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Sunday, December 08, 2013

Tunisie, opération de basse police au Palais de Carthage



Tunisie, opération de basse police au Palais de Carthage

Par Nicolas Beau

Le Palais de Carthage, qui abrite en Tunisie la présidence tunisienne, ne réussit guère à ses hôtes. Après Ben Ali qui a régné grâce à un appareil policier pléthorique, voici son successeur, l’ancien opposant Moncef Marzouki, qui utilise les archives du régime défunt pour régler piteusement quelques comptes.
En trois cent cinquante pages, Moncef Marzouki, le toujours provisoire président tunisien, a torpillé sa carrière politique, pas moins. Le militant démocrate, que les Tunisiens, au lendemain de la révolution, avaient chassé de la place de la Kasbah fin janvier 2011, à force de « dégage », a fait publier par la Présidence de la République un libelle aux objectifs suspects. « Le livre noir » ou « Le système de propagande sous Ben Ali», jette en pâture des noms de journalistes, d’artistes et d’intellectuels, qui auraient cotoyé de près ou de loin,  l’Agence Tunisienne de Communication Extérieure (ATCE), organe de prosélytisme de Ben Ali. Il faut se souvenir que l'ATCE, aidée par la grande prêtresse de la communication, Anne Méaux, convoyait des charters de journalistes et de politiques français pour quelques séjours ensoleillés sur les plages tunisiennes, sans que personne à Paris ne s'en offusque.
Confusion des pouvoirs
Sous prétexte, dans un élan pseudo révolutionnaire, de démasquer les « collaborateurs », Marzouki transgresse l’organisation des pouvoirs .L’exploitation de telles données, livrées par les archives nationales, est du ressort de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), dans le cadre d’une loi sur la justice transitionnelle qui tarde à être adoptée. Dans le bilan qui doit être dressé des travaux de l'ANC, ce retard pèse lourd. En effet, la Tunisie de l'après Ben Ali se devait d’exercer un devoir de mémoire et de définir les responsabilités en cause dans les exactions et les tortures du régime passé. L'exercice était périlleux, mais essentiel.  Or les gouvernements successifs depuis "le printemps tunisien", ont préféré emprisonner une dizaine d’anciens ministres et dignitaires, choisis au hasard, ou au pire, victimes de contentieux personnels avec le nouveau pouvoir.
Dans le pavé dans la mare pleine de boue que lance Moncef Marzouki, figurent les noms des journalistes qui auraient complété leur fin de mois en écrivant sous la dictée de l'ATCE. Possible, et même certain, mais comment faire confiance à une fiche de police? Et de surcroit sous Ben Ali, qui réécrivait l'histoire en permanence? « Le livre noir est plus qu’un règlement de comptes ou qu’un acte à but électoraliste. Il s’agit d’une incitation au meurtre des journalistes et hommes de médias » précise Fahem Bougadous, directeur du Centre de Tunis pour la liberté de la presse (CTLP). Moncef Marzouki, souvent critiqué par les médias, a-t-il tenté de rendre la monnaie de leur pièce à des journalistes trop insoumis à son goût ? Toujours est-il qu’il dédie 12 pages à sa propre apologie, ne cite pas certaines figures, pourtant connues comme laudatrices de Ben Ali, mais qui aujourd’hui sont proches de Carthage et du parti de Marzouki, le Congrès pour la République (CPR).
Basse police
Cependant, le livre dépasse le simplement recensement de ces supposées « bakchich », il dévoile des éléments de vie privée et désigne des personnalités des médias, tel que Samy Ghorbal et Ridha Kéfi, qui effectuaient simplement leur travail de journaliste, dans le cadre contraignant d’un régime ultra autoritaire. Moncef Marzouki pratique un détournement de la mémoire nationale, sans prendre aucune précaution d’usage et sans indiquer la méthodologie adoptée ni la qualité de ceux qui ont épluché les dossiers.
Autre illustration de cet esprit de vengeance, l’ancien opposant de Ben Ali, Ahmed Manai, qui fut atrocement torturé, a le droit à un traitement de faveur. Non seulement les calomnies rendues publiques sous Ben Ali sont abondamment citées dans "le Livre noir", mais d’autres encore, inconnues, sont « révélées » par ce document censé dénoncer la propagande du pouvoir précédent. En revanche, Marzouki et Ghannouchi, ainsi que les dirigeants d’En Nadha, ont droit à la publication de fiches très succinctes et nettoyées avec soin de toute accusation diffamatoire. En fait, Ahmed Manai, qui fut un sympathisant des islamistes lors de la constitution de listes "indépendantes" lors des législatives  de 1989, a eu le tort de se montrer nettement plus critique, depuis trois ans, contre les mêmes parvenus au pouvoir. Ce qui est impardonnable pour l’ami Marzouki !
La Présidence de la République, sur sa lancée, annonce déjà un second volume. Pourtant la campagne de haine de Marzouki a fait "pschitt", comme aurai dit Jacques Chirac. Le contenu du livre nourrit seulement quelques discussions de salon à Gammarth. En revanche, « La Tunisie des oubliés », aujourd’hui au bord de l’explosion,, attend un autre souffle, un autre élan de la classe politique, que la publication, avec de l'argent public, d'archives olicières douteuses.
Les droits de l’homme à géométrie variable
En permettant la parution de cet ouvrage à un moment où le pays traverse une crise de confiance, Moncef Marzouki ébranle la posture d’homme d’Etat, au dessus de tout esprit partisan, qu'il cherchait à afficher. Cette opération de basse police remet également en cause ses engagements en faveur des droits de l’homme, des libertés et de la démocratie. De Marzouki président tunisien intérimaire, il ne restera juste rien!
D’autant plus que ce démocrate à géométrie variable, inféodé au Qatar, un pays privé de toute liberté publique et esclavagiste, n’a pas eu la moindre réaction lorsqu'une justice tunisienne instrumentalisé tomba la semaine dernière sur Slim Bagga, l’ancien patron de « l’Audace », un journal vendu à Paris qui donna des cauchemars à Ben Ali (et qui défendit constamment Marzouki). La semaine dernière, ce journaliste talentueux, indépendant et courageux, emporté il est vrai parfois par des anathèmes inutiles, vient d’être condamné à dix huit mois fermes de prison. Une première! L’instruction fut bâclée et le procès partisan. La plainte émanait d’une diplomate inféodée au régime défunt. Et pourquoi ce silence de Marzouki ? Et bien, Slim Bagga, autrefois à Paris très proche de Marzouki, a eu « l’audace » de prendre position contre les initiatives intempestives du président tunisien intérimaire et souligné son absence de hauteur de vues.
Opposant constant du régime de Ben Ali qui rève d'un monde nouveau ... sans opposants, Moncef Marzouki parasite aujourd’hui la transition démocratique tunisienne. Chez lui, un ego démesuré  égo a tué toute forme d'intelligence.


