens de Londres ; des courants qui se réclament de l’Islam et s'allient avec les puissances occidentales, donc des pays non musulmans, pour combattre… d'autres musulmans, ou qui prient sur la place de Benghazi sous d'immenses drapeaux français et américains; des militants islamistes algériens qui ont participé à la flottille de la paix pour Gaza et dont le parti a la même appréciation, sur la situation sur la Libye, que… Bernard Henry Lévy qui qualifiait cette flottille "d'épopée misérable"(journal français "Libération",7 juin 2010 ). Une atmosphère surréaliste !

Certes, il ne faut pas généraliser et les décantations s'opéreront inévitablement qui toucheront tous les courants politiques, sous les coups de boutoir de la réalité. On peut prédire, sans grands risques de se tromper, que les contradictions entre la domination étrangère et les forces populaires libyennes, nationalistes, islamistes ou autres, se manifesteront très vite. Vrais démocrates et faux démocrates, vrais patriotes et faux patriotes, apparaitront alors, mais hélas à partir de grandes souffrances de la Libye, comme en Irak, en Afghanistan ou ailleurs. Mais on peut se demander aussi s'il n'y a pas un point commun à ces convergences, apparemment hétéroclites: l'idée, d'autant plus tenace qu'elle est non dite, et qui ressurgit car elle n'a pas cessé d'exister depuis les indépendances et leurs contradictions, que la domination occidentale, que le colonialisme a un contenu civilisateur. C'est au fond cette idée qui se cache derrière les partisans de l'ingérence, à la raison fallacieuse que la domination occidentale serait bien plus "soft", bien plus civilisée qu'une dictature arabe.

Ces opinions fleurissent actuellement comme avaient fleuri les appels à la "normalisation" des relations avec Israël, dans des journaux algériens et arabes, lorsque le monde arabe traversait une période très difficile, que la domination des Etats Unis paraissait écrasante et que les partisans de "la normalisation" assenaient " que nous ne pouvions être plus royalistes que les Palestiniens et les Egyptiens". Je lisais dernièrement un article où il était expliqué, sur la question de la souveraineté nationale, que cela ne faisait pas de différence, qu'on vive dans un pays dominé par l'étranger ou par "un dictateur comme en Libye". Mais l'auteur de l’article avoue en fait vers où va sa préférence puisqu’il se félicite de l'élimination du pouvoir de Mouammar Kadhafi par l'OTAN. On voit poindre de nouveau le nez de la thèse des "aspects positifs du colonialisme". Autres temps, mais même problématique.

Comme dans le Far West, le président du CNT de Benghazi vient de mettre à prix la tête de Kadhafi. Tristes mœurs. Que n'aurait- on pas entendu des médias occidentaux si c'était Kadhafi qui avait mis à prix la tête des membres du CNT au début des évènements. L'horreur se répète comme pour Saddam en Irak. La nouvelle Rome est sans pitié et veut du sang et des sacrifices humains. Ce "Wanted" trahit et annonce déjà la domination étrangère sur la Libye et son style.

Dans les rues désertes des villes libyennes commencent les règlements de compte et les massacres, mais ces victimes civiles n'intéressent plus Mr Juppé et Mme Clinton.

D.L

Paru dans "Le Quotidien d'Oran" le 4 Septembre 2011


Saturday, September 03, 2011

Libye: le cri des ONG

Libye-CNT:

Mise en garde contre les violations des droits... 04/09/2011




Des ONG mettent en garde le CNT libyen contre les violations des droits de l'homme - Des organisations non-gouvernementales (ONG) ont mis en garde le Conseil national de transition (CNT) libyen contre les violations des droits de l'homme, estimant que cela pourrait lui faire perdre le soutien de la communauté internationale.

“Je pense qu'ils ne devraient pas exagérer les choses parce que la communauté internationale a un seuil en terme de respect des droits de l'homme et une fois que le CNT le franchit, même ceux qui le soutiennent actuellement ne seront plus dans les dispositions de les défendre», a déclaré le président de la Nigerian Association for the Care and Resettlement of Offenders, Gbenga Gbesan.

Il réagissait aux rapports des massacres, des arrestations et de la torture de travailleurs immigrés, pour la plupart, des ressortissants de l'Afrique subsaharienne bloqués en Libye depuis le début de la crise qui a frappé ce pays.

