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Sunday, January 06, 2008

HASSEN NASRALLAH:NOUS AVONS EMPËCHE L'EXECUTION DU PLAN AMERICAIN AU LIBAN

Sayyid Hassan Nasrullah, secrétaire général du Hizbullah :

«Nous avons empêché l’exécution du plan américain au Liban »

Traduction CIREPAL (Centre d’Information sur la Résistance en Palestine)

4 janvier 2008

Dans une longue interview accordée à la chaîne NBN, le secrétaire général du Hizbullah a longuement décrit la situation libanaise en la rattachant à la situation régionale et internationale. Nous traduisons ici une partie de cette interview. Nous avons mis entre parenthèses les explications nécessaires à la compréhension de certains passages, et avons résumé certains autres.

Le plan américain

Question : Les gens sont de plus en plus perdus, au Liban, ils ne savent plus qui croire, ne savent plus quel est le fond du problème. Est-ce que l’opposition a manqué dans sa tâche d’éclaircir la situation ?

Sayyid Nasrullah : Concernant le projet américain, nous avons toujours besoin de rappeler aux gens, ce que soit au public du (groupe du) 14 mars (les partis du pouvoir, nommé également 14 février), à l’ensemble du peuple libanais et tous les peuples de la région, qui suivent l’évolution de la situation et des événements au Liban, pour faire connaître la réalité de ce qui se déroule au Liban. Le projet américain au Liban fait partie du projet américain dans la région. Au Liban, tels que nous le voyons, il signifie quatre points qu’il nous faut connaître au moment où nous lui faisons face. Ces points sont :

1 – L’administration américaine veut qu’il y ait au Liban un pouvoir qui lui soit inféodé, qui exécute ses ordres et réalise ses objectifs dans la région. Ce qui veut dire que si les Etats-Unis souhaitent y avoir des bases (militaires), ce pouvoir leur faciliteront la tâche, comme ce qui existe dans les Etats de la région. Mais s’il y a un pouvoir qui refuse la présence de ces bases américaines au Liban, il sera un obstacle au projet américain. Par conséquent, s’il y a des forces politiques ayant une dimension nationale, qui font passer les intérêts nationaux avant les intérêts américains et qui ne sont pas prêts à être les outils du projet américain, elles n’ont aucune place dans ce pouvoir.

2 – Le projet américain au Liban est dépourvu de toute résistance, ni le Hizbullah, ni autre que le Hizbullah. Quiconque pense affronter les ambitions israéliennes et les agressions israéliennes, sa présence sera interdite au Liban, que ce soit au niveau de la pensée, de la culture ou des armes.

3 – L’installation définitive des Palestiniens, non pas pour résoudre la dimension humaine, mais pour liquider le droit au retour, pour supprimer la question palestinienne au profit de l’entité sioniste.

4 – Utilisation du Liban pour faire pression sur la Syrie, exercer un chantage sur ce pays et le pousser à se plier aux exigences des Etats-Unis, au niveau régional, au niveau du règlement global et au niveau du projet du nouveau moyen-orient.

La preuve de ce que j’avance :

1 – la résolution 1559 qui stipule l’élection d’un président sans intervention étrangère, sauf américaine, ce qui signifie que les Etats-Unis veulent recomposer le pouvoir qui lui est inféodé, c’est pourquoi les Américains ont refusé de donner un délai, même deux mois, pour légiférer sur une nouvelle loi électorale, ils ont insisté sur la date des élections (législatives) parce que George Bush avait déclaré qu’il fallait que les élections aient lieu avant telle date, et c’est pourquoi ils ont accepté une loi électorale dont ils disaient qu’elle est injuste et non équitable, l’ayant même nommé la loi de Ghazi Kanaan (renseignements syriens), car ils étaient pressés de mener ces élections, et d’être un pouvoir qui réalise ce but.

2 – Désarmer la résistance sous le prétexte de désarmer les milices.

3 – La question palestinienne devant conduire à l’installation définitve (tawtîn).

4 – La pratique depuis deux ou trois ans, en ce qui concerne l’attitude envers la Syrie. Personne au Liban ne souhaite que la Syrie dirige ou administre le Liban, ce sont les Libanais qui doivent administrer le Liban, ni la Syrie ni les Etats-Unis, ni la France, ni l’Arabie Saoudite, ni l’Iran, ni personne. Mais il n’est pas de l’intérêt du Liban qu’il devienne un ennemi ou un adversaire de la Syrie, mais dès le début, cela est allé dans cette direction.

C’est le projet américain qui se résume en : pouvoir inféodé, pas de résistance au Liban, pas de forces nationales refusant de prendre le train du projet américain, et il y a des forces nationales autres que le Hizbullah qui refusent et insistent à mettre en avant l’intérêt national, qui refusent l’installation définitive des Palestiniens, bien que certains présentent cette question dans sa dimension religieuse, soit l’augmentation du nombre des musulmans par rapport au chrétiens, ou dans le cadre confessionnel, l’augmentation des sunnites par rapport aux autres musulmans. Nous considérons, par contre, qu’il s’agit d’une liquidation du droit au retour en préalable de la liquidation de la question palestinienne. Car l’un des nœuds les plus complexes posés dans les négociations palestino-israéliennes est celui du droit au retour. Les Américains agissent pour réaliser ce but, soit par leurs activités politiques soit par les assassinats qu’ils commettent, selon mon explication et mon analyse, et je suis prêt à discuter de ce sujet, ces assassinats derrière lesquels se trouve, le plus probablement, Israël, ou soit par la guerre de juillet (2006) et toutes les pratiques des Etats-Unis.

En face, la résistance, dans sa dimension militaire ou l’opposition nationale dans sa dimension politique intérieure, mènent une lutte non pas contre ce courant ou ce parti appartenant au 14 mars, mais contre George Bush qui déclare suffoquer, ces jours-ci, et contre l’administration américaine, avec Abrams, Welsh, Condolizza Rice, et contre le projet américain qu’ils veulent imposer aux Libanais. C’est notre vision, nous devons l’expliquer et la clarifier. Les forces de l’opposition en sont conscientes, mais pour les forces du 14 mars, une partie est convaincue du projet américain, considérant que c’est pour l’intérêt du Liban, et une autre partie n’écoute pas, d’autres ont déjà écrit leur réponse à cette interview avant même d’en connaître le contenu, ou des communiqués d’insultes…

Le gouvernement d’union nationale

Question : les forces du pouvoir affirment que l’opposition ne veulent pas l’Etat tel qu’il est conçu ?

Sayyid Hassan Nasrullah : Ceci n’est pas vrai, la preuve étant qu’en 2005, lors des élections électorales, bien que nous n’étions pas convaincus de la loi électorale qui a été appliquée, nous avions accepté d’y participer, et nous n’étions pas convaincus de la date mais nous y sommes allés car au Liban, le début correct pour former un nouveau pouvoir part des élections législatives. Si les élections avaient eu lieu selon une loi électorale correcte, les résultats des élections auraient été sains, et le pouvoir aurait été sain également, mais nous avions accepté cela car nous voulons qu’il y ait un pouvoir au Liban et nous ne voulons pas le vide, notamment après le départ de la Syrie dont la présence était voulue au niveau international et arabe. Nous avions accepté le règlement, comme nous avions accepté l’accord quadripartite et sommes allés vers les élections au moment où nous n’étions pas convaincus, ni pour la date, ni pour la loi électorale, et pour prouver notre sérieux, nous sommes allés au gouvernement, et c’était la première fois où nous participions directement. Au début, nous avions soutenus le gouvernement, mais lorsque nous y sommes rentrés, ce n’était pas sur la base du tiers garant, nous y avions participé sur la base d’un accord politique, pour construire un pouvoir et un Etat et surmonter le vide existant.

Mais lorsque nous y sommes allés, nous nous sommes aperçus qu’il y a un projet qui se réalise par le biais du gouvernement et par le biais du pouvoir, et que nous étions uniquement des témoins incapables, ne pouvant rien changer ni au niveau politique ni au niveau administratif et économique.

Au début, nous sommes allés vers tout ce qui consolide l’Etat et forme le pouvoir, malgré les dangers, et lorsqu’il y a eu crise politique, nous sommes allés vers le dialogue, nous avions essayé, par le dialogue, de régler les questions essentielles en suspens, mais il y a une partie qui veut réaliser certains objectifs et se diriger sans les autres partenaires du pays, ce qui a conduit à la crise politique actuelle.

Question : est-ce qu’à votre avis, les Etats-Unis ont besoin d’une base au Liban ?

Sayyid Nasrullah : Les Américains ont besoin de bases n’importe où, car cela fait partie des priorités du projet américain, surtout après l’effondrement de l’Union soviétique, ils ont besoin d’une présence directe dans la région, ils ont besoin de tenir le pouvoir au Liban, les appareils sécuritaires et l’armée. C’est le projet réel pour que le Liban soit soumis à la politique américaine, qu’il fasse la concorde avec Israël, mette fin à l’état de résistance, installe définitivement les Palestiniens et que le Liban devienne un outil du projet américain dans la région .

Question : Est-ce que l’accord de Taëf manque d’un mécanisme pour régler les dissensions entre les Libanais ?

Sayyid Hassan Nasrullah : Cela exige de longues discussions, est-ce que le problème se situe au niveau des mécanismes ? Je ne le crois pas, le problème est qu’il y a un groupe au pouvoir qui veut s’en accaparer et qui refuse la participation de l’autre partie. C’est pourquoi nous considérons que ceux qui disent que le tiers garant, ou annulateur ou qui fait tomber le gouvernement soit, accorder le tiers du gouvernement à l’opposition est un suicide politique, que c’est étrange. Dans tous les Etats du monde, lorsqu’il y a une crise interne, ou aux lendemains d’une guerre, ou dans le cadre de défis au niveau régional, ou international, ces Etats forment un gouvernement d’union nationale. Mais ici, au Liban, le gouvernement d’union nationale devient un suicide politique. Certains parlent de suicide politique, d’autres disent que cela est impossible et non envisageable, pendant qu’un troisième parle de cadavres….. Aujourd’hui, le problème réel, c’est que le principe de la participation, soit le tiers garant, veut dire que l’opposition devient associée dans la formation du pouvoir et dans l’administration du pays, cela veut dire qu’il n’y aura pas d’installation définitive des Palestiniens (tawtîn).

Question : est-il possible qu’ils dipalident le pays à ce point ?

Sayyid Hassan Nasrullah : Oui, et lors de la guerre de juillet (2006), ils l’ont fait : est-ce qu’il y a un Libanais qui demande aux Etats-Unis qu’Israël déclenche une guerre contre le Liban, qu’il détruite des régions entières ?

Question : En êtes-vous certains ?

Sayyid Nasrullah : Oui, nous en sommes certains et j’en fais serment. La pratique au cours de la guerre confirme les accusations que nous portons. S’il y a une opposition, un tiers garant, cela veut dure qu’il y a un effort libanais officiel pour traiter les dossiers en suspens avec la Syrie, et de ce fait, ne pas utiliser le Liban pour la guerre et les pressions sur la Syrie. S’il y a une opposition et un tiers garant, cela signifie que la question de la résistance se traite dans le cadre d’une stratégie de défense nationale qui consolide la force du Liban et non sur la base de la suppression de la résistance pour le profit d’Israël. S’il y a une opposition et un tiers garant, cela signifie qu’il y a une politique économique nationale non soumise aux conditions du Fonds monéraire international et de la Banque mondiale. S’il y a une opposition et un tiers garant, cela signifie qu’il y a des institutions militaires et sécuritaires nationales et non une armée et des appareils sécuritaires refondées et dont l’idéologie est refondée pour être, en fin de compte, des appareils de renseignements au service du FBI et de la CIA. C’est cela, le tiers garant.