http://tunisitri.wordpress.com/2013/12/07/tunisie-operation-de-basse-police-au-palais-de-carthage/

Wednesday, December 04, 2013

Ahmed Amri: 5 décembre 1952: assassinat de Hachad

5 décembre 1952: assassinat de Hachad

A peine une semaine avant sa mort, Farhat Hached racontait à sa femme qu'il a fait un rêve assez curieux. "Il y avait un bateau militaire ancré au port, dit-il, et moi je marchais entre deux rangées compactes de soldats français! je marchais et riais très fort. Suis-je tellement important, me disais-je en rêve, pour que tant de gens s’occupent de moi ? ”

Était-ce une perception extra-sensorielle de sa mort? U
n rêve prémonitoire?

Il était 7h30 en ce matin du vendredi 5 décembre 1952, quand,
au volant de sa voiture et sous un ciel pluvieux, Farhat Hached s'engageait sur la route reliant Radès à Tunis. Bien que prévenu par les lettres de menace et les articles de journaux appelant à sa liquidation, et qu’il ait pris les mesures jugées nécessaires pour se protéger(1), ce jour-là  en quittant le domicile qui l'hébergeait  il ne soupçonnait pas qu'une voiture le suivait de près. Ni que la mort le guettait à la sortie de Radès.

Depuis plusieurs semaines, voire des mois, Farhat Hachad se savait pris en filature. Dès le mois d'octobre, les services secrets français,
à travers un commando venu spécialement de Paris(2), l'avaient soumis à une surveillance permanente. Le commando collectait toutes les informations concernant ses déplacements, sa résidence, ses contacts. En même temps, à un niveau plus élevé on étudiait divers plans en vue de contrer le danger que représentait cet homme pour les intérêts de la colonisation. On envisageait tantôt son incarcération ou sa mise sous résidence surveillée, tantôt son éloignement du territoire tunisien ou, tout simplement, sa liquidation physique. Cet ultime recours, dès la fin de novembre 52, semble décidé. Il fallait se débarrasser le plus tôt possible de Farhat Hachad, d'autant que le combat de celui-ci n'inquiétait pas seulement la France à l'intérieur du territoire tunisien, mais son impact franchissait les frontières et se répercutait aussi bien sur l'Algérie que sur le Maroc.

Aussi ne s'étonne-t-on pas si, le 28 novembre 1952, Paris -hebdomadaire nord-africain dirigé au Maroc par Camille Aymard (3)- appelait ouvertement au meurtre de Farhat Hachad. D'autres feuilles de chou coloniales, à Tunis comme Alger, ont repris cet appel. «Avec Ferhat Hached et Bourguiba, souligne l'hebdomadaire, nous vous avons présenté deux des principaux coupables. Nous en démasquerons d'autres, s'il est nécessaire, tous les autres, si haut placés soient-ils. Il faut, en effet, en finir avec ce jeu ridicule qui consiste à ne parler que des exécutants, à ne châtier que les « lampistes » du crime, alors que les vrais coupables sont connus et que leurs noms sont sur toutes les lèvres. Oui, il faut en finir, car il y va de la vie des Français, de l'honneur et du prestige de la France. « Si un homme menace de te tuer, frappe-le à la tête » dit un proverbe syrien. C'est là qu'il faut frapper aujourd'hui. Tant que vous n'aurez pas accompli ce geste viril, ce geste libérateur, vous n'aurez pas rempli votre devoir et, devant Dieu qui vous regarde, le sang des innocents retombera sur vous(4). »

Pourquoi fallait-il "frapper à la tête" Farhat Hachad?