L'action du CNT a suscité la condamnation de la communauté internationale, dont l'Union africaine (UA) et le gouvernement nigérian.

Le Nigeria fait partie des pays qui ont déjà reconnu le CNT avant même la reddition du guide libyen, Mouammar Kadhafi.

Nombreux sont ceux qui ont déclaré que le CNT va perdre leur sympathie si ses combattants continuent de violer les droits de l'homme.

«Il y a des manières décentes de traiter ses prisonniers et nous devons ensuite respecter les normes internationales. Nous ne devons pas réduire cela à une émeute. Nous devons traiter les personnes avec décence. Il existe des procédures pour les traiter au cas où ils auraient commis un quelconque crime», a ajouté M. Gbesan.

Le Centre pour la protection des droits de l'homme et de la démocratie en Afrique (CDHRDA) a condamné l’action des rebelles consistant à arrêter, à massacrer et à torturer les ressortissants de l'Afrique subsaharienne.

“Nous condamnons ces massacres. Il est scandaleux que le CNT soit impliqué dans de graves violations des droits de l'homme», a déclaré le secrétaire général de la CDHRDA, Maurice Fangnon.

«En reconnaissant les rebelles, nous avons légalisé la rébellion en Afrique. Il est regrettable qu'après plusieurs années d'indépendance, plusieurs pays africains ne soient pas vraiment indépendants. Ils sont encore sous la coupe de leurs maîtres coloniaux», a-t-il ajouté.

«Ils ne peuvent prendre aucune décision sérieuse sans consulter les puissances occidentales. L'Afrique devrait être en mesure de régler ses problèmes sans ingérence étrangère», a poursuivi M. Fangnon.


http://www.afriquejet.com/libye-droits-2011090321651.html/

Afrique en ligne

Libye: Arrêter le massacre des Sub-sahariens

Afrique du Nord - Libye

Le Nigeria demande aux rebelles libyens d'arrêter le massacre des Sub-sahariens - Le Nigeria a demandé aux autorités de transition libyennes d'arrêter le massacre des ressortissants sub-sahariens en Libye, des informations troublantes indiquant que ces derniers sont pris pour cible par les combattants du Conseil national de transition (CNT) qui les arrêtent, les torturent et les tuent.

Dans un communiqué publié jeudi dans la capitale, Abuja, le ministère des Affaires étrangères a qualifié 'd'inquiétant' le sort réservé aux Africains sub-sahariens, qui sont principalement des travailleurs immigrés.

Le Nigeria fait partie des premiers pays africains à avoir reconnu le CNT, ce qui n'a pas empêché les rebelles de cibler les Nigérians et les autres ressortissants d'Afrique noire.

Tout en réitérant son soutien aux rebelles, le Nigeria a invité leurs dirigeants à contrôler les excès de leurs troupes.

Des informations qui nous sont parvenues font état de meurtres, de viols et d'extorsions d'argent dont sont victimes des Africains sans défense réfugiés dans des camps ainsi que ceux qui sont en détention et incarcérés.

'Cette situation va à l'encontre du souhait exprimé par le Conseil national de transition, l'Union africaine et également les Nations unies pour le rétablissement de la démocratie et de la bonne gouvernance en Libye', souligne le communiqué.

Le gouvernement nigérian estime que ces exécutions extra-judiciaires vont à l'encontre de l'appel du Nigeria aux dirigeants du CNT à être magnanimes dans la victoire.

'Tout en confirmant que les préoccupations du gouvernement nigérian sur ces développements en Libye ont été portées à l'attention urgente des représentants du CNT, le gouvernement saisit à nouveau cette occasion d'appeler les dirigeants du CNT à prendre immédiatement des mesures pour contrôler les excès de ces éléments sans scrupules en Libye, afin de rétablir une véritable démocratie et une vraie réconciliation', souligne le communiqué.

Par ailleurs, le Nigeria explique pourquoi il a rapidement reconnu le CNT, en indiquant que l'intérêt national, incluant la sécurité de ses ressortissants vivant en Libye avait motivé sa décision.

'Avant de prendre la décision de reconnaître le CNT, nous avons pris beaucoup d'éléments en considération. Nous nous sommes identifiés au peuple libyen qui lutte pour la démocratie et à la lutte pour la bonne gouvernance partout dans le monde', a déclaré le ministre nigérian des Affaires étrangères, Olugbenga Ashiru.