Ils nous voulaient comme décor

Question : Vous étiez au pouvoir. Pourquoi n’êtes-vous pas restés et gardé le tiers garant ?

Sayyid Nasrullah : Il est d’abord important de rappeler que lorsque nous sommes entrés au gouvernement, il n’y avait aucune discussion sur le tiers garant, et nous ne sommes intervenus ni par une part, ni dans des négociations menées par le parti al-Mustaqbal (Harîrî) avec le courant national libre (Aoun), ni dans les négociations entre le président (gouvernement) Sanioura et le président (république) Lahoud autour du nombre des ministres…. Amal et le Hizbullah sont entrés au gouvernement sur la base d’un accord politique qui avait commencé avant les élections législatives. Ils ont rompu cet accord. De quoi parlait-il ? Un accord politique sur les armes de la résistance et sur la participation. Ce furent les points essentiels….

Mais lorsque nous sommes entrés au gouvernement, les questions essentielles n’étaient plus discutées, ni dans le cadre de l’alliance quadripartite des partis, ni dans le gouvenement. Par exemple, la question de l’énergie, qui est un des principaux dossiers du pays (eau, électricité et pétrole). Le ministre de l’énergie est l’un des nôtres, il découvre que le chef du gouvernement a constitué un groupe de travail qui met les plans, les programmes et les politiques dépendant du ministère de l’énergie, sans qu’il en soit au courant, alors qu’il avait également constitué un groupe de travail. Les ministres de Amal et du Hizbullah découvrent aussi que le plan économique et financier du gouvernement était prêt, sans qu’ils ne soient consultés. L’équipe de la majorité avait même fait un plan pour l’agriculture, alors que le ministre de l’agriculture n’était pas au courant. Pour la question de la sécurité, il a été décidé, et le texte a été montré par le ministre Fneish qu’il sera constitué un bureau de renseignements avec la présence d’officiers internationaux, ce bureau aura pour tâche le contrôle des appareils sécuritaires libanais et la discussion de ses plans, de ses programmes, de son développement, de son équipement et financement. Au temps des Syriens, cela n’existait pas !.... Il s’est donc avéré que nous étions là pour le décor, afin de dire que toutes les confessions sont représentées dans le gouvernement, et c’est pourquoi nous avons préféré le quitter.

Nous ne leur accorderons pas la légitimité de gouverner seuls

Question : il leur reste un an et demi au pouvoir. Pourquoi ne pas les laisser gouverner jusqu’aux prochaines élections électorales ?

Sayyid Nasrullah : S’ils gouvernent pendant un an et demi sans l’opposition, ce sera un grave danger sur le liban… Le problème n’est pas dans la présidence de la république, que ce soit Michel Sulayman ou Michel Aoun, la situation sera la même et sans le tiers garant, le général Aoun ne pourra rien faire non plus. Vous dites que la situation antérieure était stable, oui, parce que le Liban, pendant 15 ans, a été tenu par un ordre régional et international. Maintenant, on nous dit : vous les Libanais, réglez vos problèmes vous-mêmes, quelle que soit l’intervention américaine ou étrangère. Nous nous sommes retrouvés confrontés aux problèmes réels, lors de notre présence au gouvernement… Il y a un groupe qui emmène le pays vers une voie dangereuse… Et je m’adresse aux Libanais, leur disant : la question est posée, est-ce que nous les laissons gouverner encore, est-ce que nous leur facilitons la tâche, par notre générosité ? L’opposition a facilité beaucoup de choses, à tel point que la base reproche beaucoup et je comprends ce reproche, mais c’est un autre problème. On nous dit : pourquoi insistez-vous sur le tiers garant, laissez élire le général Sulayman, qu’ils forment leur gouvernement, et dans un an et demi, ce seront les élections législatives. De mon point de vie, s’ils prennent le pouvoir sans faire participer l’opposition avec le tiers garant, et quel que soit le président de la république, cela constituera un danger sur le pays, dans différents domaines : politique, jurisique, économique, et même sécuritaire. Cela exige évidemment quelques explications.

Nous savons que le gouvernement fait la loi électorale. Qu’est-ce qui nous garantit que ce gouvernement que nous allons laisser gouverner pendant un an et demi, ne reviendra pas avec la nouvelle loi électorale, renouvelant la crise pour quatre ans supplémentaires ? La majorité veut une loi électorale qui lui permette de revenir, elle fera une loi lui garantissant la majorité au parlement, pour quatre ans.

Pour la question économique, les lois qui seront appliquées pendant un an et demi comportent de graves dangers pour les paysans, les industriels, la main d’œuvre et les fonctionnaires de l’Etat, avec l’augmentation des impôts et des taxes. Le programme économique de ce gouvernement est la conséquence de la conférence de Paris 3, et les conditions du Fonds monétaire international. La présence de l’opposition au gouvernement avec le tiers garant limite les effets de ce plan. Concernant la sécurité, en un an et demi, les appareils sécuritaires et l’armée seront recomposés et reformés de manière à constituer un danger sur le pays. Même si nous avons confiance dans la présence de Michel Sulayman à la présidence, le gouvernement, dans sa majorité écrasante (sans tiers garant), peut prendre des décisions relatives aux appareils sécuritaires et militaires, et si le président n’est pas d’accord, il sera isolé comme l’a été le président Emile Lahoud, le gouvernement pourra prendre des décisions concernant la refondation de l’appareil judiciaire. Il peut le faire en un an et demi. Ils peuvent organiser l’Etat pour garantir leurs propres intérêts et les intérêts de ceux qui sont derrière eux…

De notre côté, nous considérons le gouvernement actuel comme illégal, et ce qu’il fait est illégal. Cela est très dangereux, mais reste beaucoup moins dangereux que si nous leur remettons le pouvoir, car quand nous leur remettons le pouvoir, nous reconnaissons son caractère constitutionnel, légal, ce qui veut dire que nous lui donnons la possibilité de gouverner le pays d’une manière très dangereuse, et je ne parle pas ici du parti, car ils ne peuvent rien faire à ce niveau, mais il s’agit du pays en entier ; la situation actuelle reste beaucoup moins dangereuse que si le gouvernement gouverne sans opposition et sans tiers garant.

Par ailleurs, nous étions prêts à agir si jamais le pouvoir avait procédé à l’élection du président avec la formule de la moitié + 1 (nombre de députés, et non des deux tiers comme le réclame l’opposition et des députés de la majorité). Mais la période des fêtes est venue, nous avons donné le temps aux négociations. Nous avons la patience, nous avons attendu jusqu’à la fin de la période des fêtes. A notre avis, la médiation française n’est pas finie, malgré les déclarations de Sarkozy, et des efforts arabes sont en cours. Nous attendons de voir si ces médiations amèneront quelque chose de nouveau. Si ces médiations s’achèvent, et si le gouvernement persiste à vouloir exercer les responsabilités de la présidence, et s’il n’y a plus rien à l’horizon, nous prendrons le temps, une semaine ou dix jours, pour la consultation et la discussion entre les forces de l’opposition pour trancher. Qu’allons-nous faire ? Aujourd’hui, je ne peux rien dire, le parti n’est pas le seul dans l’opposition. Ce qu’adoptera la direction de l’opposition sera annoncé, sera fixé et par conséquent, mis en route. Mais que l’Mais que l’opposition garde son silence et ne bouge pas ? Non, si l’opposition est calme, c’est parce qu’il y a des médiations, et nous tenons à donner une chance à ces médiations.

Question : Nous avions déjà entendu cela il y a un an. Les forces du pouvoir affirment que votre capacité ne va pas au-delà ce ce qui est, puisque vous ne déclarez que la guerre interne est interdite ?

Sayyid Nasrullah : J’affirme une fois encore qu’il s’agit d’un point de force pour l’opposition, cela montre son honnêteté, elle ne veut ni guerre civile ni guerre interne, elle tient à la paix civile, à la stabilité… En réalité, c’est ce souci qui a empêché l’opposition à aller vers l’avant, et les médiations étaient encore actives. Nous avons attendu jusqu’aux élections présidentielles. L’opposition a offert de grandes facilités, comme l’initiative du président (de l’assemblée nationale) Nabih Berri, où elle a abandonné sa condition de formation d’un gouvernement d’unité nationale avant les élections présidentielles.

Question : et pourquoi n’a-t-il pas élu ?

Sayyid Nasrullah : parce qu’ils disent nous voulons un président qui forme son propre gouvernement, et non un gouvernement d’unité nationale, ils ont pris une partie de la proposition et ont laissé l’autre, qui est aussi important que le premier. Il y aura un président s’il y a un gouvernement d’unité nationale, c’est ce qui résoudra le problème au Liban.

Ils ont arrêté le dialogue interne, ne voulant pas discuter avec le général Aoun, qui représente l’opposition. Quand ils discutaient avec Nabih Berri, représentant l’opposition, ils disaient que le chrétien dans l’opposition n’était qu’une annexe, et quand Nabih Berri a remis la responsabilité des négociations au général Aoun, ils ont dit qu’il est un outil utilisé par l’opposition et ont refusé de poursuivre les négociations avec lui. Il y a un problème de moralité au Liban : ils ont arrêté les négociations internes, les médiations arabes ont été arrêtées, et aussi les médiations internationales. Alors, l’opposition est contrainte de prendre des mesures, des moyens civils et légaux, pour y faire face.

La position syrienne

Question : qu’en est-il de la Syrie ? Est-ce que la communauté internationale souhaite ou non l’intervention de la Syrie au Liban ?

Sayyid Nasrullah : une grande pression était exercée sur la Syrie pour qu’elle n’intervienne pas, elle était accusée d’intervenir, et aujourd’hui, il y a une demande de la communauté internationale pour qu’elle intervienne. Tantôt, on veut punir la Syrie parce qu’elle intervient au Liban et tantôt, il lui est demandé d’intervenir. Cela montre d’abord l’échec de la politique américaine, qui voulait décider seule au Liban. Qu’est-il demandé de la Syrie ? Ils lui demandent de faire pression sur l’opposition pour que cette dernière abandonne sa revendication naturelle et logique, concernant le gouvernement d’unité nationale et la loi électorale. Les Européens sont intervenus, à plusieurs reprises, et notamment le président Sarkozy. Les Français ont voulu alléché la Syrie par plusieurs propositions : les relations normales avec la Syrie, les relations euro-syriennes. Mais les dernières paroles du président Sarkozy, menaçant au sujet du tribunal international, signifient la politique de la menace aux côtés de la promesse.