En 1952, suite à
l'échec des négociations directes entre les gouvernements français et tunisiens, une vague de répressions s'est abattue sur tous les leaders nationalistes. Bourguiba est arrêté, le gouvernement de  M'hamed Chenik est destitué, le résident général Jean de Hautecloque interdit toute activité politique et instaure le couvre-feu. Les ratissages confiées à la Légion étrangère n'épargnent aucun militant. Plus de 20 000 personnes sont arrêtées. Et seuls Salah Ben Yousef, chargé d'une mission auprès des Nations-Unies, et Farhat Hachad protégé par la loi sur les libertés syndicales et bénéficiant du soutien de la CISL, ont encore les coudées franches. Dans ce contexte historique précis, on comprend à quel mobile exact répond l'arrêt de mort contre Hachad, couronnant une large vague de répressions. En cette période charnière de l'an 52, l'UGTT et son leader ne sont plus seulement les représentants de la classe ouvrière mais ils sont aussi les véritables acteurs du combat politique, les représentants légitimes du combat nationaliste. Ce sont Hachad et ses camarades qui multiplient des contacts avec l'étranger, dirigent secrètement les groupes d'activistes, ordonnent les attaques armées(5) contre les symboles de la présence coloniale, organisent des grèves largement suivies qui nuisent aux intérêts du patronat colonial. Avec les fellagas disséminés dans les djebels, la centrale syndicale et son chef sont l'ultime épine au pied que la force coloniale œuvre à arracher. D'où l'exécution à la lettre du mot d'ordre colonial pressant, tel qu'on en a vu la ronflante formulation dans la presse de Camille Aymard et ses amis:" frapper à la tête" Farhat Hachad(6).
En ce matin du vendredi 5 décembre 1952, le même commando venu spécialement de la France, ou un escadron de la mort  appartenant à la Main Rouge locale, guettait dès l'aube, et peut-être bien depuis la nuit écoulée, la sortie de Farhat Hachad. Se sachant dans la ligne de mire des services secrets français, le leader syndical avait déserté quelque temps plus tôt sa maison située à Bir Tarraz dans la banlieue de Radès. Depuis que cette maison a été saccagée puis fait l'objet d'une tentative de plasticage, Hachad et sa famille ont décidé de déloger le quartier Bir Tarraz. Mme Oum El-Khir Hachad et les enfants ont été accueillis par des parents vivant à Sousse. Farhat quant à lui s'est  réfugié chez des amis vivant au centre ville de Radès. Tantôt chez  Mustafa Filali au quartier Mongil, tantôt chez Mohamed Erraï et Abadallah Farhat, colocataires d'un petit appartement au premier étage d’une villa appartenant à une Française. Comme tout militant sous la traque, Hachad faisait ce qu'il pouvait pour semer ses poursuivants. Quelquefois, ceux-ci perdaient ses traces  à Radès. Il était alors à Tunis, rue des Salines, chez un ami commerçant qui s'appelle Sadok Mokadem.

Dans la nuit du 5 décembre 1952, Hachad logeait chez Abdallah Farhat et
Mohamed Erraï qui habitaient la rue de la Poste. Un quartier plutôt moins "arabe" que Bir Tarraz, à moins de cent mètres de la gare. Mustafa Filali et Mohamed Erraï habitent eux aussi dans les parages de cette gare. Il faut souligner ici la convivialité, la générosité surtout de ces hôtes colocataires, tous deux mariés, et vivant dans 4 pièces partagées, et pas avares pour offrir le gîte à d'autres personnes. Dans cet appartement commun, il y avait une chambre pour Mohamed Erraï et sa femme, une autre pour Abdallah Farhat et sa femme, les deux couples n'ayant pas encore d'enfants. Une troisième pièce servait de salon et salle à manger. Et la quatrième a été offerte à Farhat Hachad qui, célibataire en la circonstance, la partageait avec d'éventuels visiteurs venant la plupart du temps du Sahel. Dans sa dernière nuitée chez les Farhat et Erraï, Hachad a partagé cette chambre  des invités avec Mahmoud Mannai(7) qui était de passage chez son oncle Abdallah Farhat.

D'habitude, Abdallah Farhat qui n'était pas motorisé accompagnait dans sa voiture Farhat Hachad. Tous les

deux matinaux, ils partaient ensemble, le premier vers son travail, le second vers le siège de l'UGTT à Tunis. Or ce jour-là, le leader syndical dormait toujours quand Abdallah Farhat avait déjà fini son petit-déjeuner. Vraisemblablement, Hachad qui était débordé par ses activités syndicales avait besoin de faire la grasse matinée. Abdallah Farhat n'eut pas le cœur de le réveiller. La gare était à quelques pas. Il a quitté l'appartement et pris le train vers la capitale.