Le gouvernement nigérian a été critiqué pour s'être hâté de reconnaître les rebelles libyens, surtout que l'UA ne l'a pas encore fait.

Pana 02/09/2011

http://www.afriquejet.com/libye-arreter-le-massacre-des-sub-sahariens-2011090221613.html/


Irak: Rien n’est joué

Irak : Incertitudes et luttes futures

par Michaël Schwartz (traduction et synthèse par Xavière Jardez)

Jeudi 1 septembre 2011

Si, selon Claus von Clausewitz, la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens, l’environnement politico-économique actuel en Irak est « la continuation de la guerre par d’autres moyens ». Après six années d’un carnage militaire sans égal au cours des deux dernières décennies, on assiste à « l’installation » d’une lutte multiple sur son rôle dans le système mondial, son rôle au Moyen-Orient et son rôle dans sa réponse aux besoins de la population …

Cette lutte prend des formes moins spectaculaires que celles, plus violentes, de la période précédente et obscurcit les liens qui relient la guerre et cette espèce de quasi-paix qui prévaut actuellement. C’est en scrutant cette nouvelle réalité, que nous voulons rendre visibles ces liens et identifier les forces qui donneront forme à l’issue de cette lutte.

Ambitions impériales

Quand les Etats-Unis ont envahi l’Irak en mars 2003, ils avaient mûri les buts de cette invasion depuis 15 ans et les avaient affinés au cours des 26 mois de l’administration Bush. La population américaine n’avait pas eu son mot à dire sauf à suivre ce que Paul Wolfowitz avait déclaré « la seule question sur laquelle tous doivent être d’accord est la question des armes de destruction massive ». Il va sans dire que les événements postérieurs ont dégagé quatre principes généraux pour cette invasion :

- l’Irak deviendrait le noyau militaire d’une présence hégémonique US au Moyen Orient, quartier général d’une force militaire permanente majeure, comptant habituellement 50 000 militaires.

- Le gouvernement irakien serait un allié politique solide des Etats-Unis opposant une résistance vigoureuse au contrôle régional de l’Iran et apaiserait son antagonisme face à Israël.

- L’économie irakienne intégrerait le système de mondialisation conduit par les Etats-Unis, en démantelant les entreprises nationalisées (constituant 35% de l’économie avant la guerre) et les replaçant par des multinationales privées, internationales bien imbriquées.

- L’industrie pétrolière irakienne serait intégrée au marché mondial avec une augmentation dramatique de sa production dont le contrôle et la prise de décision sur les niveaux de production échapperaient au gouvernement irakien pour être transférés aux forces du marché international.

Rien n’est joué

Qu’en est-il de la réalisation de ces buts initiés par Bush et repris par l’administration Obama ?

- S’agissant du positionnement du quartier général US au Moyen-Orient, plutôt que de conquérir et de pacifier les centres de résistance à son occupation, les Etats-Unis ont engendré, avec l’envoi de troupes additionnelles (the surge), un carnage sans précédent et une dislocation de l’Irak. C’est seulement quand les Etats-Unis ont modifié leur stratégie et se sont alliés à leurs adversaires insurgés que les massacres et les attentats ont cessé…. Mais Obama n’a pas abandonné l’idée de Bush, indépendamment de l’accord signé par ce dernier (retrait des troupes US, vacation ou destruction des bases US ou leur transfert aux Irakiens), comme l’a dernièrement souligné le Secrétaire à la Défense, Robert Gates devant le Congrès : « Il y a certainement pour nous un intérêt à disposer d’une présence additionnelle ». Des pressions accrues pour modifier l’accord (SOFA), avant le 31 décembre 2011, ont donné lieu à une campagne publique orchestrée par de hauts militaires soulignant l’urgence de la situation et corrélativement à des mouvements de protestations incluant syndicats, parlementaires, la résistance.

- L’Irak sera-t-il l’allié inconditionnel des Etats-Unis ? Trois élections et quatre gouvernements, n’ont pas permis aux Etats-Unis de recueillir le soutien à sa ligne politique, particulièrement en matière de diplomatie régionale, c’est-à-dire, face à l’Iran, avec lequel un certain nombre de membres du gouvernement irakien avait des liens. Les Américains ont subi échec après échec jusqu’à la conclusion d’un accord… d’armement avec l’Iran, abrogé sous pression américaine, d’accords économiques à long terme, dont la construction à Kerbala d’un aéroport pour desservir les pèlerins chiites, et l’inclusion de la province de Diyala dans le réseau électrique iranien.