En tant qu’opposition libanaise, il faudrait témoigner devant l’histoire : la Syrie qui a un intérêt certain dans la reprise des relations syro-françaises, et la reprise des relations arabo-syriennes, qui a un intérêt certain dans la reprise des relations syro-européennes, et éloigner la menace d’un tribunal qui la vise. Si la Syrie veut considérer ses propres intérêts, elle fait pression sur l’opposition, lui parlant d’intérêts régionaux. Mais, en fin de compte, est-ce que la Syrie peut exercer une pression ? Est-ce que l’opposition se soumet à une telle pression ? Elle le peut et l’opposition peut la refuser, mais les Syriens sont venus et ont discuté avec l’opposition, nous disant que les propositions sont telles et telles, qu’acceptez-vous et que refusez-vous ? En tant qu’opposition, nous avons dit, nous acceptons tel et tel points, ce dont nous parlons aujourd’hui. Ce que nous recherchons, c’est l’intérêt du Liban, un Liban indépendant et libre, non soumis à l’administration américaine, un Liban qui refuse la guerre civile. Nous avons accepté l’élection d’un président de concorde, mais accompagnée d’un groupe de revendications, qui sont le gouvernement d’unité nationale, etc…

La Syrie a mis en avant les intérêts de l’opposition nationale libanaise avant ses propres intérêts, prouvant qu’il s’agit d’une relation de respect et non de dépendance, car l’intérêt de la Syrie était de faire passer toute proposition, au détriment de l’opposition, afin de récupérer sa situation régionale et internationale, remettant à plus tard la question du Liban. Il y a de fortes pressions actuelles sur la Syrie, des menaces contre elle, une résolution du conseil de sécurité, ou ce dont a parlé Sarkozy, aucun président ne parle ainsi. Malgré tout, la Syrie n’a aucunement fait pression sur nous. Elle a les moyens de le faire, elle peut fermer les frontières, etc… mais elle a considéré que son rôle n’est pas de faire pression, mais de discuter avec l’opposition, car la décision est finalement celle de l’opposition.

Question : comment le problème syro-saoudien sera résolu ?

Sayyid Nasrullah : La réconciliation syro-saoudienne aidera à résoudre la crise libanaise, mais c’est surtout le facteur américain qui est principal, ce ne sont ni le facteur syrien, ni le facteur saoudien. Ce sont surtout les Etats-Unis qui empêchent une entente entre les Libanais.

Pas de victoire décisive, mais nous avons empêché l’application du plan américain

Avant de clore le dossier interne, une conclusion :

Ni le pouvoir ni l’opposition n’ont remporté de victoire décisive ou subi de défaite décisive, même si certains du pouvoir considèrent que donner le tiers garant à l’opposition signifie une victoire de celle-ci. Nous ne recherchons pas de victoire morale ou politique, nous recherchons une solution sérieuse à la crise actuelle du Liban, qui ne peut être résolue que par la participation.

Mais d’autre part, je voudrai m’adresser au peuple libanais, et plus spécifiquement au public de l’opposition : la chose dangereuse qui devait être accomplie au cours de ces trois dernières années, nous l’avons empêchée dans une grande mesure, le projet américain, qui menace le Liban. Au cours de ces trois années, ce projet n’a pu voir le jour, la résistance est toujours là, elle était visée par le projet américain et la résolution 1559, la résistance a été ciblée pour l’isoler politique, elle a été visée pendant la guerre de juillet, qui était une guerre à cent pour cent américaine, et par décision américaine.

Ensuite, il n’y a aucune chance, à cause de la présence d’une opposition forte, pour exécuter le plan de l’installation définitive des Palestiniens, qui sera appliqué s’ils prennent le pouvoir, selon un marchandage précis : nous vous accordons 40 milliards de dollars, et peut-être maintenant 60 milliards de dollars, donnez la nationalité à 250.000 Palestiniens, et trouvons une solution pour les 50.000 autres. Ils considèrent cette question à partir du salut national. Troisième point, l’opposition a empêché que le Liban devienne une partie du camp américain, jusqu’à présent. Est-ce que nous pouvons donc affirmer que les Etats-Unis ont échoué à réaliser leur projet ? Oui, il a échoué, et c’est la réalisation de l’opposition.

Mais l’opposition n’a pas réalisé son objectif, parce qu’elle est en situation défensive. Le problème n’est pas les forces du 14 février (14 mars, les deux sont utilisés, ce sont les forces du pouvoir), car l’opposition mène une lutte politique mondiale, comme la résistance a mené au cours de la guerre de juillet une guerre mondiale. Il y a une guerre mondiale (menée par) les Etats-Unis et la communauté internationale qui veulent imposer une formule précise sur les Libanais.

Nahr el-Bared et les plans de liquidation du droit au retour des réfugiés

Question : est-ce que vous craignez une autre (guerre) de Nahr el-Bared, au Liban ?

Sayyid Nasrullah : Je suis inquiet au sujet de la situation dans les camps. Dans quel sens ? Dans celui où l’ensemble de la question de la (présence) palestinienne est en discussion, et par conséquent, nous ne pouvons pas dire que le sujet est loin de tout projet dans la région. Je ne parle pas selon la logique d’un complot, mais je dis qu’il y a un effort concernant le sujet palestinien dont ils veulent finir, ils veulent finir avec le conflit israélo-palestinien. Le problème essentiel est celui des réfugiés, et le projet de l’installation définitive des Palestiniens au Liban est un projet très sérieux, très très sérieux, et je possède des indices et des éléments.

Le problème, c’est si on fait intervenir dans des conflits les camps palestiniens, à l’intérieur des camps ou avec son entourage, ou avec l’armée libanaise, par le biais de groupes inflitrés ici ou là. Je n’aborde pas ce problème pour faire peur, mais pour dire aux organisations palestiniennes, celles de l’OLP ou de l’alliance, aux habitants des camps et de l’entourage, à l’Etat libanais et à l’armée libanaise : le dossier palestinien, le dossier des camps, doit être notre souci à tous, afin qu’on ne soit pas entraîné vers l’erreur.

Question : vous aviez considéré à l’époque que le camp est une ligne rouge. L’armée a cependant réussi à dominer et à trancher le conflit ?

Sayyid Nasrullah : A quel prix ? Des pertes importantes, pour l’armée et les Palestiniens. Il y avait une possibilité de régler le problème sans payer ce prix et c’est ce que nous cherchions. Jusqu’à présent, les conséquences de Nahr el-Bared ne sont pas finies, ni ses conséquences humaines et sociales, la souffrance des habitants du camp de Nahr el-Bared, qui s’en aperçoit ? Mais également les souffrances des soldats qui ont offert tous ces grands sacrifices, et les conséquences sécuritaires. Qui a dit que ce dossier est clos ? Il était possible de régler cette question avec moins de coût, et tout ce que nous avions voulu dire à l’époque, était notre souci envers l’armée et envers les palestiniens, et le peuple palestinien dans les camps, c’est ce qui nous a fait dire que c’est une ligne rouge.

Une autre guerre israélienne ?

Question : est-ce qu’Israël peut lancer une attaque, à partir du rapport de la knesset disant que son armée a été impuissante ?

Sayyid Nasrullah : Du point de vue théorique, tout est possible, mais dans les faits, un mois, deux, trois, quatre ou cinq, cela exige une longue discussion. Les Israéliens parlent de guerre, Ashkinazî parle de la guerre prochaine contre le Liban qui serait victorieuse, mais aussi Ehud Barak. Les manœuvres menées dans la région nord, mais aussi les manœuvres partielles qui se mènent toutes les semaines, certains Libanais n’en entendent pas parler. Les Israéliens font également l’effort de recomposer leur armée, tous ces faits disent, et c’est normal vu sa nature agressive et expansionniste, qu’il pense à reprendre une guerre un jour ou l’autre, mais quand ? On ne le sait pas. De plus, ce n’est pas une question locale ou régionale. Est-ce que la guerre de juillet avait des considérations israélo-libanaises ? Non, elle était essentiellement américaine, et sa décision américaine. Par conséquent, les Etats-Unis peuvent donner l’ordre à tout moment à une attaque. Nous, par contre, nous sommes concernés en étant attentifs, à nous y préparer, à ne pas dormir sur l’idée que les israéliens ne feront rien. Nous faisons en sorte d’empêcher la guerre, et le moyen de l’empêcher consiste à s’y préparer, soit dire aux Israéliens que nous sommes prêts. Quand nous disons aux Israéliens que nous sommes capables de toucher tout point en Palestine occupée, nous ne faisons pas seulement de la guerre psychologique, mais nous disons : la guerre coûtera très cher. Ils ont dit beaucoup de choses pendant la guerre, nous n’avions pas répondu, mais aujourd’hui, tout se dévoile avec les enquêtes, comme lorsqu’ils ont dit, au début de la guerre, qu’ils avaient touché la capacité de lancement des fusées du Hizbullah, ce n’était pas vrai. Actuellement, les officiers supérieurs reconnaissent qu’ils avaient prétendu faussement avoir remporté une victoire au début de la guerre. Donc, nous nous préparons tous les jours, pour empêcher la guerre, mais si elle est déclenchée, nous y sommes prêts.

Question : qu’en sera-t-il des résolutions internationales ?

Sayyid Nasrullah : Que ceux qui les violent en supportent les conséquences. Nous de notre côté, nous ne déclencherons pas la guerre. Nous serons critiqués, comme nous sommes critiqués quand nous disons que nous ne voulons pas déclencher une guerre, ou critiqués quand nous disons que nous ferons la guerre. Cela nous est égal, nous assumerons notre responsabilité et défendrons notre pays et sa dignité. Nous ne voulons pas la guerre, mais si elle est déclenchée, nous défendrons notre pays.

Question : Vous vous défendrez ou bien laisserez ce soin à l’UNIFIL et à l’armée libanaise ?

Sayyid Nasrullah : L’UNIFIL n’est pas dans une position de défendre le pays, d’ailleurs il ne considère pas que telle est sa mission. Ils écrivent des rapports, comme sur les violations aériennes actuelles. Quant à l’armée libanaise, toute seule, (elle en est incapable), elle a besoin de toutes les forces, sécuritaires, résistance populaire, etc..

Personne ne peut imposer quoi que ce soit à l’opposition

Question : quelle est votre position aujourd’hui ?

Sayyid Nasrullah : Si le monde entier se coalise pour imposer quoi que ce soit à l’opposition, comme en juillet 2006, qui ne soit pas de l’intérêt du Liban, ils ne peuvent l’imposer à l’opposition. Le monde entier, le conseil de sécurité, les Etats-Unis, la France, tous les Arabes, l’Iran et la Syrie, l’opposition est solide et certaine de ses droits, elle a confiance dans sa base populaire et dans sa force, et n’a peur de rien, sauf de Dieu. Ses revendications sont justes, modestes, elle ne veut supprimer personne. De ce fait, la menace de faire intervenir le conseil de sécurité, ou les décisions internationales, ne change rien. Nous n’affronterons pas pire que ce qui est arrivé en juillet 2006.

Pour les Libanais, nous leur disons que malgré la situation difficile, nous n’abandonnerons pas le pays pour ce qui est pire et plus dangereux. Les Libanais doivent savoir que malgré la situation que nous vivons, nous sommes en meilleure situation que la Palestine, que l’Irak, que l’Afghanistan, et même si nous comparons notre situation à celle du Pakistan, si nous voulons comparer notre situation à celle de tous les lieux où les Etats-Unis sont intervenus et voulu prendre en main les affaires. Jusqu’à présent, l’opposition a réussi à diriger la crise politique et le conflit politique avec le moindre dégât.

Question : Où en est-on quant au problème des prisonniers ?

Sayyid Nasrullah : Nous sommes toujours en négociations, il est possible d’avoir des surprises positives ou négatives. Après l’échange partiel qui a eu lieu, nous faisions des pas de façon positive et avancée, mais il semble qu’il y ait eu intervention sur la ligne. Vous êtes au courant des cris émis par certains : que faites-vous ? Vous négociez avec le Hizbullah et leur accordez une victoire. J’ai personnellement insisté pour tempérer cette question, et c’est une réalisation partielle et limitée, mais plus d’une voix se sont élevées, alors que le dossier était en cours. Mais nous avons été surpris plus tard par la lenteur des négociations. Elles sont toujours là, mais certaines choses positives qui étaient fixées ont été remises en cause par les Israéliens.