Il plaira à de nombreux détracteurs présomptueux de Bourguiba (dont les Frères Musulmans et leurs amis dans la Troïka qui gouverne aujourd'hui la Tunisie) d'extrapoler au sujet de ce fait précis, tentant d'entacher la mémoire de Bourguiba et celle de Abdallah Farhat. Que n'a-ton entendu comme propos farfelus pour diffamer ces deux hommes, en interprétant ce faussement de compagnie fortuit du 5 décembre comme un indice permettant d'incriminer Bourguiba  dans l'assassinat de Hachad(8)! Il va de soi que ces calomniateurs, qui reprennent l'une des versions propagées par les services secrets français en vue d'assurer une couverture à leurs hommes de main, ne savent pas, on le présume fort, que Abdallah Farhat était lui aussi un leader syndicaliste, secrétaire général de la Fédération des PTT en 52, puis trésorier de l'UGTT en 53.

De même Mustafa Filali le colocataire de Abdallah Farhat. Et puis on oublie que Bourguiba, au moment des faits et bien avant, était déporté. On oublie aussi que ce même Bourguiba était dans le collimateur des assassins de Hachad.
 heures un quart, quand 

Il devait être sept heures, sept heures un quart, quand Farhat Hachad s'est engouffré dans sa voiture, une Simca 8, sauf erreur d'identification. La journée était froide et il pleuvait par intervalles sur Radès. Comme si l'élément naturel, le ciel en pleurs de cette ville de
la banlieue sud de Tunis qui a accueilli Hached, sa femme et leur premier bébé six ans plus tôt, ne pouvait être indifférent à ce qui se tramait contre l'automobiliste quittant la ville. Il était âgé de 32 ans, Hachad, quand, élu à l'unanimité comme premier secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) dont il était le principal fondateur, il avait déménagé de Sfax pour venir s'installer à Radès. C'était afin d'y être à proximité des bureaux de la centrale qui l'a désigné pour la diriger. En 47, alors que le petit Noureddine avait 3 ans, le couple Hached a eu u
http://www.tunivisions.net/47960/235/149/rapport-des-renseignements-francais-avant-son-assassinat-farhat-hached-etait-regulierement-pris-en-filature.html?utm_source=INK&utm_medium=copy&utm_campaign=share&

“située à Bir Tarraz dans la banlieue de Radès”

Read more about Tunivisions.net |Rapport des renseignements français : Avant son assassinat Farhat Hached était régulièrement pris en filature on:
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“située à Bir Tarraz dans la banlieue de Radès”

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A peine engagé sur la route de Tunis, Farhat Hached entend résonner des rafales de mitraillettes derrière lui.
Il s'aperçoit vite que c'est lui qu'on cible par tel feu. Touché et perdant le contrôle du volant, il laisse sa voiture heurter la bordure élevée de la route et caler. Les auteurs de la fusillade ne s'arrêtent pas, prennent aussitôt la fuite, s’éloignant à vive allure.

A ce stade de l'opération, Farhat Hached est sous le choc certes, mais juste blessé à l'épaule et à la main.

L'impact des balles sur sa voiture témoignera cependant de la violence de la fusillade. Vingt-huit balles au moins auraient été tirées sur le véhicule. Avec des "si" on mettrait peut-être la mort en bouteille, dirait-on.
Néanmoins, le leader syndical aurait peut-être pu déjouer le plan de ses assassins s'il n'avait pas quitté sa voiture, s'il avait pu flairer que les assassins, les mêmes ou un autre groupe, reviendraient à la charge. Mais parce qu'il était vigoureux, qu'il avait une carrure d'athlète et que la mort voulait lui accorder ce bref sursis pour le prendre debout, Farhat Hached est sorti de la voiture et il a dû marcher un peu. Peut-être a-t-il eu le temps de voir l'impact des balles sur la tôle. Peut-être a-t-il eu le temps de remercier cette tôle qui lui a permis de rester en la circonstance debout.
Toujours est-il qu'en ce moment-là précis, une camionnette s'est arrêtée derrière lui. Et alors que le chauffeur lui proposait de l'emmener à l'hôpital, une deuxième voiture venant en sens inverse s'est arrêtée à sa hauteur. Deux ou trois individus s'étaient saisis de Hachad. Pour le chauffeur de la camionnette, ces "âmes secourables" serviraient mieux que lui le blessé. Ils embarquent Hachad et repartent en flèche. Quelques heures plus tard, on retrouvera Hachad criblé de plusieurs balles à l'abdomen. Et d'une balle à la tempe. Cette fois-ci, la consigne des journaux appelant à "frapper Farhat Hached nommément à la tête" a été pieusement suivie.

Ils ont tué Hachad comme Jaurès chez eux. Comme au pays de Hachad Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi par des fascistes de chez nous. Mais les répercussions de cet assassinat sont telles que Hached mort se révèle tout aussi catalyseur de combat que vivant. C'est la graine qui meurt pour que naisse l'épi. A midi, quand la radio annonce la nouvelle, c'est tout le pays qui se soulève. Le Maroc le suit instantanément avec des émeutes sanglantes faisant 40 morts et des centaines de blessés. L'Algérie ne reste pas à l'écart, qui sera secouée par des troubles durant plusieurs jours. Des manifestations s'improvisent dans plusieurs capitales et villes du monde: le Caire, Damas, Beyrouth, Karachi, Jakarta, Milan, Bruxelles, Stockholm. Des grèves partielles sont décrétées dans de nombreux pays, y compris aux USA. Plusieurs personnalités françaises dénoncent cet assassinat. Et le martyre de Hached devient levier politique grâce auquel le processus d'indépendance sera accéléré.