Il n’y a eu aucun dégel face à Israël ; l’opinion publique et les manifestations font de l’Irak une place forte du soutien (rhétorique) aux Palestiniens. Au lieu de graviter dans l’orbite de l’Arabie Saoudite, le gouvernement de Maliki a gardé ses distances avec les pays du Golfe et n’a toujours pas réglé avec le Koweït la question des compensations réclamées par ce dernier après la première guerre du Golfe. L’amélioration de ses relations avec l’Iran a facilité les relations économiques et politiques avec la Chine et la Russie, créant ainsi d’autres difficultés pour les Etats-Unis.

Rien n’est joué sur la place qu’occupera l’Irak au Moyen- Orient dans les remaniements politico-militaro-économiques régionaux qui se dérouleront au Moyen-Orient.

- Ouvrir la voie à la mondialisation de l’économie irakienne a été accompli dès les premiers jours de l’invasion avec le démantèlement des 192 entreprises nationales qui constituaient les 30% du produit du pays et soutenaient une portion substantielle du secteur privé. Cela entraîna une dépression pire que celle connue par les Etats-Unis en 1930 à laquelle s’ajouta la dé-baasification du système qui a paralysé tous les services publics dont l’éducation, le secteur hospitalier, l’assainissement des eaux. « Cette thérapie de choc de l’économie » selon la terminologie des néo-libéraux US, devait être suivie d’un train d’investissements pour ériger une économie dynamique. Mais l’âge d’or ne s’est jamais matérialisé car les multinationales ont refusé leur participation et la « reconstruction » des « contractors » n’a qu’aggravé le déclin.

Rien n’est résolu

Devant cette catastrophe économique, les forces civiles du pays (syndicats, parlementaires, fonctionnaires) ont tous demandé de revenir sur les privatisations imposées par l’occupant US par l’utilisation des recettes pétrolières pour financer des programmes, nouveaux ou en cours, proposés par les autorités locales. Depuis deux ans, l’Irak a été le théâtre de nombreuses manifestations sur les questions économiques tant et si bien que le ministre de l’énergie a été obligé de promettre d’engager 70 milliards de dollars sur 10 ans pour la restauration (non privée) du réseau de distribution d’électricité. Il est à noter que la municipalité de Bagdad a engagé une procédure contre les Américains, pour un milliard de dollars, pour les dommages causés à l’infrastructure de la ville.

Dès 2008, la poursuite par les Etats-Unis de cette politique néo-libérale devint plus visible et fut même endossée par Obama dans son Message à l’Union en 2011 qui promettait un « partenariat durable avec l’Irak » sous la forme « d’un partenariat dynamique » centré sur « la stabilisation de l’économie par l’investissement étranger ». La mise en œuvre revenait au Département d’Etat avec l’expansion d’ « une ambassade extraordinaire avec différentes fonctions » comme décrite par l’ambassadeur US James Jeffrey dont le personnel totaliserait en 2012, 16 000 personnes.

-La lutte pour le pétrole : contrairement à l’économie, le secteur pétrolier a été maintenu par les Américains sous contrôle de l’Etat irakien pour que ni le flot, ni les recettes du pétrole ne s’interrompent. Le plan US était de quadrupler la production et de transférer les pouvoirs de décision aux compagnies pétrolières internationales, ce qui aurait définitivement torpillé les possibilités de l’OPEP en matière de production et de prix. Mais l’opposition à ces projets a éclaté venant de tous bords et allant du sabotage d’oléoducs à la reprise en main des sites ou au détournement des fonds vers de projets locaux et la résistance armée.

Questions en suspens

Si, avec l’arrivée au pouvoir d’Obama, des contrats d’exploration et de production ont été signés, il n’en reste pas moins que les termes et conditions de ces contrats ont été tels que ces compagnies pétrolières ont refusé de jouer le jeu et ne l’ont fait que lorsque les deux principales compagnies nationales chinoises en ont accepté le cadre à savoir, contrôle du niveau de production par le gouvernement irakien, formation et embauche de personnel irakien, techniciens et administratifs, et royalties de deux dollars par baril de pétrole extrait.