Question : pourquoi ? Est-ce sous la pression des Américains ?

Sayyid Nasrullah : Je n’ai pas d’explications claire, mais ce que je peux dire, c’est qu’à un moment, nous avons senti que les Israéliens étaient sérieux, mais aujourd’hui, nous sentons qu’ils ne sont pas intéressés, ni d’avoir des renseignements sur les soldats, ni sur autre chose, car nous avons des parties de corps de soldats. Nous voulons proposé, lors des négociations, de les remettre, mais la partie israélienne n’était pas intéressée, sachant qu’auparavant, tout a été négocié, comme lors de l’opération d’Ansariyyé. Dans tous les cas, tout est possible, les négociations sont en cours, et il est possible que d’ici quelques semaines, des résultats apparaissent pour savoir si les négociations auront des conséquences positives ou négatives.

LE SNIPER DE BAGDAD EST DE RETOUR

samedi 05 janvier 2008 |L’Orient-Le Jour
REPORTAGE - Héros et mythe de la « résistance »
irakienne
Le retour de Juba, le « sniper de Bagdad »
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=
article&id=361469


Au travers de la lunette de visée d’un fusil de
précision, la silhouette du soldat se dessine dans la
fenêtre d’un mirador en béton. Une détonation. Le
corps s’écroule comme un pantin, chute de la tourelle.

Le sniper Juba vient de frapper.

Une nouvelle et troisième vidéo de ce mystérieux
tireur d’élite de l’Armée islamique en Irak, l’un des
principaux mouvements de l’insurrection sunnite, est
disponible depuis fin décembre sur Internet.
Cette compilation d’images de GI touchés par des tirs
de sniper affirme vouloir « dire la vérité au peuple
américain » sur la réalité des pertes américaines en
Irak. « L’Administration US ment à son peuple. Avec
nos vidéos, nous voulons réveiller le peuple américain
», y déclare le « commandant des brigades des snipers
» de l’Armée islamique, visage flouté et keffieh
autour de la tête.

Juba – un nom de guerre – a fait son apparition sur le
Net courant 2005, dans un premier film de qualité
technique médiocre, mais aux images chocs de soldats
américains s’écroulant sous les tirs de snipers
insurgés. La deuxième compilation de ses « exploits »,
diffusée en octobre 2006, a fait de Juba un mythe. Au
plus fort des violences, le « sniper de Bagdad » est
alors devenu le héros de toute une jeunesse irakienne
et le symbole de la haine de « l’occupant ». Le succès
en ligne a été immédiat, l’impact psychologique
considérable, dans le monde arabe comme dans les pays
occidentaux. Véritable individu ou invention de la
propagande insurgée, « le sniper de Bagdad est devenu
une légende », exaltant le patriotisme, les sentiments
religieux tout en encourageant les vocations au jihad,
observait en 2007 la
Jamestown Foundation, organisme américain de réflexion
sur le terrorisme, soulignant la nécessité de «
maîtriser » rapidement la menace.

Disposant de son site Internet
(www.baghdadsniper.net), Juba est l’un des meilleurs
succès médiatiques de cette branche de l’insurrection.
En particulier face à la concurrence des vidéos de la
branche irakienne d’el-Qaëda, omniprésente sur le Net,
et aujourd’hui en guerre ouverte contre l’Armée
islamique. Le sniper de Bagdad n° 3, sous-titré en
anglais et au design bleu extrêmement soigné, montre
des groupes de tireurs à l’entraînement, avec chants
guerriers et détonations d’armes en fond sonore. Une
dizaine de militaires américains apparaissent tour à
tour, fauchés par des tirs : impossible d’établir le
lieu, la date, les unités impliquées et surtout le
sort du soldat touché.

Le chef présumé des snipers de l’Armée islamique ne
donne aucune indication chiffrée sur ces victimes
américaines, mais parle de « dix agents iraniens » (en
fait des policiers et soldats irakiens) tués chaque
jour. « L’Armée islamique a déjà diffusé environ 70
compilations de ses actions, mais l’ennemi utilise le
fait que peu de cadavres apparaissent sur ces images
pour minimiser ses pertes », estime l’homme.
« Avec le sniping, c’est différent. (...) Ce qui fait
tout l’intérêt de nos vidéos », dont Washington «
tente d’empêcher la diffusion », affirme-t-il. Face
aux tireurs embusqués, « les Américains ont renforcé
leurs contre-mesures », constate-t-il. « Mais nos
snipers surpassent ceux de l’armée américaine. Nos
hommes n’ont que quelques minutes pour localiser la
cible, tirer et prendre la fuite », souligne-t-il,
évoquant l’arrivée de nouveaux fusils et silencieux,
avec « bientôt une surprise qui va choquer l’ennemi ».

Selon un décompte du site indépendant
www.icasualties.org, 338 soldats américains ont été
tués depuis le début de la guerre par des tirs «
d’armes de petit calibre » (8 % des pertes
américaines), dont 48 par des tirs de snipers. L’armée
US répugne à s’exprimer sur le sujet. Le porte-parole
des forces américaines en Irak, le général Kevin
Bergner, concède simplement que « les tireurs d’élite
sont une menace que nous prenons en compte
quotidiennement ».

Hervé BAR (AFP)

Saturday, January 05, 2008

اللجنة التحضيرية للمؤتمر

بسم الله الرحمن الرحيم

المعهد التونسي للعلاقات الدولية

باريس

http://www.tunisitri.net/

tunisielibre@yahoo.fr

باريس في 20/08/2007

إلى العزيز الأستاذ عبد الصّمد محمد عزّ الدين القسّام،

رئيس اللّجنة التّحضيرية لمؤتمر اللّجان الشعبية من أجل العودة.

دمشق – سوريا

:lsh_op_prr@hotmail.com

تحيّة و ســـــلامًا،

لكم سُعدتُ و تشرّفت بتقبل دعوتكم الكريمة لحضور المؤتمر التأسيسي لتجمّع اللّجان الشّعبية من أجل العودة. و إذ أشكركم جزيل الشكر على لفتتكم الكريمة، أريد أن اثمّن مبادرتكم و أشدّد على التأكيد بأنّها الرّد الطبيعي على ما نلمسه في السّاحتين العربيّة و الفلسطينية من تنازلات على الحقوق المشروعة و من تواطئ مع الحلول الاستسلامية و التصفويّة لحق العودة و للقضيّة الفلسطينيّة بأكملها.

إنّ ما أقدمتم عليه من تجميع و توحيد للقوى الشّعبيّة، لهو الاختيار الأوحد لمجابهة هذه الموجة العاتية التي تعصف بحقوق اللاّجئين. و بالمناسبة، أريد لفت انتباهكم إلى أنّ الكثير من المناضلين من أجل حق العودة و مساندة المقاومة، في كندا و في أوروبا، يتحرّكون الآن في الاتجاه الذي اخترتموه، و أذكر على سبيل المثال، حملة المليون توقيع لدعم المقاومة الفلسطينية و التّمسّك بحق العودة، التي بدأت من شهر على موقع "أخبار العرب" بكندا

http://arabnews.ca/


و أعتقد أنّ الأسابيع و الأشهر المقبلة، ستعرف تكثيفًا لتحرّكات مماثلة، داخل الشبكات المناصرة للقضيّة الفلسطينيّة.

الأستاذ العزيز،

إنّه ليؤسفني عدم الاستجابة لدعوتكم بالحضور و كم كان يسعدني أن أشارككم أعمالكم و أتعرّف عليكم و على رفاقكم و إخوانكم، و لكن ظروفًا إدارية خاصّة تمنعني من ذلك.

و ثقوا أنّي سأكون معكم بكلّ جوارحي و عقلي. و ما لم أستطع أن أساهم به بحضوري، سأقدّمه حيث أنا !

إنّي أتصوّر أنّ جزءًا كبيرًا من عمل "تجمّع اللّجان" سيكون على المستوى الإعلامي. لهذا أتعهّد و يتعهّد المعهد التونسي للعلاقات الدّولية، بترجمة كل أعمالكم إلى الفرنسية و نشرها في موقعه و كلّ المواقع الصّديقة.

كما أنّه يسعدني و يشرّفني أن تسجّلوا انخراطي الشخصي و انخراط المعهد، في "تجمّع اللّجان".

أحيّيكم مرّة أخرى و أحيّي كلّ المؤتمرين و أتمنى لكم التوفيق في أعمالكم.

دمتم في حفظ الله و رعايته و السّـــــــــــلام.

د.أحمـــد المنّــاعـي

إلى المناضل الدكتور

أحمـــد المنّــاعـي

باريس

دمشق،في 16/8/2007

تحيّة قوميّة صادقة،

بعد الإنهيارات الكبرى التي لحقت بقضايانا القوميّة و خصوصا في فلسطين .

وبعد تمادي العملاء في خدمة العدو، و تواطؤ القيادات. تنادينا نحن المستقلين في المخيمات

الفلسطينية في سورية، إلى تأسيس تجمعاللجان الشعبية من أجل العودة.

إننا ندعوكم إلى حضور المؤتمر التأسيسي للتجمع الذي ينعقد في المركز الثقافي العربي في مخيم اليرموك بدمشق يوم السبت فيى الخامس و العشرين من الشهر الحالي.

و العزّة و المجد لفلسطين و لرجالات الأمة

رئيس اللجنة التحضيرية للمؤتمر

عبد الصمد محمد عزّ الدين القسّام

ملاحظة: يرجى في حالة عدم الحضور توجيه رسالة إلى المؤتمر تتلى بإسمكم عند الإفتتاح

العنوان الإلكتروني:lsh_op_prr@hotmail.com

LES MENSONGES DE LA GUERRE

Tobias Salander: Comment les mensonges mènent à la guerre.

L’article d’Horizons et débats, reproduit ci-dessous, est absolument passionnant. Il résume le livre : « Operation Balkan: Werbung für Krieg und Tod. (Opération Balkans, propagande en faveur de la guerre et de la mort) (1) qui traite d’un thème qui nous concerne tous de près : la désinformation. Il nous aide à mieux comprendre comment la machine de la désinformation se met en place quand il s’agit de conduire les peuples vers la confrontation et justifier les guerres illégales voulues par les grandes puissances.

Les mécanismes dénoncés par ce livre- à propos de la guerre des Balkans- se sont appliqués à toutes les guerres qui ont suivi : l’Afghanistan, l’Irak, et, sont en ce moment à l’œuvre en ce qui concerne l’Iran et le Darfour.(2) S. Cattori

La disponibilité d’informations nuancées, impartiales et objectives est une des conditions fondamentales du bon fonctionnement d’une démocratie portée par des citoyens libres et émancipés. Sans un certain niveau d’information, il est difficile de prendre des décisions favorables à l’intérêt général et à la coexistence pacifique entre les citoyens, les peuples, les groupes ethniques et les Etats.

80% de toutes les informations proviennent d’agences de relations publiques.

Or c’est de moins en moins possible, comme le montrent des enquêtes telles que celle commandée par l’Office fédéral de la communication (cf. Neue Zürcher Zeitung du 2 février 2007), car les journalistes dépendent de plus en plus d’agences de relations publiques soumises à des intérêts particuliers. Au milieu des années 1980 déjà, Barbara Bearns en Allemagne et René Grossenbacher en Suisse ont montré que près d’un tiers de toutes les informations diffusées par les médias n’étaient pas le fruit d’enquêtes de journalistes, mais provenaient d’agences de relations publiques. Et 80% de toutes les informations provenaient d’une seule et unique source: les bureaux de relations publiques futés. Jörg Becker et Mira Beham, dans leur enquête Operation Balkan: Werbung für Krieg und Tod (Opération Balkans, propagande en faveur de la guerre et de la mort) présentée ici, parlent d’une véritable «colonisation des médias par l’industrie des relations publiques». Ce phénomène apparaît clairement dans le concept d’«embedded journalism» («journalisme intégré, incorporé») de la guerre en Irak: «On se trouve dans le même lit, impudemment, au vu de tous.»

