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Wednesday, May 27, 2009

Grèce

Grèce: la marginalisation des musulmans, une bombe à retardement


Par John HADOULISATHENES, 25 mai 2009 (AFP) -

La marginalisation de la communauté musulmane en Grèce est une véritable "bombe à retardement", avertissent les responsables de cette communauté après une explosion de violence la semaine dernière provoquée par une "désacralisation" du Coran par la police.
Plus d'un millier de musulmans ont manifesté dans la capitale jeudi et vendredi accusant un policier d'avoir déchiré un extrait du Coran lors du contrôle d'identité d'un immigré irakien.De violents accrochages avec la police ont eu lieu en marge de ces manifestations. Une dizaine de personnes ont été blessées, des voitures incendiées, des magasins vandalisés et il y a eu 46 arrestations.
"C'est une bombe à retardement", a affirmé à l'AFP Naim El Gadour, président de l'Union des musulmans de Grèce et principal responsable de la communauté. "Elle n'explosera pas forcément immédiatement, mais deviendra un énorme problème dans les dix ans à venir", a dit M. El Gadour qui s'exprimait au nom de la communauté.
Des musulmans originaires des pays arabes, d'Afrique et du sous-continent indien vivent et travaillent à Athènes dans des conditions souvent misérables.
Ils reprochent notamment à l'Etat de ne pas leur fournir de lieux de cultes, les obligeant à installer des mosquées dans des appartements ou des entrepôts désaffectés. Selon M. El Gadour il existe plus d'une centaine de lieux de prière de ce type à Athènes où vivent, selon lui, plusieurs centaines de milliers musulmans.
En Grève, pays dominé par l'église orthodoxe et qui a subi près de quatre siècles de domination ottomane, les mosquées se trouvent que près de la frontière turque (nord) où vit une minorité musulmane d'origine turque.
Les obstacles bureaucratiques, l'opposition des responsables ecclésiastiques et des maires ont bloqué depuis des années les projets de construction d'une mosquée et d'un cimetière musulman près de la capitale.
"Nous n'avons toujours pas de mosquée, nous n'avons pas de cimetière, on se moque de nous", affirme Abu Mahmoud, un Marocain installé en Grèce depuis 1985."La situation se dégrade à Athènes du fait de la crise économique qui touche les étrangers en priorité, et le centre-ville est devenu une véritable jungle", estime-t-il.
La municipalité et les habitants se plaignent que le centre de la ville se transforme la nuit en une zone livrée au trafic de drogue et à la prostitution.
Les autorités rejettent le problème sur les immigrants installés dans des immeubles dégradés. Les quelques grecs qui habitent le quartier accusent la police d'être absente.Les immigrants sont également victimes de violences imputées à l'extrême droite. En février, une grenade a été lancée dans le local d'une association de soutien aux immigrés. Début mai, 14 personnes ont été blessées lors d'incidents entre néo-nazis et immigrants que les premiers tentaient de déloger d'un squat.
Et samedi, des inconnus ont mis le feu à une mosquée improvisée dans un sous-sol, blessant cinq Bangladais.
"Le sentiment naissant est que la Grèce compte trop d'immigrés et qu'ils doivent partir. Les autorités exploitent ce sentiment et font preuve de peu de zèle pour contrer les attaques racistes", estime Dimitris Levantis, responsable local de l'ONG SOS Racisme.Selon les autorités, le nombre de clandestins arrêtés chaque année est exponentiel et plus de 146.000 d'entre eux ont été interpellés l'année dernière.

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