En guise d'entrée à cet article, nous évoquions un rêve prémonitoire.
Farhat Hachad n'a pas eu droit à des funérailles, ni même à une inhumation dans un cimetière(9). Néanmoins, le lendemain même de son assassinat sa dépouille a été transférée en grande pompe vers la Goulette. Et de là à Kerkenna, ville natale du martyr, sur une corvette de la marine militaire française.



A.Amri
3 décembre 2013




Notes:

1- Il faut remercier ici notre ami Dr Ahmed Manaï à qui je dois un tas d'informations guidant cet article. Il y a un an, sur mon compte Facebook je publiais la première mouture du présent article. Et cet ami a eu
l’amabilité de m'éclairer sur certains points, entre autres que feu Hachad, contrairement à ce que j'avançais, a pris des mesures préventives avant son assassinat, qu'il n'habitait plus à Bir Tarraz dans la banlieue de Radès mais, au jour le jour, chez divers amis et que son propre frère feu Mahmoud Manaï était parmi les dernières personnes à avoir côtoyé le martyr.   Dr Ahmed Manaï a pu lui-même connaitre de près le martyr, à la faveur de sa parenté avec feu Abdallah Farhat son oncle. C'est à Farhat Hachad que le petit Ahmed Manaï qui fréquentait le kuttab, école coranique, doit sa conversion à l'école publique. Ce même enfant, après les funérailles du martyr, a raccompagné la veuve Oum El-Khir Hachad et ses enfants pour soutenir quelque temps, dans la maison réintégrée à Radès, Noureddine et Naceur.

Dr Ahmed Manaï sur ce même blog:
  -
La liberté d’expression et la responsabilité de l’intellectuel musulman  - Marzouki s'est tu au moment où il devait parler (par Dr Ahmed Manai)
  -Blog de l'Institut Tunisien des Relations Internationales

2- C'est ce que révèle un document fourni
à Noureddine Hachad par  le président français François Hollande lors de sa visite en Tunisie, les 4 et 5 juillet 2013. Dans l'attente de la levée du secret sur ce dossier qui devrait marquer la commémoration du 61e anniversaire de l'assassinat de Hachad, vraisemblablement la Main Rouge, longtemps présentée comme l'auteure de cet assassinat, ne serait qu'une couverture à un crime d’État. 

3- Ancien magistrat en Indochine compromis dans l'affaire Stavisky,
Camille Aymard a dirigé de nombreux journaux orduriers de l'extrême droite française et publié des livres mettant en garde contre le péril rouge. Dans la perception de ce fasciste et ardent défenseur du colonialisme, le combat du leader syndical tunisien ne pouvait s'inscrire que dans le prolongement de ce péril menaçant la France.    

4-
Abdelaziz Barrouhi et Ali Mahjoubi, « Justice pour Farhat Hached », Jeune Afrique, 21 mars 2010, p. 48.

5-
Dans l'histoire du Mouvement national tunisien, il y a une thèse -répandue surtout chez certains détracteurs du mouvement syndical- qui veut nous persuader du caractère autonome de la guérilla et l'absence de toute coordination avec les chefs du combat politique ou syndical. C'est ce que Lotfi Zitoun déclare dans un documentaire consacré à l'assassinat de Hachad et produit par Al-Jazeera en 2011. Or dans ce même documentaire, Ahmed Ben Salah révèle des messages chiffrés qu'il recevait de Farhat Hachad réclamant "du piment", ce qui signifie -selon les dires de Ben Salah- des actions armées de la part des fellagas.
Bourguiba lui-même, au lendemain de la signature par Robert Schuman (15 décembre 1951) d'un mémorandum affirmant « le caractère définitif du lien qui unit la France à la Tunisie », déclarait das un message en partie adressé aux fellagas que ledit mémorandum ouvrait « une ère de répression et de résistance, avec son cortège inévitable de deuils, de larmes et de rancune ».
6- Tahar Hmila, doyen des membres de la Constituante, est la plus récente illustration à ce propos.
"Farhat Hached, dit-il dans une interview accordée le 23 novembre 2011 à la radio Shems FM, avait l’habitude d’être accompagné sur son chemin vers le syndicat par Abdallah Farhat, sauf le jour de son assassinat. Pourquoi ? Était-ce une coïncidence?" Les insinuations de ces interrogations se passent de tout commentaire. Il n'y a pas de fumée sans feu, semble nous dire Tahar Hmila.