Relation de prostitution entre les journalistes et les relations publiques.

Aujourd’hui, le secteur des relations publiques se développe beaucoup plus vite que le journalisme. Au début des années 1990, il y avait aux Etats-Unis à peu près 120 000 journalistes mais déjà 160 000 spécialistes en relations publiques. En 2001, le reporter de télévision Thomas Leif a attiré l’attention sur le fait que les rapports entre journalisme et relations publiques relevaient de la prostitution, que ces dernières favorisent les tendances suivantes dans les informations médiatiques: «augmentation du nombre de sujets insignifiants, détails sans importance, dilution des informations, focalisation sur les personnes, manque de sérieux, occultation délibérée de sujets importants, mises en scène, divertissement permanent.» C’est là une constatation à laquelle tout consommateur de médias ne peut que souscrire.

Jörg Becker, professeur honoraire de sciences politiques à l’université de Magdeburg et professeur associé à l’université d’Innsbruck, et Mira Beham, journaliste et diplomate de l’OSCE, spécialiste viennoise des Balkans, ont le mérite d’avoir montré dans leur enquête minutieuse sur les guerres en ex-Yougoslavie comment les mécanismes énumérés ci-dessus se manifestent pendant les périodes de guerre.

Homogénéisation de l’opinion publique par les manipulations des relations publiques.

Selon les auteurs, les guerres des Balkans des années 1990 ont montré que «des gouvernements en guerre ont pu transformer leur propagande en messages crédibles en les passant à travers le filtre d’agences de relations publiques et leurs nombreuses voies de communication. Il en est résulté une forte homogénéisation de l’opinion publique aux USA et dans les pays occidentaux en général.» Différentes agences de relations publiques ont réussi à diffuser la propagande des Etats non serbes d’ex-Yougoslavie de telle sorte qu’une «lecture pratiquement identique des guerres des Balkans» s’est imposée à l’opinion publique selon laquelle tous les peuples des Balkans étaient pacifiques à l’exception des Serbes, qualifiés d’agressifs. C’est sur cette interprétation que se sont fondés le gouvernement américain, Amnesty International, Human Rights Watch, Freedom House, l’United States Institute of Peace, la Fondation Soros, des intellectuels libéraux et une grande partie des milieux conservateurs, les Nations Unies, les journalistes, ainsi que les gouvernements de Zagreb, de Sarajevo, les dirigeants des Albanais du Kosovo, l’UÇK».

Une loi unique au monde : la Foreign Agents Registration Act (FARA)

Le point de départ de l’enquête fascinante de Becker/Beham est une loi américaine unique au monde qui oblige les gouvernements étrangers, les organisations et les particuliers à déclarer leurs activités de relations publiques aux Etats-Unis: la Foreign Agents Registration Act (FARA). Cette loi, adoptée en 1938 à titre de protection contre la propagande nazie aux USA et considérablement développée en 1966, exige que toutes les agences de relations publiques américaines signalent au ministère de la Justice pour qui elles font de la propagande, durant combien de temps et quelle est leur rémunération. Ces informations sont accessibles au public, donc aussi aux chercheurs. La loi ne vise cependant pas à empêcher la propagande pour des institutions étrangères aux USA mais elle veut la rendre transparente. Des observateurs critiques américains ont cependant fait remarquer que le gouvernement des Etats-Unis, selon qu’il applique plus ou moins strictement cette loi, a la possibilité de favoriser certains sujets étrangers dans les médias du pays ou d’empêcher qu’ils soient abordés. Les commandes du gouvernement des Etats-Unis et les activités des grandes agences de relations publiques non américaines comme Havas et Euro-RSCG en France, Dentsu au Japon et Saatchi & Saatchi en Angleterre ne sont pas concernées par cette loi.

Donner de soi une image positive et atteindre ses objectifs de guerre.

La consultation des documents par Becker/Beham au ministère américain de la Justice a révélé l’existence 157 contrats de six mois entre des clients d’ex-Yougoslavie et 31 agences de relations publiques différentes ainsi que neuf particuliers pour la période des guerres en ex-Yougoslavie: 1991–2002. Mais les deux auteurs pensent qu’il ne s’agit là que de la partie visible de l’iceberg. Tandis que les adversaires de la Serbie (Croatie, Albanais du Kosovo, Bosnie-Herzégovine et Slovénie) ont dépensé environ 7,5 millions pour leur propagande de guerre, le côté serbe a dépensé moins du quart de cette somme: 1,6 millions. Alors que les adversaires de la Serbie étaient en mesure d’engager des firmes américaines renommées opérant à l’échelle mondiale, les Serbes durent se contenter d’agences plus petites, loin des centres du pouvoir américain. Avec leur propagande, les deux parties visaient deux objectifs: donner de soi une image positive et atteindre leurs objectifs de guerre.

Objectif de relations publiques antiserbes: «Assimilation les Serbes aux nazis»

D’après Becker/Beham, les agences de relations publiques qui ne travaillaient pas pour des clients serbes, avaient déclaré dans les documents de FARA les objectifs suivants:

– «Reconnaissance de l’indépendance de la Croatie et de la Slovénie par les Etats-Unis,

– Perception de la Slovénie et de la Croatie comme des Etats progressistes de type occidental,

– Présentation des Serbes comme des oppresseurs et des agresseurs,

– Assimilation des Serbes aux nazis,

– Formulation du programme politique des Albanais du Kosovo,

– Présentation des Croates, des Bosniaques musulmans et des Albanais du Kosovo exclusivement comme des victimes innocentes,

– Recrutement d’ONG, de scientifiques, de think tanks pour la réalisation de leurs objectifs,

– Intervention des Etats-Unis dans les Balkans,

– Présentation de la conquête par l’armée croate de la Krajina occupée par les Serbes comme légitime et légale,

– Maintien des sanctions de l’ONU contre la Serbie,

– Décision favorable dans l’arbitrage concernant la ville bosniaque de Breko,

– Plainte pour génocide contre la République fédérale de Yougoslavie devant la Cour internationale de justice de La Haye,

– Résultats favorables des négociations de Rambouillet pour le camp albanais,

– Plainte contre Slobodan Milosevic devant le Tribunal pénal de la Haye,

– Promotion des investissements américains dans les Etats succédant à la Yougoslavie,

– Sécession du Monténégro.»

Objectifs de relations publiques proserbes: «Amélioration générale de la mauvaise image»

Les agences de relations publiques ayant travaillé pour des clients serbes ont déclaré les objectifs suivants:

– «Amélioration générale de la mauvaise image des Serbes,

– Amélioration de l’image de la République serbe de Bosnie,

– recrutement d’ONG, de scientifiques et de think tanks pour réaliser leurs objectifs,

– Promotion des investissements américains en Serbie,

– Amélioration des relations avec les Etats-Unis après la destitution de Milosevic,

– Levée des sanctions de l’ONU.»

Possibilité de louer des armées privées: exemple du MPRI.

Becker/Beham montrent que le camp non serbe a beaucoup mieux réussi à vendre sa propagande. Dans les grandes agences de relations publiques dont ils ont acheté les services, The Washington Group, Jefferson Waterman International et Ruder Finn, on trouve souvent à l’étage de la direction des anciens fonctionnaires du gouvernement, surtout des anciens membres de la CIA. Inversement, des cadres des relations publiques se retrouvent souvent au service du gouvernement. Ce sont des spécialistes qui, secondés par des représentants de l’industrie de l’armement et du Pentagone, peuvent même livrer par l’intermédiaire d’entreprises militaires privées les mercenaires nécessaires aux guerres provoquées par la propagande. Becker/Beham mentionnent les activités du MPRI (Military Professional Resources Inc. d’Alexandria en Virginie) lors de l’«OpérationTempête» au cours de laquelle la population serbe a été expulsée de la Krajina.

Guerre du Kosovo: 11 000 morts au lieu de 500 000.

Les guerres en ex-Yougoslavie furent sanglantes et beaucoup d’atrocités ont été commises de tous les côtés. Le nombre de morts a été établi exactement par l’ONU. Ainsi, la guerre du Kosovo n’a pas fait 500 000 morts parmi les Albanais du Kosovo, comme l’avait fait croire le ministère américain des Affaires étrangères juste avant l’attaque de l’OTAN, non pas 100 000, comme le ministre de la Défense des Etats-Unis Cohen l’avait déclaré au printemps 1999, non pas 44 000, estimation initiale de l’ONU, pas non plus 22 000, second chiffre de l’ONU, mais 11 000, selon les dernières estimations de l’ONU. Bien sûr, ce sont 11 000 morts de trop, mais les faits sont là. 11 000 morts, dont notamment beaucoup de Serbes, de Sintis et de Romas en plus des Albanais du Kosovo. Et qu’a voulu faire croire à l’opinion publique la propagande de guerre? Qu’il s’agissait d’empêcher un nouvel Hitler, un nouvel Auschwitz, un nouvel holocauste!

Bluff de Ruder Finn: la transformation miraculeuse de Tudjman.

Ironie du sort, c’est l’agence de relations publiques Ruder Finn qui s’est rendue coupable de banaliser l’Holocauste, parce que son cofondateur David Finn a toujours fait état de son origine juive et justifié ainsi les hautes exigences éthiques de Ruder Finn. Son représentant James Harff s’est vanté dans une interview d’avoir réussi à renverser l’histoire en présentent à l’opinion juive américaine un antisémite déclaré, le président Franjo Tudjman, comme un homme bon et, inversement, de diaboliser les Serbes, alors que ceux-ci, pendant la Seconde Guerre mondiale, comme aucun autre peuple occupé par les nazis, étaient venus en aide à leurs concitoyens juifs. On n’a même pas craint de rééditer le livre antisémite et révisionniste de Tudjman Déroute de la vérité historique sous le titre Horrors of the War dont l’édition destinée au marché américain est amputée des passages controversés.

Ruder Finn utilise Auschwitz contre la Serbie.

James Harff, de Ruder Finn, a déclaré à ce propos, dans le style direct et arrogant propre à de nombreux stratèges en relations publiques: «L’entrée en jeu des organisations juives à côté des Bosniaques fut un extraordinaire coup de poker. Aussitôt nous avons pu, dans l’opinion publique, faire coïncider Serbes et nazis. […] Aussitôt il y eut un très net changement de langage dans la presse avec l’emploi de termes à très forte valeur affective, tels que purification ethnique, camps de concentration, etc., le tout évoquant l’Allemagne nazie, les chambres à gaz et Auschwitz. La charge émotionnelle était si forte que plus personne ne pouvait aller contre sous peine d’être accusé de révisionnisme. Nous avions tapé en plein dans le mille.»

Même les juifs n’ont pas pu aider la Serbie.

Face à une telle impertinence, le lecteur de l’analyse de Becker/Beham a le souffle coupé. En même temps, il doit se demander dans quelle mesure il a été victime de cette manipulation, s’il est tombé dans le panneau tendu par des spécialistes en relations publiques roués.