A l’heure actuelle, les questions qui sont en suspens et feront l’objet de luttes sont de savoir si le gaz naturel capté sera sous le contrôle des compagnies ou le gouvernement, si les produits raffinés seront alloués en premier lieu aux Irakiens avant d’être exportés, si les compagnies seront dans l’obligation d’employer des Irakiens en lieu et place de leurs employés non-nationaux.

Rien n’est résolu dans ce domaine et les forces civiles, syndicales, du gouvernement local et la résistance seront là pour que ce combat centenaire pour le pétrole aboutisse à un « commonwealth » irakien.

Source : Professeur Michaël Schwartz, Department of Sociology, Stony Brook University, paru dans International Socialist Review (juillet-août 2011)

http://www.isreview.org/issues/78/feat-iraq.shtml



Thursday, September 01, 2011

Reproduction du " nouvel Irak" en Libye

بِسْمِ اللّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ


بوادر لاعادة إنتاج "العراق الجديد" في ليبيا!


شبكة البصرة

محمد العماري

لا أدري لماذا قُدّر للعرب, خلافا لجميع شعوب الأرض, أن يدفعوا ثمنا باهضا من أجل نيل حريتهم وتحقيق البعض من طموحاتهم وإستعادة ما هدر من كرامتهم وإنسانيتهم. وغالبا ما لا يقتصر هذا الثمن على الدماء والخراب والدمار بل يتعدى الثروات والخيرات وإستقلال البلاد السياسي والاقتصادي والأمني. وتصبح الحرية, رغم إهميّتها العظمى لأي شعب ورغم التضحيات الجسام من أجلها, قيدا يطوّق معصم الجميع, حكاما ومحكومين. وعادة ما يحدث هذا عندما تجد الشعوب نفسها "مضطرّة" لوضع يدها بيد قوى خارجية كانت هي أصلا سببا في كل فساد وقمع وبطش النظام الذي يُراد التخلّص منه.

والمشهد في ليبيا هذه الأيام, رغم أن الصراع المسلّح ما زال مستمرا هنا وهناك, يوفّر لنا أكثر من دليل على أن حلف الناتو, الذي بدأ يعدّ العدّة لما بعد نظام العقيد القذافي, سوف يقدّم في الفريب العاجل فاتورة الحساب الى الثوّار الليبيين. فليس من المعقول, خصوصا والعالم يعيش أزمة إقتصادية حادّة, أن فرنسا وبريطانيا مثلا قامتا بكل هذا الجهد العسكري الحربي وبشكل مباشر ويومي من أجل سواد عيون الليبيين أو لوجه الله تعالى كما يُقال.

وسوف يكتشف الثوّار في ليبيا, وربما في سواها من بلدان العرب الثائرة الآن, أن ما تقدّمه أمريكا ودول الغرب, وعلى أي شكل أو هيئة كان, تُطالب بثلاثة أو أربعة أضعافه فورا, والاّ فانها مستعدّة أن تقوم, عن طريق أذرعها الأخطبوطية الشيطانية المنتشرة في أكثر من مكان, بتخريب كلّ ما تحقّق أو تمّ الاتفاق عليه.

ولحد هذا اليوم لا أحد يعلم قيمة أو حجم ثمن الحرية التي حصل عليها الشعب الليبي. ولو أن الحرية, بالنسبة لأي شعب لا تُقدّر بثمن. فاضافة الى آلاف القتلى والمُصابين, 50 ألف قتيل منذ بدء الانتفاضة في ليبيا حسب مصادر المجلس الوطني الانتقالي, وسلسلة طويلة من خراب ودمار وشلل في معظم المؤسسات والبُنى التحتية, رغم قلّتها أو عدم أهمّيتها كما يزعم البض, فان ثوار ليبيا سوف يُرغمون مرتين على تجرّع سمّ صداقة حلف الناتو ودول الغرب عموما.