7- Il n'est pas exclu que l'un des objectifs de l'assassinat de Farhat Hachad soit "la prévention du péril rouge" dans une future Tunisie indépendante. Le spectre qui hante la vieille taupe, selon l'expression du Manifeste rédigé par Engels et Marx, apparait lancinant dans les écrits de Camille Aymard cité plus haut. Par ailleurs, le témoignage sur Al-Jazeera d'Antoine Melero auteur du livre la Main Rouge, l'armée secrète de la République, corrobore cette thèse. Selon Melero, l'Etat français voulait conjurer l'accession par Hachad à la présidence d'une Tunisie indépendante, laquelle accession entraînerai un régime socialiste. 

8- A l'époque postier de profession, Mahmoud Manaï décédé en octobre 1994, a eu l'ingrate mission, ce 5 décembre 1952, de faire le déplacement à Sousse pour annoncer la triste nouvelle à Mme Hachad.

9- Le pays étant soumis depuis quelque temps à un couvre-feu, à quoi ajouter les émeutes en tout lieu déclenchées par l'assassinat de Farhat Hachad, la famille Hachad s'est vu intimer l'ordre d'enterrer sans cérémonie le martyr dans le jardin de la maison. En 1955, alors que la Tunisie a acquis l'autonomie interne, la dépouille a été exhumée et transférée au cimetière Al-Jallaz à Tunis. C'est au cours de ce transfert que le monde a pu mesurer l'attachement des Tunisiens au disparu. De Sfax à Tunis le long de la Nationale 1, on a vu le peuple apothéosant son martyr. Puis au cimetière des funérailles nationales comparables à celles de Chokri Belaïd, le Hachad de la révolution tunisienne.

Sunday, December 01, 2013

Les lendemains de l'accord Irano-occidental

د.كمال خلف الطويل للميادين نت: التسوية القادمة لن تأخذ سورية من اصطفافها الجيوستراتيجي


  • نشر :30 تشرين الثاني/ نوفمبر 2013, 04:44م
  • نقولا طعمة

يعتقد الخبير في الشؤون الأميركية الدكتور كمال خلف الطويل أن تسوية عالمية على مختلف الملفات قد بدأت بالإتفاق الإيراني- الدولي الذي يراه تثبيتاً لثنائية جديدة في العالم. في ما يلي نص الحوار:
الباحث في الشأن الأميركي د.كمال الطويل
الباحث في الشأن الأميركي د.كمال الطويل
 