Même les représentants de la communauté juive comme le Prix Nobel Elie Wiesel n’ont pas été écoutés: «La persécution des Albanais, aussi terrible qu’elle soit, n’est pas un holocauste», a déclaré Wiesel en 1999 et le Jewish World Review a rappelé qu’en Allemagne nazie, il n’y avait pas eu d’armée secrète juive qui se battait pour un Etat juif en terre allemande, que les juifs n’avaient jamais tué ni policiers ni soldats allemands pour les inciter à répliquer violemment en s’attaquant à la population. Or c’est ce que l’UÇK kosovo-albanaise a fait. De plus, on sait que même pendant les bombardements de l’OTAN dans le nord de la Serbie et aux environs de Belgrade, 200 000 Albanais ont pu vivre en sécurité et confortablement, ce qui n’aurait pas été le cas s’il y avait eu un génocide.

Rendre plus transparents les mandats de relations publiques.

Becker/Beham ont réussi à sensibiliser le lecteur à une pratique courante dans les médias, au fait qu’à un moment donné, comme par hasard, des informations s’accumulent, occupent le terrain et canalisent l’opinion dans une direction précise.

Il serait souhaitable que d’autres Etats adoptent une loi comme la FARA. Pourquoi les citoyens n’exigeraient-ils pas dans tous les pays que leur gouvernement soit tenu de déclarer ses mandats de relations publiques? Surtout là où l’on utilise l’argent des contribuables pour désinformer les citoyens au lieu de les informer? On souhaiterait que les recherches de Becker/Beham soient largement connues et suscitent un vaste débat dans la population comme ce fut le cas en Suisse avec l’initiative «Souveraineté du peuple sans propagande gouvernementale».

1) Becker, Jörg/ Beham Mira, Operation Balkan: Werbung für Krieg und Tod. Baden-Baden 2006. ISBN 3-8329-1900-7.

2) Lire aussi « Diffamation sur commande » http://www.horizons-et-debats.ch/0709/20070310_05.htm

Tobias Salander.

Horizons et débats, 10 mars 2007, N°9

http://www.horizons-et-debats.ch/0709/20070310_04.htm

La torture et le déclin de l’empire colonial: par Marnia Lazreg

"La torture et le déclin de l’empire colonial: D’Alger à Baghdad"

Marnia Lazreg, professeur de sociologie à Hunter College et au Graduate Center de la City University of New York, aux Etats Unis, vient de publier, un de ses derniers travaux universitaires consacré à la torture, sous le titre "Torture and the twilight of empire : from Algiers to Baghdad" ou "La torture et le déclin de l’empire colonial : D’Alger à Baghdad". Au moment où les Etats-Unis se trouvent plongés en plein scandale de la destruction de cassettes vidéo montrant des interrogatoires musclés menés par les services de la CIA contre de présumés terroristes, la publication de l’universitaire algérienne installée aux Etats Unis braque les projecteurs sur certaines réalités de la guerre de libération nationale qu’une certaine opinion française a toujours tenté de cacher ou renier, comme la torture et les massacres collectifs, mais aussi révèle des aspects poignants de l’occupation américaine de l’Irak.
Le Dr. Marnia Lazreg, spécialiste des questions touchant notamment aux femmes et à la société algérienne et arabe dans ses dimensions politique et sociologique, avait participé, début novembre dernier, à l’organisation, au Graduate center de l’Université de New York, d’une conférence-débat sur la torture pratiquée par l?armée française durant la guerre d’Algérie. La conférence animée par la moudjahida Louisette Ighilahriz, auteur d?un livre autobiographique, "Algérienne", avait pour thème "une femme contre la torture". Saluée par la critique comme "une recherche universitaire" qui arrive à point nommé pour faire la preuve que la torture est "une pratique abjecte", la publication, sortie récemment sous les presses de Princeton University Press (USA), décortique la relation intime entre la torture et le système de domination coloniale à travers un examen minutieux des méthodes et tactiques coercitives de l’armée française pendant la guerre d’Algérie de 1954 à 1962. En retraçant la portée psychologique, culturelle et politique de cette pratique des temps barbares qu’est la torture au crépuscule de l’empire colonial français, Marnia Lazreg porte un éclairage nouveau sur le recours à la torture par l’armée d’occupation américaine en Irak et en Afghanistan.
Ce livre, soulignent plusieurs lecteurs et critiques, n’est plus ni moins qu’une "anatomie de la torture" et une analyse de ses méthodes, justifications, fonctions supposées ou réelles et conséquences. En s’appuyant sur des archives, des témoignages de personnes victimes de tortures, des confessions de tortionnaires, des entretiens avec d’anciens soldats, des témoignages de guerre, des reportages et enquêtes de journalistes ou universitaires, ainsi que des écrits de certains penseurs et intellectuels, notamment les Français Jean-Paul Sartre et Albert Camus, Marnia Lazreg souligne que les nations occupantes justifient l’utilisation systématique de la torture en tant que "moyen regrettable mais nécessaire pour sauvegarder la civilisation occidentale contre ceux qui défient leur hégémonie".
A travers ce livre, elle démontre comment la torture était centrale à "la guerre révolutionnaire", une théorie française qui préconisait, dit-elle, une guerre totale contre la population soumise et qui était la source d’"une stratégie de pacification fondée sur des techniques psychologiques brutales empruntes aux régimes totalitaires". Marnia Lazreg tente aussi d’appréhender l’impact de la torture sur les populations algériennes, plus spécialement les femmes, mais aussi sur les soldats français qui en étaient les auteurs. Elle explore le rôle de la religion dans la rationalisation de ces actes, et les méthodes par lesquelles la torture est devenue non seulement un phénomène routinier mais aussi une pratique acceptée.
"La torture et le déclin de l’empire colonial : D’Alger à Baghdad" interpelle le lecteur sur des événements plus récents, notamment les guerres en Irak et en Afghanistan, et renseigne sur des aspects inquiétants de la "war on terror" (guerre contre la terreur) dans laquelle le monde d’aujourd’hui est plongé et engagé malgré lui.
Publié le dimanche 30 décembre 2007

Thursday, January 03, 2008

Compte Rendu du Discours Télévisé du Secrétaire Général du Hezbollah Sayyed Hassan Nasrallah

"...Les US agissent pour avoir un gouvernement pro US au Liban qui remplirait leurs objectifs. Ainsi si les US veulent avoir une base militaire au Liban, le gouvernement libanais faciliterait cela… "


Liban - Compte Rendu du Discours Télévisé du Secrétaire Général du Hezbollah Sayyed Hassan Nasrallah 02/01/08

« Le Meilleur Moyen d'Empêcher la Guerre c'est d'être Prêt pour la Guerre »
Le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah a dit mercredi que la solution à la crise libanaise se trouve dans le partenariat réalisé à travers les garanties constitutionnelles, c'est-à-dire la garantie d'un tiers des ministres (pour l'opposition ndlt) à l'intérieur du gouvernement d'union nationale. « Le refus par la coalition qui gouverne de toutes les tentatives d'établir les fondements d'un vrai partenariat s'est révélé être le principal obstacle faisant barrage à une solution », a dit Sayyad Nasrallah lors de son interview sur NBN TV. Il a ajouté que le Hezbollah et l'opposition luttaient contre les plans US pour le pays plutôt que contre l'équipe dirigeante. Son éminence a aussi accusé le bloc du 14 février de faire obstruction à toutes les tentatives internationales pour résoudre la crise au Liban. « La coalition dirigeante considère que nous accorder une minorité de garantie c'est du « suicide politique », c'est étrange. Lorsqu'il y a une crise politique interne au sein d'un pays, ou quand un pays vient juste de sortir d'une guerre… Il cherche à former un gouvernement d'union nationale, à l'exception du Liban où un gouvernement d'union nationale est vu comme « un suicide politique ». Le vrai problème aujourd'hui, c'est le principe du partenariat, c'est la garantie du tiers, qui, si elle était donnée à l'opposition cela voudrait dire « pas d'installation des réfugiés palestiniens au Liban. » Nous disons que si l'opposition reçoit une « garantie du tiers » cela veut dire bloquer les plans des US au Liban » a-t-il dit.

La dernière apparition publique de Sayyed Nasrallah a eu lieu le 11 novembre 2007, quand il a prononcé un discours de commémoration lors de la « journée des Martyrs ».

Le chef du Hezbollah a mis l'accent sur le fait que l'opposition travaillait à contrer l'influence des US au Liban. « Les US agissent pour avoir un gouvernement pro US au Liban qui remplirait leurs objectifs. Ainsi si les US veulent avoir une base militaire au Liban, le gouvernement libanais faciliterait cela… Les US veulent que le Liban abolisse la résistance du Hezbollah et de quiconque pense faire front à l'avidité et à l'agression d'Israël… Les US veulent installer les réfugiés palestiniens au Liban non pas par souci humanitaire mais pour mettre fin au droit au retour et à la totalité de la cause palestinienne. Les US veulent également utiliser le Liban pour faire pression et faire du chantage sur la Syrie pour la forcer à se plier au plan des US dans la région (le nouveau Moyen Orient) » a dit Sayyed Nasrallah.

Son éminence a dit que l'opposition resterait silencieuse face aux tentatives de la coalition dirigeante de monopoliser la loi. Il a ajouté que la médiation de la France avec la Syrie sur la crise politique au Liban continuerait malgré que les deux pays aient rompu les contacts sur le problème. Il a dit que « la médiation de la France n'est pas terminée malgré que le président Nicolas Sarkozy ait élevé de façon inappropriée le ton » des discussions en suspendant officiellement les contacts avec la Syrie. « Les Français et les Syriens essaient d'arriver à un compromis… mais si cette médiation échoue, et ce gouvernement insiste pour rester au pouvoir tout en pratiquant les pouvoirs du président de la République, alors dans une semaine ou dix jours… nous (l'opposition) déciderons des mesures à prendre. L'opposition garde son calme parce qu'il y a des médiations en cours, et nous accordons une attention spéciale pour ouvrir la voie afin que ces médiations réussissent. »

Sayyed Nasrallah a aussi confirmé que le Hezbollah soutenait le commandant des forces armées libanaises, le général Michel Suleiman pour la présidentielle. Mais il a prévenu qu'élire le général Suleiman ne résoudrait pas le problème, sauf si on forme un gouvernement d'unité nationale dans lequel l'opposition à la garantie d'avoir 1/3 des postes de ministres. « Tant qu'il y aura une décision US de ne pas donner à l'opposition une garantie du tiers, cela veut dire qu'il n'y aura pas d'élection présidentielle » a-t-il dit.

Questionné pour savoir si le Hezbollah fait siens les appels pour amender l'Accord de Taïf qui a mis fin à la guerre civile de 1975-1990, le chef du Hezbollah a dit que son parti n'a jamais considéré le pacte « comme au coeur de l'impasse ».

« Nous ne considérons pas l'Accord de Taïf comme étant au coeur du problème ; nous n'avons jamais appelé à ce qu'il soit amandé et ne le ferons jamais, sauf si tous les libanais sont d'accord. » Il a cependant reconnu que le Hezbollah avait des « commentaires » sur l'Accord de Taïf, et a appelé à une « application exacte » de l'accord, qui altérait le système de partage du pouvoir sur la base confessionnelle au Liban. « Nous demandons que certains articles constitutionnels qui ne sont pas clairs soient interprétés ou au moins expliqués, tel que le quorum pour élire le nouveau président ou le partage des sièges au cabinet « a-t-il dit.