المرّة الأولى عندما أرغموا بهذا الشكل أو ذاك على الاستنجاد والتعاون من حلف الناتو ومخابرات الدول الغربية, والمرّة الثانية عندما تحين ساعة دفع فاتورات الحساب وتقسيم الغنائم الكبرى وتوزيع الجوائز والمكافآت على المنتصرين, خصوصا النفط والثروات اللبية الأخرى. فبُعيد سقوط طرابلس العاصمة بساعات بيد الثواّر الليبيين سارع الرئيس الفرنسي ساركوزي الى الدعوة لعقد مؤتمر دولي للبحث في مرحلة ما بعد القذافي كما قال. وللتذكير فقط, وبناءا على تجربتي العراق وإفغانستان الفاشلتين جدا في كلّ شيْ, أن كثرة المؤتمرات الدولية وإتّساع رقعة المشاركين وتهليل وتطبيل وسائل الاعلام المسيّرة والمنحازة, تعني في نهاية المطاف فقدان اصحاب الشأن, الثوار والشعب الليبي في هذه الحالة, لزمام المبادرة والاتكال شبه الكلّي على أهواء ورغبات ومصالح بل ومنافسات الدول العظمى فيما بينها.

ومن المؤكد أننا سوف نسمع في قادم الأيام عن خطط ومشاريع ضخمة لاعادة إعمار ليبيا, فطائرات حلف الناتو لم تبقِ حجرا على حجرأ و قامت بقصف كل ما وقع تحت أعينها النارية. وهذا هو الهدف الاستراتيجي الغير مخفي طبعا من الحرب ضد نظام العقيد القذافي.أما الديمقراطية وحرية الشعب الليبي فهو قناع كرنفالي ملوّن. كما وسوف في قادم الأيام أيضا عن رصد مليارات الدولارات من أموال الشعب الليبي طبعا لكذا وكذا من المشاريع العملاقة المغرية, على الورق فقط, دون أن يعلم أحد عن كيفية صرفها وفي أي مجال ومتى ومع مَن؟

وكما حصل في العراق"الجديد" بعد إحتلاله وتدميره, وهذا ما لا نتمناه أبدا لآخوتنا في ليبيا, لا تستغربوا من أن تقوم الأمم المتحدة, والتي تعني أمريكا ودول أروربا التي شاركت في الحملة العسكرية وتحت حجج وأعذار مختلفة, بإدارة سؤون ليبيا بشكل مؤقّت أو إنتقالي, وإدخالها تحت فصل ما من فصول ميثاق الأمم المتحدة..بل لا تستغربوا أيضا إن ظهرلنا في يوم ما "بول بريمر"جديد في طرابلس أو أحمد جلبي ليبي. خصوصا وأن الكثير من المحسوبين على ثوّار ليبيا كانوا يتواجدون لعدّة سنوات في أمريكا ودول الغرب. وهُم بالتالي أهل ثقة عند الدول التي رعتهم وإستضافتهم وتعبت عليهم.

بل لا تستغربوا أيضا إذا ما قامت فرنسا وبريطانيا, طبعا بحراسة وحماية قوات الناتو, ببناء "منطقة خضراء" تضمّ مؤسسات الحكم الجديد وبعض السفارات الغربية بحجّة أن الوضع الأمني في طرابلس ما زال هشّا وغير مستقر, وإن هناك عناصر"إرهابية" قذافيّة وقاعدية وسلفية..ألخ, لا تريد الخير لليبيا ولنظامها الجديد. وبالفعل بدأت بعض الأصوات في الغرب, وكذلك في المنطقة العربية, تنادي بضرورة إرسال قوات عربية إسلامية, وأكيد بقيادة حلف الناتو وأمريكا من خلفه, لمساعدة النظام الجديد في ليبيا على حفظ الأمن والاستقرار.

ومن المؤكّد أننا سوف نكتشف, ولكن بعد خراب طرابلس وسيرت وسبها وغيرها, بأن البترول الليبي سيبدأ بالتدفّق في الأيام المقبلة الى دول حلف الناتو, فرنسا وبريطانيا وإيطاليا تحديدا, قبل وصول الكهرباء والدواء والماء الصالح للشرب الى بيوت الليبيين المحرّرين من نظام العقيد القذافي, فهؤلاء هُم آخر مَن يتذوّق طعم ونكهة الحرية. وليس مستبعدا أننا سنسمع بان الوزارة الوحيدة التي تعمل بفعّالية وبدون كلل أو تأخّر وبشكل يومي هي وزارة النفط في طرابس, طبعا تحت إشراف وحماية مباشرة من قوات حلف الناتو والشركات الغربية الكبرى.

mkhalaf@alice.it

شبكة البصرة

الاربعاء 2 شوال 1432 / 31 آب