 
كيف تتصور العالم بعد الإتفاق الإيراني مع الدول الكبرى؟

إننا الآن في خضم تحول زلزالي كبير بخواتيم الوثيقة الإيرانية – الدولية، وبه نصل إلى شيء أسمه انفراج إيراني- أميركي يفسح المجال لتفاهمات وظيفية متعددة البؤر حول أماكن معينة فيها صدامات إيرانية- أميركية. ولكنه انفراج، وليس تحالفا، ويجب عدم الخلط بين الاثنين. بمعنى آخر، لم ننتقل إلى شيء اسمه شراكة أو تحالف بين إيران والغرب.  
ما الذي قاد إليه؟
الحاجة الإستراتيجية الموضوعية لدى الولايات المتحدة الأميركية كانت أن تصل إلى هذا النوع من التفاهمات. لم يأت الأمر من نزعة خيرية أو من الخيار العام الأفضل، إنما هو تلبية لحاجة. والملف النووي الإيراني لم يكن يوماً بحد ذاته العقبة الأساسية أمام التفاهم أو عدمه. كل ما يهم الولايات المتحدة أن تسترد إيران إلى أحضانها بطريقة أم بأخرى سواء بالنفاذ إلى النظام أو عبر مفاصل بداخله، أم بمقالب أمنية على إشكالات ما.
الولايات المتحدة بعد استنزافها في العراق ووجودها في أفغانستان وما جرى في حرب تموز وحقائق أخرى، تصل الآن إلى قناعة أنها لا تستطيع أن تسترد إيران. وعندما تستردها لا يعود مهماً النووي. السؤال يصبح من صاحب القرار النووي؟ أي الذي تريده الولايات المتحدة أن يكون إلى هواها. لكن ذلك ضرب من المحال، فلا أحد يستطيع فرض من يمكن أن يحكم البلد بأي مقياس جيوستراتيجي.
توصلت الولايات المتحدة إلى قناعة أنه يجب التخفيف من الضغط، مع الإعتراف بأن غرب آسيا منطقة مهمة وفاصلة، والقول بأن الأميركيين لم يعودوا مكترثين بغرب آسيا هو كلام غير دقيق. هم يريدون أن يكونوا في غرب آسيا معترفين بحقائق الأمور، وفي نفس الوقت أن حقائق القوة هذه تمنحهم هامشا انتفاعيا معقولا على رأسه الحفاظ على مصلحة وأمن اسرائيل. 
ألا تعتقد أن التوصل إلى الإتفاق كان سريعاً؟
التوصل إلى توقيع الوثيقة سبقته جهود منذ كانون الثاني/ يناير ٢٠٠٩، لحظة البدء بالنهج الذي نعايشه منذ بداية عهد أوباما. لكن الجهود وصلت إلى نقطة بدء المخاض في تشرين الثاني/ نوفمبر ٢٠١٢. 
في 2009 راهنت الولايات المتحدة الأميركية على ما عرف بـ"الثورة الخضراء" (الإحتجاجات التي أعقبت فوز محمود أحمدي نجاد بالرئاسة الإيرانية)، ورفعت أدوات ضغطها، وإذا كانت تريد التفاوض بالنهاية مع الإيراني، ورفع منسوب الضغط عليه، فعبر ثلاث سبل:
١ـ  الحرب الخفية، على الطريقة التي جرت فيها عملية خطف ملك بلوشستان حيث خطفته منظمات سرية وأعدمته. وكانت هناك منظمات مدعومة من خارج إيران للقيام بعمليات تخريب، وقتل العلماء، واغتيالهم، وحوادث الطيران في طائرات للحرس الثوري الإيراني، والهجمات على الشبكات الالكترونية.
٢- تشديد الخناق على إيران بدءاً من حزيران/ يونيو ٢٠١٢، حيث استطاع الغرب أن يكدر الحياة العامة الإيرانية، وهبط الإيراد العام لإيران بشكل أساسي بنسبة ٤٠٪، وتعرقل نظام تصدير البترول.
٣- المشهد السوري، وإيران في الشام. ثلاث سنوات في سورية شكلت ضغوطاً على إيران التي استطاعت أن تتكيف قدر الإمكان مع الوقائع والضغوط.
هل توقيع الاتفاق مع إيران يستهدف الانطلاق فيما بعد نحو شرق آسيا؟
أكيد. مع العلم أن الصين وروسيا مؤيدتان للاتفاق. والحسابات عندهما أنهما تستطيعان إغراق الولايات المتحدة في ودول الشرق الأقصى، وفي نفس الوقت هما تريدان أن يكون جوارهما آمناً وخالياً من السلاح النووي وحتى مع صديقتهما إيران. لكن الأميركيين يراهنون أن الاتفاق يمكن أن يضع بذور فتنة
روسية-إيرانية عبر اللعب على الثروة النفطية، وخلق تناقضات حوله بين روسيا وإيران، لكن أعتقد أن التفاهمات الروسية - الإيرانية المسبقة تقطع الطريق على احتمال التلاعب الأميركي بالنفط والغاز. 
ما مدى صحة مقولة أن الاتفاق الإيراني- الغربي هو تكريس لتشكل ثنائية أقطاب في العالم؟
نعم، ذلك صحيح لكن يجب الأخذ بعين الاعتبار أن هذا المفهوم يختلف كثيراً عن انقسام الحرب الباردة التي اتسمت بصلابة الصراع بسبب الاختلاف البنيوي والعقائدي بين الأنظمة المتصارعة. هنا أجد أن أفضل تعبير للثنائية المستجدة وصفها بالخيمتين أو الفضاءين الجيوستراتيجيين، المتباينين. هناك مشتركات في مكونات كل واحدة، تفوق المفرّقات، لكن ليس بالاتجاه الذي كان سائداً زمن الحرب الباردة حيث توافرت الحوافز العقائدية التي تغيب في الصراع الحالي. الحوافز اليوم هي حوافز المنافع والمخاطر. وما يوحد الخيمة -التي أسميها الخيمة الأوراسية ـ هو الخشية والهلع من الهيمنة الكونية الشاملة التي أرى أنها انتهت، بالإضافة إلى توافر كم المنافع الموجودة بين دول الخيمة. 
إذا نحن أمام حالة يعتبر فيها منسوب التشاركية أعلى من التباينية، وفي الوقت نفسه الهلع من هذا الذي تعود على إذلال الشعوب؟
ولا بدّ أن نلحظ أن الأوراسية تمتد إلى أكثر من الجغرافيا، ففي أوراسيا دول تنتمي للفضاء الثاني"النيتوي" (نسبة للناتو) كاليابان أو كوريا الجنوبية، والخيمة الأوراسية فيها دول من خارج آسيا، كأميركا الجنوبية وكأفريقيا الجنوبية. وفي مكونات الخيمتين مشتركات تعلو على الخيمة، مثال الشراكة بين روسيا وألمانيا حيث هناك جبال من التعاون بينهما. 
كيف سينعكس الاتفاق على العالم والمنطقة وتحديداً سورية؟
الإتفاق كجبل الثلج، وهناك استراتيجيات، خصوصاً لدى الولايات المتحدة باعتماد الترابطية (Linkage) بين الملفات. يعني ذلك أن هناك قوة دفع تفسح للأمور أن تفكك الخلافات والتعارضات، وقد يكون ذلك في وتيرة تباطؤية أو تسارعية، حسب الظرف- الزمان والمكان- الذي يجري الحدث فيه، كسورية مثلاً. لا يكفي أن هذا التفاهم قد حصل لنقول إن الوضع في سورية انتهى، وبعد شهر ستحل المشكلة. لكن هناك مناخاً خلق، ويعني أن هناك انفراجاً متعدد الحلقات والأوجه، وكل منها يحتاج لمزيد من إعلاء مناخات التفاهم. أرى أن فترة الستة الشهر المقبلة هي فترة حاسمة، فهي التي ستعطي الإشارة التوضيحية أن هذا المناخ الذي بدأ سيؤدي إلى خواتيم جدية، وكل طرف يختبر الآخر بجدية، وبالنهاية سنصل إلى مرحلة من تمكين هذ التفاهم من أن ينمو ويتطور ويستمر، وسينعكس على بقية الملفات. الاتفاق يمكن تلخيصه بأنه فتح الباب للتفاهم.
الولايات المتحدة عندها دائما شد وجذب، وليس يعني أن الوصول إلى اتفاق بهذا الشأن، أنه انتقال آلي إلى الملف الثاني، الناجز. هناك مساحة للشد والجذب، والأميركي أعطى السعودي مهلة ليبرهن مرة أخرى وأخيرة، وإن كان يستطيع أن يقوم بمهمة ما تناسبه، فخيراً كان لأن المهمة ستعزز الموقف التفاوضي المرتقب في جنيف ٢. والسعودي مطلوب في النهاية أن ينضبط تحت إيقاع دولي. الآن تركت الدول الغربية المتسع للدور السعودي لأن ينقذ ما أمكن من مصالحه في سورية. وعليه أرى أننا سنرى بحوراً من الدم في الشهرين القادمين. والولايات المتحدة ستعمل حتى أثناء انعقاد جنيف ٢ بطريقة فاوض ـ فاوض على النمط الفييتنامي للتفاوض.
في نهاية المطاف هناك تسوية قادمة، لكن تلك التسوية، بالتأكيد، لن تأخذ سورية من اصطفافها الجيوستراتيجي الاقليمي والكوني الذي نتجه إليه.
المصدر: الميادين نت