Abordant le sujet des assassinats politiques, le chef du Hezbollah a mis l'accent sur le fait qu'Israël était responsable de la plupart d'entre eux. « Personne d'autre n'est plus motivé qu'Israël pour ces assassinats… Leur ambition c'est d'entraîner le Hezbollah dans une guerre interne au Liban. Il y a ceux à l'intérieur du Liban qui blâment le Hezbollah pour ces assassinats. Cela sert l'agenda d'Israël et rempli les buts des assassinats. Israël essaie de monter le Liban contre la Syrie, et accuser la Syrie et ses alliés au Liban de ces assassinats affaiblit la Syrie. Israël veut prouver que le Liban est incapable de s'occuper de sa sécurité; ce qui ouvrirait la porte à l'intervention des services de sécurité et services de renseignements étrangers au Liban, comme ce qui se passe en Irak. » a dit Sayyed Nasrallah.

Son éminence a reconnu que le chef d'Al Qaeda, Osama Ben Laden, l'avait accusé d'autoriser le déploiement des forces de l'ONU au Liban. « Nous ne somme pas en compétition avec Al Qaeda. C'est vrai qu'il y a deux points de vue là-dessus – ils ont leur façon de faire et nous avons la notre en matière de résistance, jihad, s'occuper des problèmes civils, politiques et cataloguer les gens. Nous avons asséné à Israël une première défaite en 2000, et une seconde en 2006. Nous avons nos intérêts et notre pays. Ils peuvent poursuivre, et être en désaccord avec nous. »

Le secrétaire général du Hezbollah a aussi accusé Israël pour la « lenteur » des négociations sur le sort des deux soldats capturés. i[« Après le dernier accord nous étions optimistes et les choses semblaient progresser positivement, mais nous avons été surpris par l'attitude désinvolte d'Israël concernant les négociations ». Sayyed Nasrallah a révélé que le Hezbollah détient toujours des restes de soldats israéliens tués sur le sol libanais lors de la guerre israélienne contre le Liban en 2006. « Le Hezbollah a en sa possession des restes humains que l'armée israélienne a laissé derrière elle sur le sol libanais. Nous avons offert de rendre ces restes dans le cadre des efforts de négociation, mais le côté israélien ne semblait pas intéressé par l'offre » a-t-il dit.

Sur la possibilité d'une autre guerre israélienne contre le Liban, Sayyed Nasrallah a dit que tout est possible. « En fait, les israéliens sont ceux qui parlent de guerre. Quand nous entendons Askenazi (chef d'état major de l'armée israélienne) dire qu'« un triomphe clair et décisif sera de notre côté « dans la prochaine guerre contre le Liban, cela veut dire qu'il (Ashkenazi) parle d'un guerre à venir. » Le chef du Hezbollah a ajouté que la résistance est en état d'alerte totale. « Le meilleur moyen d'empêcher la guerre c'est d'être prêt à la guerre » a dit Sayyed Nasrallah. « Je dis aux israéliens que nous pouvons cibler tout endroit de la Palestine occupée. Je ne suis pas seulement dans le processus d'une guerre psychologique; je dis aux israéliens que la guerre sera très coûteuse.»

Mohammed Shmaysani 03/01/08 Copyright Al Manar TV

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Saturday, December 29, 2007

Programme de lavage de cerveaux pour les prisonniers irakiens

LE PENTAGONE MET EN PLACE UN PROGRAMME DE LAVAGE DE CERVEAUX POUR LES PRISONNIERS IRAKIENS

25/12/2007

Le Pentagone a publié un appel d'offres pour l'exécution d'un programme de « lavage de cerveaux » et « de re-programmation » des prisonniers irakiens pour s'assurer qu'ils ne reprendront pas les armes contre les troupes américaines après leur libération.
L'appel, dont la date limite a été établie au 8 janvier 2008, invite les entreprises participantes à présenter leurs offres pour l'exécution du programme dans une fourchette financière comprise entre 5 et 216 millions $.


Selon le cahier de charges, l'exécution du programme de lavage de cerveaux requiert des interprètes (appelés consultants), des spécialistes en sciences sociales et religieuses ainsi que des musiciens et des informaticiens. Ces spécialistes auront pour tâche d'agir en commun pour « réhabiliter » les prisonniers et rédiger leur rapport final sur les adultes et les adolescents au plan psychologique et de leurs accointances idéologiques et religieuses. L'évaluation qui en est faite décidera si oui non le prisonnier mérite d'être libéré.
Selon le journal Alkhalij des Emirats arabes, qui a publié l'information, les équipes chargées d'exécuter ce programme de « lavage de cerveaux » seraient dirigées par un Américain ayant travaillé avec les irakiens ou dans des pays de la région et disposant d'au moins cinq années d'expérience dans l'analyse des politiques, des cultures et des religions du moyen orient. Il devrait être diplômé d'un magistère en psychologie ou en sciences du comportement. Ce responsable dirigerait une équipe de spécialistes avec des fonctions déterminées et comprenant notamment :
- Un responsable de la collecte des informations sécuritaires utilisables dans les interrogatoires et qui doit être américain disposant d'une autorisation de la sécurité.
- Un responsable de nationalité irakienne (ou d'un pays arabe) formé dans les sciences de la Sharia et du Coran et maîtrisant parfaitement l'arabe irakien avec un peu d'anglais.
- Un spécialiste en psychologie, disposant d'un magistère en sciences du comportement, maîtrisant parfaitement l'arabe, parlé et écrit, avec cinq années d'expérience dans ce que le cahier de charges appelle « l'idéologie fondamentaliste » au moyen orient. Ce responsable aurait, entre autres fonctions, de rencontrer les détenus « fondamentalistes ».
- Un spécialiste en psychologie des adolecents, avec au moins un magistère dans les sciences du comportement et maîtrisant le dialecte irakien.

Le Général Stone, premier responsable des pénitenciers américains en Irak a reconnu pour sa part que les forces américaines avaient arrêté des milliers d'irakiens « relativement pondérés » en Irak et que la plupart d'entre eux n'étaient pas « acquis aux idéologies » et souhaitent vivre simplement en paix. Selon le général Stone, ces détenus ne représentent pas un grand danger pour la situation sécuritaire et il serait préférable qu'ils soient libérés.

Les américains estiment néanmoins que cette libération ne peut se faire qu'après « un lavage de cerveaux » et « une re-programmation » des détenus contre toute idée de résistance et qu'après qu'ils se soient engagés individuellement, sur le Coran, à ne pas porter les armes et combattre les forces d'occupation!!!
http://iraq-amsi.org/news.php?

Traduit de l'arabe par Ahmed Manai : www.tunisitri.net/

Monday, December 24, 2007

LES MUNITIONS RADIOACTIVES AU MOYEN ORIENT

Les munitions radioactives qui ont explosé au Moyen Orient,

coûteraient plus de vies que Hiroshima et Nagasaki

Par Sherwood Ross
09 Novembre 2007
www.opednews.com

Du fait de l’utilisation massive de munitions radioactives, les USA, le Royaume Uni et Israël auraient déclenché un holocauste nucléaire au Moyen Orient, qui, avec le temps, se révélerait plus meurtrier que le bombardement atomique des USA au Japon.

Il y a tellement de munitions à l’UA (uranium appauvri) qui ont été tirées que « Le futur génétique du peuple irakien est en grande partie détruit » affirme Leuren Moret, spécialiste nucléaire d’autorité en la matière.

« Dix fois plus de quantité d’irradiation atmosphérique a été dégagée par les armes à l’UA depuis 1991 que lors d’essais nucléaires » écrit Leuren Moret, y inclus la munition radioactive utilisée par l’armée israélienne en Palestine.

Leuren Moret est une scientifique US indépendante, qui a travaillé pendant cinq ans au Laboratoire national de Lawrence Berkely et aussi au laboratoire national de Lawrence Livermore, les deux étant situés en Californie.

Arthur Bernklau des Vétérans pour le Droit Constitutionnel ajoute : « les effets à long terme d’UA est pratiquement une condamnation à mort. L’Irak est devenu une vaste décharge toxique. Toute personne y vivant a des fortes chances d’attraper un cancer ou une leucémie. En Irak, le taux de naissance des nouveau-nés déformés est totalement hors contrôle. »

Leuren Moret, responsable de la 3ème Commission de l’Environnement de Californie » à Berkeley et ancienne présidente de « Femmes Géo- Scientifiques » poursuit : «pour chaque anomalie génétique que nous constatons actuellement, il y aura des milliers de plus pour les générations futures ».

Et d’ajouter : « L’environnement irakien est maintenant complètement radioactif ».

Dr. Helen Caldicott, une activiste anti-nucléaire très connue a écrit : « Beaucoup d’UA est dans les villes comme Bagdad, où la moitié de la population de 5 millions sont des enfants qui ont joué dans des tanks brûlés et sur le sol de sable et de poussière. »

« Les enfants sont dix à vingt fois plus exposés aux effets carcinogènes de l’irradiation que les adultes » écrit Madame Caldicott. « Mes collègues en pédiatrie à Basra, où ce matériel a été utilisé en 1991, constatent une augmentation par sept de cancer chez les enfants et une augmentation par sept d’anomalies congénitales » écrit-elle dans son livre « La Force Nucléaire n’est pas la Réponse » (The New Press).

Madame Caldicott poursuit : « les deux guerres du Golfe ont été des guerres nucléaires parce qu’elles ont répandu du matériel nucléaire sur tout le pays, et tous les êtres – et en particulier les enfants – sont condamnés à mourir à cause de maladies malignes et d’anomalies génétiques et ceci pour une durée de temps inimaginable. »

A cause de la vie moyenne extrêmement longue de l’uranium 238, un des éléments radioactifs contenu dans les armes à l’UA « l’alimentation végétale, l’eau et l’air ont été contaminés pour toujours au berceau de la civilisation », nous explique Madame Caldicott.

L’uranium est un métal lourd qui rentre dans le corps par les voies respiratoires dans les poumons ou par les voies digestives dans les intestins. Il est excrété par les reins, lesquels sont exposés aux lésions ou au cancer de reins, si les doses sont suffisamment importantes. Il se loge aussi dans les os, causant le cancer des os et la leucémie ; il se loge également dans la semence ou il mute les gènes dans les spermes qui conduisent aux malformations du nourrisson.

La contamination nucléaire se répand partout dans le monde, ajoute Madame Caldicott, avec une contamination extrême dans des régions dans un périmètre de 1000 milles autour de Bagdad et en Afghanistan.

Ce sont les régions de l’Inde du Nord, la Russie du Sud, la Turquie, l’Egypte, l’Arabie Saoudite, le Tibet, le Pakistan, le Koweït, les Emirats du Golfe et la Jordanie.

Par les vents, suite à la dévastation radioactive en Irak, Israël aussi est concerné avec une augmentation du cancer des seins, leucémie et diabète chez les enfants, affirme Madame Moret.

Doug Rokke, ancien officier à la tête du nettoyage d’UA de l’armée US et maintenant un activiste anti-nucléaire, informe que les tanks israéliens ont tiré des grenades radioactives lors de leur invasion du Liban l’année dernière. Les forces US et l’OTAN ont aussi utilisé des munitions à l’UA au Kosovo. Rokke nous apprend « qu’il est assez malade des effets d’UA ainsi que des membres de son équipe de nettoyage en sont morts ».

« Suite aux bombardements à l’UA », écrit Madame Caldicott, « des malformations sévères de nourrissons parmi la population civile en Irak, en Yougoslavie et en Afghanistan ont été rapportées, et les incidents et la gravité des lésions vont en augmentant ».

« Les mêmes symptômes ont été rapportés chez les nourrissons du personnel de l’armée US en service pendant la première guerre du Golfe. Une enquête faite par l’administration de vétérans a décelé que 67% des enfants chez 251 vétérans du Mississippi souffrent de maladies graves et de déformations ».

Quelques uns sont nés sans cerveau ou sans organes vitaux, ou sans bras, mains, ou des mains attachées à leur épaule.

Pendant que les responsables US nient le danger de la munition à l’UA, c’est un fait que les vétérans de la guerre du Golfe sont les premiers américains ayant combattu sur un champ de bataille radioactif, et leurs enfants sont apparemment les premiers cas connus montrant ces horribles déformations.

Les soldats qui ont survécu à des tirs par munition radioactive, et ceux qui ont tiré, sont tombés malades, souvent avec des symptômes d’irradiation. Des 700.000 vétérans US de la première guerre du Golfe, plus de 240.000 se trouvent dans une instabilité médicale permanente et 11.000 sont morts, indiquent les rapports.

C’est un taux très étonnant vu la durée très brève du conflit dans lequel moins de 400 soldats U.S. sont morts sur le champ de bataille.

« Bien entendu, des munitions UA ont été et sont toujours un facteur de cause-à-effet, derrière le Syndrome de la Guerre du Golfe (SGG) », écrit Francis Boyle, une autorité américaine de premier plan dans le domaine de la loi internationale, dans son livre « La Guerre Biologique et le Terrorisme » (Clarity Press Inc.).

« Le Pentagone continue à nier qu’il y a un tel phénomène médical dénommé SGG – même au delà du point où tout le monde sait que cette négation est de la pure propagande et de la désinformation », écrit Boyle.

Boyle tempête, « le Pentagone n’avoue jamais les conséquences légales, économiques, tortueux, politiques et criminelles en admettant l’existence du SGG. Ainsi les vétérans US et Anglais de la première guerre du Golfe et leurs enfants, nés après, continuent à souffrir et à mourir. Les soldats U.S. et les vétérans U.S. ainsi que leurs enfants nés après le début de la deuxième guerre du Golfe de Bush Junior, devront affronter les mêmes souffrances».

Boyle nous dit que l’utilisation d’UA est hors la loi suite à l’interdiction du gaz toxique par la convention de Genève 1925.

Chalmers Johnson, président de l’institut Japonais de recherche politique, écrit dans son livre « les soucis de l’empire » (Henry Holt & Co) que la quantité anormale du cancer et des malformations chez les enfants en Irak ainsi qu’au Kosovo apportent la preuve du rôle significatif de l’UA ».

En insistant sur son utilisation, « le corps militaire se moque délibérément d’une résolution des Nations Unis de 1996 qui classe les munitions à l’UA dans les armes de destruction massive dans l’interdiction. »

Madame Moret désigne l’UA « le cheval de Troie de la guerre nucléaire ». Elle le décrit comme « une arme qui continue à tuer éternellement ». Vraiment, la vie moyenne de l’uranium 238 est de 4,5 milliards d’années et quand il se dégrade il génère d’autres produits dérivés radioactifs et mortels.

La pluie radioactive d’UA tombe apparemment de manière extensive et à des grandes distances. Suivant les premiers bombardements U.S. en Irak en 2003, les particules d’UA ont voyagé 2.400 milles vers l’Angleterre en l’espace d’une semaine, où l’irradiation atmosphérique a quadruplé.

Mais c’est au Moyen Orient, particulièrement en Irak, où le plus gros de déchets radioactifs ont été déversés.

Au début des années 1990, « l’agence de l’énergie atomique anglaise » avertissait que 50 tonnes de poussière des explosions d’UA pourraient provoquer le cancer pour un demi million de vies jusqu’à l’an 2000. Mais il n’y avait pas 50 tonnes, mais une estimation de 2.000 tonnes radioactives qui ont été jetées au Proche Orient, ce qui laisse supposer que le taux de mortalité serait beaucoup plus important avec le temps.

Dr. Keith Baverstock, un conseiller de l’organisation mondiale de santé sur les irradiations a informé les médias que le climat très sec de l’Irak favorise la dispersion des particules infimes qui seront inspirés par la population civile encore pendant des longues années à venir.

Le taux de décès de civils, en août 1945, suite aux bombardements de Hiroshima et de Nagasaki, était donné à 140.000 et 80.000 respectivement. Avec le temps, néanmoins, les décès, suite aux maladies provoquées par les irradiations ont été évalués à 100.000 vies de plus parmi la population civile japonaise.

Sherwood Ross est un écrivain free-lance domicilié en Floride, et qui couvre des sujets d’actualité militaire et politique. Vous pouvez le joindre sur :

sherwoodr1@yahoo.com

Ross a travaillé comme journaliste pour le « Chicago Daily News » et pour des différentes stations de radio. Il publie aussi dans des magazines américaines.

Traduction de l’anglais par Frigga Karl pour www.tunisitri.net/

Friday, December 14, 2007

Torture systématique sur les prisonnières irakiennes

L’occupant américain pratique la torture systématique sur les prisonnières irakiennes

27 /10 /2007

Le Secrétaire Général de l’Union des Prisonniers et Détenus Politiques en Irak, Mohamed Adham a déclaré que les viols, la torture et de graves pratiques sadiques, sont pratiqués d’une manière systématique par les troupes d’occupation américaines contre les prisonnières irakiennes dans tous les centres de détention et les prisons irakiennes, et ce avec l’assentiment de l’administration américaine.

Mohamed Adham a révélé par ailleurs qu’il détenait des rapports circonstanciés sur les nombreuses détenues irakiennes dont on prolonge la détention dans le but de les violer pour faire pression sur les hommes et pour briser le moral de la résistance.

Ainsi, les détenues sont quotidiennement dévétues, fouillées, avilies et violées par les agents de police et l’administration pénitentiaire et parfois privées de nourriture pour de nombreux jours pour briser leur volonté.

Le Secrétaire général de l’Union des Prisonniers et Détenus Politiques en Irak a ajouté que les missions de la Croix rouge internationale et les Organisations des droits humains, travaillant sous l’égide des Nations Unies, demandent rarement de visiter les prisons et les lieux de détention à cause de l’absence de sécurité et la domination de ces centres par les milices confessionnelles et quand elles le font, elles sont rarement autorisées à le faire.

Mohamed Adham a évoqué d’autre part, les nombreux rapports internationaux, ainsi que ceux du ministère des droits de l’homme, alertant de l’imminence d’une catastrophe humanitaire suite aux épidémies de choléra, de gale et de sida dans certains centres de détention.

Une étude, menée dans le centre et le sud de l’Irak, a révélé que l’arrestation d’une seule femme en Irak est à même de donner prétexte à 1.000 hommes armés pour s’adonner à la violence et aux actions armées pour venger leur honneur bafoué.

Agence Yakine

http://www.iraq-amsi.org/news.php?action=view&id=

20186&4b0deb98788213f6a5f61b93c5a4f3ac/

Lire Aussi :

Le député irakien Mohamed Al Daïni interdit d’entrée en Grande-Bretagne : il avait dénoncé les crimes de l’occupation

http://tunisitri.net/lette-appel/appel25.html/

MERCI AUX LIBERATEURS DE LA FEMME IRAKIENNE

http://tunisitri.net/actualites/actu40.html/

Traduit de l’arabe par Ahmed Manai :

www.tunisitri.net/

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Sami El Hadj a été torturé parce qu’il travaillait avec Al Jazzera.

Un Jordanien, ancien détenu à Guantanamo confirme l’assassinat de détenus et la souillure du Coran. Sami El Hadj a été torturé parce qu’il travaillait avec Al Jazzera.

Par Mohamed Najjar- Amman

13/11/2007

« Je priais Allah pour que je ne me réveille pas de mon sommeil (…) et si le suicide n’était pas interdit en Islam, je me serais suicidé depuis longtemps », ainsi a parlé à son retour dans son pays, la Jordanie , Ahmed Hassan Soliman, l’ancien détenu qui a passé près de 6 ans de détention, trimballé entre les camps américains du Pakistan, d’Afghanistan et de Guantanamo.

Soliman est arrivé en Jordanie il y a quelques jours. Il a été détenu pendant une semaine par les autorités Jordaniennes puis relâché le dimanche dernier. Dans un entretien avec Al Jazzera, il a fait le récit des supplices et des mauvais traitements qu’il a subis depuis son arrestation à Peshawar au Pakistan, au début de 2002, son transfert à la prison de Begram en Afghanistan, puis à une autre prison américaine à Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan, et enfin à Guantanamo, à Cuba.

Soliman a raconté à Al Jazzera que « son plus mauvais souvenir du camp de Guantanamo c’était quand les militaires américains avaient piétiné le Saint Coran et l’avaient jeté dans les toilettes et quand ils attaquaient les détenus alors qu’ils étaient en pleine prière ».

Il raconta que les interrogatoires n’étaient que de simples étapes dans le parcours « de la torture, des traitements avilissants et des agressions verbales à l’encontre de l’Islam, d’Allah et de son Prophète (…) et, tout ce qui se passait au cours des interrogatoires nous confirmait que le problème n’avait rien à voir avec Ben Laden ou les Talibans, mais simplement de la haine envers l’Islam et les musulmans ».

Soliman a révélé à Al Jazzera la vérité sur les suicides auxquels se sont acculés les détenus musulmans, selon les allégations des autorités de Guantanamo. Il a accusé les forces américaines d’avoir prémédité l’assassinat de ces « prétendus suicidés », pour s’être entêtés à continuer la grève de la faim.

Ils ne se sont pas suicidés mais ont été suicidés !

Il a ajouté que les quatre personnes dont on avait annoncé le suicide, ont été en grève de la faim durant deux ans et étaient alimentés par force. C’étaient des gens qui avaient appris le Coran par cœur et savaient parfaitement que le suicide est illicite et que celui qui le faisait était destiné au feu éternel.

Soliman a ajouté qu’aucun détenu ne s’est suicidé mais que ce sont les américains qui les ont assassinés, ajoutant : « j’ai vu ceux qu’ont a prétendu qu’ils se sont suicidés, juste avant qu’ils ne soient liquidés. J’ai vu Mani’i Al Outeibi, originaire de la presqu’île arabique, Yasser Zahrani et Ali Salah, du Yémen et un autre appelé Abou Talha, (au fait je ne me rappelle pas de son vrai nom). Tous ces gens ont été assassinés par les américains parce qu’ils faisaient la grève de la faim.

A propos du détenu Yéménite Ali Salah, déclaré suicidé, Soliman raconte : « J’ai vu Ali Salah avant l’annonce de son suicide. Il avait les mains enchaînées derrière le dos. Comment pouvait-il se suicider » ?

L’ancien détenu, de retour de l’enfer de Guantanamo, a raconté par ailleurs que « chaque détenu était gardé 24 heures sur 24, par 6 ou 7 militaires. Il était en permanence enchaîné et contrôlé à longueur du jour et de la nuit par des caméras. Comment peut-il se suicider dans ces conditions »?

L’ancien détenu Jordanien a déclaré enfin: « qu’il espérait pouvoir porter plainte contre le président Américain Georges Bush et le président Pakistanais Parvis Musharraf, s’il était convaincu qu’une telle procédure avait des chances d’aboutir » !

Traduit de l’arabe par Ahmed Manai : www.tunisitri.net/

http://www.aljazeera.net/NR/exeres/C75ECBF4-C79E-49D3-BAD0-C1B6869E685B.htm/