Les révélations d'un chef de l'ALS sur le financement des groupes armés

قيادي في الجيش الحر يكشف عن لقاءات مع مخابرات عربية وأجنبية

  • تحديث :اليوم، 06:14 م

أحد قادة الجيش الحر وقائد الجبهة الشرقية في هيئة الأركان يكشف معلومات خطيرة عن إجتماعات قادة الأركان مع ضباط مخابرات عرب وأجانب من بينهم سعوديون وقطريون وأردنيون وأميركيون بحضور الأمير سلمان بن سلطان نائب وزير الدفاع السعودي.
صدام الجمل أحد قادة ألوية أحفاد الرسول خلال اعترافه في أحد مقرات داعش
صدام الجمل أحد قادة ألوية أحفاد الرسول خلال اعترافه في أحد مقرات داعش
 
كشف ما يسمى "القائد الثوري للجبهة الشرقية" في هيئة الأركان للجيش الحر عن وجود اجتماعات بين قادة الأركان في الجيش الحر ومخابرات دول عربية وأجنبية من بينها السعودية وقطر والأردن وأميركا، وعن تلقي مجموعات المعارضة دعماً مالياً كبيراً من قطر والسعودية وأميركا.
تصريحات صدام الجمل وهو أيضاً قائد لواء "الله أكبر" التابع لتجمع ألوية "أحفاد الرسول" في شرق سورية أتت في شريط فيديو بثته مواقع تابعة للمعارضة السورية، وأعاد نشره المرصد السوري لحقوق الإنسان المقرب من المعارضة.
ودعا الجمل بعد تسليم نفسه لتنظيم "داعش" رفاقه في ألوية "أحفاد الرسول" إلى "تسليم أنفسهم لداعش وإعلان التوبة".
وكانت اشتباكات وقعت قبل شهرين بين داعش وألوية "أحفاد الرسول" في دير الزور أدت إلى سيطرة داعش على مقرات "أحفاد الرسول" في المدينة وقتل الكثير من عناصرها.
وقال الجمل "إن ضباطاً في المخابرات العربية والأجنبية يجتمعون مع قادة الجيش الحر وكأنهم في تحقيق ويوجهون لهم الأسئلة حول توجهاتهم وإنتمائاتهم وعن التنظيمات المتطرفة التي تقاتل في سورية"، كاشفاً عن وجود "جواسيس لهذه المخابرات على الأرض السورية تزودهم بالمعلومات".
كما تحدث الجمل عن الإجتماعات التي يحضرها قادة الأركان في الجيش الحر، والتي كان أحدها بحضور الأمير سلمان بن سلطان نائب وزير الدفاع السعودي وشقيق الأمير بندر بن سلطان، حيث "طلب من كل قائد في الجيش الحر تقديم تكاليف الهجوم على أحد الأهداف التابعة للجيش السوري، متكفلاً بتأمين المال والسلاح لهذه العمليات".
وقال الجمل إن "مخابرات إحدى الدول الخليجية والعالمية نصبت أحمد الجربا كرئيس للائتلاف السوري المعارض، بسبب علاقاته القوية مع السعودية"، واصفاً الجربا بـ "الفتى المدلل للسعودية والأمير سلمان والمخابرات الغربية"، وأن تعيينه تم بدون رضى الائتلاف.
كما تحدث عن الدعم المالي والغربي الذي تتلقاه هيئة الأركان وكيف تقوم بتوزيع الأموال على الكتائب المقاتلة، وذكر بالتحديد مبالغ كبيرة دفعتها الولايات المتحدة لهيئة الأركان.